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BAD : Comment transformer l’agriculture en un grand business en Afrique ?

BAD : Comment transformer l’agriculture en un grand business en Afrique ?

Mettre en place un plan d’action pour la transformation de l’agriculture en Afrique. Telle est la volonté de la Banque africaine de développement (BAD) qui, de concert avec l’Etat du Sénégal, organisent à Dakar, une conférence de haut niveau sur l’agriculture et l’agro-alimentaire.

Cette rencontre qui se tient au Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD), regroupe plus de 500 acteurs agricoles et financiers africains. Elle a ouvert ses portes ce mercredi 21 octobre et ceci pour 3 jours. La question qui a occupé les débats durant le premier jour de cette conférence internationale est : “Comment transformer et financer l’agriculture en Afrique” ?

Les acteurs du secteur veulent faire de l’agriculture le grand business de l’Afrique. Et cela n’est possible qu’avec l’apport financier et technique de différentes parties qui doivent exploiter le potentiel agricole de l’Afrique mais également de travailler pour attirer plus d’investisseurs (nationaux ou étrangers).

Selon le président de la BAD, Adesina Akinwumi, l’Afrique doit nourrir l’Afrique. L’Afrique doit « arriver à l’autosuffisance alimentaire d’ici 2025 », a-t-il commenté lors de son face à face avec la presse en marge de cette cérémonie.

En Afrique, 300 millions de personnes vivent dans la pauvreté et 70% des pauvres sont issus des zones rurales, par conséquent dépendent forcement de l’agriculture. D’où, la nécessité pour la BAD et ses partenaires, notamment l’Etat du Sénégal, de donner des orientations stratégiques pour amener les financiers en l’occurrence les gouverneurs de banque et ministres des finances à discuter pour trouver les voies et moyens pour transformer l’agriculture africaine.

Relever le défi du financement de l’agriculture

35 milliards de dollars sont injectés annuellement dans les importations de produits alimentaires, selon Adesina Akinwumi. « Si on arrivait à transformer l’agriculture, ces ressources financières pourront servir de développement sans aller dans les marchés de capitaux très couteux », argumente M. Akinwumi.

Les banques notamment commerciales sont appelées à mettre la main dans le financement de l’agriculture. « Quand on parle de financement de l’agriculture, on ne voit que les crédits agricoles, les banques commerciales évitent ce secteur », a souligné le président Macky Sall qui a présidé cette conférence.

Macky Sall a ainsi saisi l’occasion pour appeler les ministres des finances et les banquiers à aller sur le terrain pour constater de visu la situation agricole.

Propositions pour une agriculture révolutionnée

Les orateurs qui se sont relayés sur le présidium de la grande salle de conférence du CICAD ont tous formulé des propositions allant dans le sens de la révolution de l’agriculture.

Comme préalable le président de la BAD dira « l’Afrique doit libérer son sol pour accélérer son développement. Nous devons mettre en place des systèmes d’irrigations pour contrer les catastrophes naturelles », recommande le président de la BAD. Qui ajoute : « ce n’est qu’en transformant l’agriculture que l’Afrique pourra sortir les millions d’africains qui vivent dans l’extrême pauvreté ».

Pour le Premier ministre de la République démocratique du Congo, Augustin Matata Ponyo Mapon, il faut repenser les politiques agricoles, les stratégies des bailleurs de fonds mais aussi améliorer les routes de desserte agricole.

Le Premier ministre de la République démocratique du Congo (RDC) exhorte également les pouvoirs publics africains à multiplier la création de coopératives agricoles et parcs agro-industriels. Ce dernier n’a pas manqué de donner en exemple son pays. Car selon lui, la République démocratique du Congo (RDC) a mis sur pied un parc agro-industriel déjà opérationnel, financé à hauteur de 150 millions de dollars américains avec l’appui des partenaires sud-africains. « Ce parc a déjà commencé à inonder le marché avec des produits céréaliers. Ce modèle doit inspirer les autres pays africains », a-t-il conseillé.

Parmi les propositions figurent en bonne place les longues procédures administratives et lenteurs administratives notées aussi bien dans les institutions comme dans les administrations africaines.

Ablaye Modou Ndiaye
Financial Afrik

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