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Béninois ont-ils dit non au parachuté Zinsou ?  : Talon, l’homme le plus riche du Bénin,futur président ?

Béninois ont-ils dit non au parachuté Zinsou ? : Talon, l’homme le plus riche du Bénin,futur président ?

Béninois ont-ils dit non au parachuté Zinsou ? : Talon, l’homme le plus riche du Bénin,futur président ?
Summary:
Patrice Talon, né le 1er mai 1958 est un homme d'affaires béninois qui a fait fortune dans la filière d'intrants agricoles dans les années 1980 puis de l'égrenage du coton au Bénin au cours des années 1990 et 20001.

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Béninois ont-ils dit non au parachuté Zinsou ? : Talon, l'homme le plus riche du Bénin,futur président ?

© Sercom APRnews Photo Patrice Talon


Patrice Talon, né le 1er mai 1958 est un homme d’affaires béninois qui a fait fortune dans la filière d’intrants agricoles dans les années 1980 puis de l’égrenage du coton au Bénin au cours des années 1990 et 20001.

Soutien principal à l’élection du président béninois Boni Yayi en 2006, il entre progressivement en disgrâce avec ce dernier à partir de 2011. Les démêlés qu’il a avec le chef de l’État dans les affaires de subventions agricoles, du PVI mais qui n’ont jamais connu de plainte officielle devant un tribunal ont fini par le contraindre à l’exil à la suite de rumeurs d’enlèvement.

En 2015, selon le magazine Forbes Afrique, la fortune de Patrice Talon est estimée à 400 millions de dollars, ce qui lui donne le rang du 15e plus riche milliardaire d’Afrique francophone subsaharienne et l’homme le plus riche du Bénin. Il annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2016.

Né d’un père cheminot natif de Ouidah et d’une mère issue de la famille Guedegbe d’Abomey, Patrice Talon est marié à une femme native de Porto-Novo et père de deux enfants.

Après un baccalauréat série « C » obtenu à Dakar, la capitale sénégalaise, il entre à la faculté des sciences de l’université de cette ville. En deuxième année de maths-physique, Patrice Talon, qui depuis l’enfance est obsédé par les avions, réussit au concours de pilote de ligne d’Air Afrique et envoyé à la base aérienne de Digne, en France, pour la visite médicale. C’est à ce niveau que malheureusement son rêve d’enfance se brise puisqu’il est recalé pour « inaptitude moteur ».

Il s’installe alors à Paris, où ses aptitudes dans les affaires (qu’il pratiquait depuis le collège avec des petits trafics de pièces détachées au Nigeria) lui ouvrent très rapidement les bonnes portes. Il entre en 1983 dans l’activité de négoce des emballages et des intrants agricoles. Il crée en 1985 la Société de distribution inter-continentale (SDI), qui fournit des intrants agricoles aux producteurs de coton.

En 1990, à la suite des recommandations de la Banque mondiale dans le cadre de l’accord de libéralisation économique mis en place dans les États ouest-africains, le Bénin était appelé à se désengager de la filière de la production de coton ; Patrice Talon gagne alors le marché d’implantation de trois usines d’égrenage de coton au Bénin. Il devient ainsi un acteur incontournable du coton béninois malgré l’installation progressive de plusieurs concurrents privés mais nettement moins bien organisés.

Ses sociétés

Depuis 1985, Patrice Talon à mis en place progressivement un tissu industriel d’envergure sous la coupole de la holding SFP (Société de Financement et de Participation) basée au Bénin.

Année de création Raison sociale Sigle Description
1985 Société de distribution intercontinentale SDI Première société de Talon. Spécialisée dans la distribution d’intrants agricoles (engrais, herbicides, pesticides). Présence nationale et sous-régionale (Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Togo, Mali, Sénégal).
1990 Industries cotonnières associées ICA Société (forme GIE) chapeautant les premières usines d’égrenage du groupe (CCB à Kandi, ICB à Ouassa Pehunco et SOCOBE à Bohicon) puis deux usines rachetées par la suite à des opérateurs privés (IBECO à Ketou et SCN à Ndali).
1997 Société des huileries de bohicon SHB Obéissant à la logique d’intégration du secteur, les sociétés cotonnières du groupe Talon pour transformer en huile végétale les graines de coton issues de l’égrenage des usines ont participé à hauteur de 25 % aux côtés du groupe SIFCA au capital de la SHB avant de racheter en 2006 les parts des Ivoiriens et devenir majoritaire.
1998 Agence de transit et de logistique ATRAL Société spécialisée dans le transit avec pour objectif celui d’optimiser les opérations d’importation et d’exportations des autres sociétés du groupe.
2003 SIGIB – NOVOTEL SIGIB Actionnaire majoritaire à NOVOTEL Bénin.
2008 Société de développement du coton SODECO Issue du rachat de 10 usines appartenant à la SONAPRA, la société nationale.
2011 BÉNIN CONTROL BC Société chargée de la conduite de la réforme du PVI.

Il faut rajouter les sociétés d’envergure de la Côte d’Ivoire notamment AFCHEM SOFACO, l’un des plus gros distributeurs ivoiriens de produits phytosanitaires, la SEAP CI une usine de fabrication d’engrais à San Pedro.

En outre le groupe détient des parts minoritaires dans la Société de gestion et d’intermédiation (SGI BENIN), la SERHAU SEM et UBA BENIN.

Les sociétés de Talon sont réputées pour leur gestion moderne, leur régularité vis-à-vis des impôts (aucun redressement à ce jour malgré l’hostilité du gouvernement actuel) et la stabilité des employés dont les salaires sont souvent nettement au-dessus de la moyenne nationale .

La logique d’intégration de l’homme d’affaires qui veut contrôler de bout en bout sa chaîne de production (les intrants, l’égrenage de coton, l’importation, l’exportation et même la production des produits dérivés avec les huiles de SHB) a souvent dérangé et lui vaut des attaques en règle de ses concurrents

Des affaires à la politique

Le premier client de la première société de Patrice Talon fut la Société sucrière de savè, contrôlée par le gouvernement communiste de l’époque. Depuis lors, l’homme d’affaires a vu son business indirectement lié avec l’État béninois, conséquence de l’envergure des filières où ses activités sont déployées.

En 1990, le président Nicéphore Soglo libéralise la filière coton, ce qui permet à Patrice Talon de se faire une place dans le secteur. La prospérité de ses usines attisent très tôt les convoitises et de nouveaux opérateurs économiques, souvent encouragés par le président Mathieu Kérékou obtiennent à leur tour des licences d’installation d’usines. Ses concurrents, en complicité avec des personnalités politiques de l’époque[réf. nécessaire], tentent d’évincer Patrice Talon de la filière, mais celui-ci gagne tous les procès qui lui sont intentés.

La filière coton devient très vite pléthorique et très mal organisée sous Kérékou. Cependant, de très bons cours du coton génèrent des profits colossaux en 2004. Mais leur effondrement brutal en 2005 provoque la quasi faillite de la plupart des opérateurs du secteur. Contraints de fermer, l’opérateur Fagbohoun cède son usine à Patrice Talon, qui en fait la SCN et Mathieu Adjovi cède à son tour IBECO. La MCI de Martin Rodriguez croule sous les procès et les dettes et ne sera opérationnelle qu’avec un coup de pouce de l’État.

Pendant ce temps, les entreprises de Patrice Talon, qui ont sagement passé des provisions aux temps des vaches grasses, continuent à survivre. Elles rachètent les concurrents et s’étendent à d’autres secteurs. ATRAL est créé pour éviter de passer par de longues chaînes d’intermédiaires nécessaires aux procédures d’import et export. Un port sec est créé à Allada pour faciliter l’empotage des balles de coton. L’usine HYDROCHEM est opérationnelle pour la fourniture accélérée d’engrais chimiques. La SHB réutilise les graines résultant de l’égrenage du coton pour en faire de l’huile végétale.

En 2008, Patrice Talon obtient auprès du gouvernement de son ami Boni Yayi, le rachat des 10 usines d’égrenage encore sous contrôle étatique, ce qui fait du groupe Talon de facto un quasi-monopole de la filière coton avec 15 usines sur 18 au total.

En 2011, indépendamment à la filière coton, Talon obtient du gouvernement le juteux marché du programme de vérification des importations (PVI). Mais à peine les activités du PVI démarrées, les relations se brouillent entre l’homme d’affaires et le président Yayi. Ce dernier l’accuse soudainement de mauvaise gestion non seulement dans le PVI mais dans toutes ses affaires.

Le PVI est brutalement retiré sans dédommagement à Patrice Talon, la SODECO est réquisitionnée par l’État et il est reproché à Patrice Talon d’avoir fraudé sur les subventions d’engrais de la campagne 2011. Les démêlés s’accumulent et à la suite de fuites l’informant d’un projet d’enlèvement, Patrice Talon est contraint de s’enfuir et de se réfugier à Paris. Le président Yayi l’accuse alors d’avoir fomenté depuis son exil un coup d’État visant à l’empoisonner. Patrice Talon rétorque qu’il n’en est est rien et qu’en réalité Yayi cherche à lui nuire depuis qu’il a refusé de supporter sa tentative de réviser la Constitution béninoise aux fins d’obtenir un troisième mandat.

Procédure d’extradition

En octobre 2012, il est soupçonné d’avoir commandité un assassinat contre le président de la République du Bénin, Thomas Boni Yayi. Il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Après avoir été arrêté à Paris puis remis en liberté sous caution4, la justice française a été saisie d’une demande d’extradition formulée par la justice béninoise.

En février 2013, il est soupçonné d’avoir participé à une tentative de coup d’État déjouée, à l’encontre du président Thomas Boni Yayi, et pour laquelle un second mandat d’arrêt international est émis contre lui6. Le 13 mars 2013, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris7 a estimé que la demande d’extradition déposée par les autorités béninoises était recevable. La chambre s’est réunie le 17 avril 2013 pour statuer au fond8. Le 22 mai 2013, la Cour d’appel de Paris a renvoyé au 18 septembre 2013 une nouvelle audience au sujet de la demande d’extradition de Patrice Talon, après avoir demandé aux avocats du Bénin des compléments d’information9. Lors de l’audience du 18 septembre, la Cour a annoncé qu’elle examinerait au fond la demande le 23 octobre 2013.

Instruction de l’affaire au Bénin

Dans la procédure béninoise, le 17 mai 2013, le juge d’instruction Angelo Houssou, ordonne un « non-lieu à poursuivre » dans les affaires de tentative d’empoisonnement et de coup d’État contre le président Thomas Boni Yayi, considérant que sans passage à l’acte, il n’y avait pas d’infraction de tentative d’assassinat. Le juge d’instruction a été intercepté le soir même de la publication de son ordonnance de non-lieu à Sèmè-Kraké, alors qu’il tentait de se rendre à Lagos, transportant plusieurs valises et un visa pour les États-Unis. Il a été ramené à son domicile de Cotonou, qui reste surveillé par une brigade anti-criminalité.

La défense a immédiatement fait appel de la décision du juge, et la Cour d’appel de Cotonou se prononce le 10 juin 2013.

APR

 

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