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BURKINA FASO ! Putsh au Burkna Faso : Les leçons à tirer d’après Kag SANOUSSI, Expert en gestion des conflits et en intelligence

BURKINA FASO ! Putsh au Burkna Faso : Les leçons à tirer d’après Kag SANOUSSI, Expert en gestion des conflits et en intelligence

Kag SANOUSSI, photo prise sur le plateau de la télévision iranienne francophone, Sahar TV, dans l’émission  » Face à l’Afrique « 


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PUTSCH AU BURKINA FASO : LES LEÇONS A TIRER d’après Kag SANOUSSI, Expert en gestion des conflits et en intelligence « négociationnelle », Président de l’Institut International de Gestion des Conflits.

L’aventure du RSP et du Général DIENDERE ainsi que de ses soutiens officiels et implicites  ont fait une unanimité contre eux et ont permis de souligner un certain changement dans la gestion des crises en Afrique.

La position ferme de la Commission de l’Union Afrique qui, sans tergiversation, a d’emblée renvoyé les putschistes au rang de terroristes avec gel des avoirs, impossibilité de déplacement, etc. Cette absence d’ambigüité fut un signal fort à l’attention des putschistes qui auraient peut-être espéré que les condamnations restent verbales comme ce fut souvent le cas. Il faudra dorénavant qu’en Afrique, cette décision fasse jurisprudence notamment auprès des personnes qui seront tentées de prendre le pouvoir par les armes et ce, quelque  soient les reproches qui peuvent être faites aux tenanciers du pouvoir en place.

L’armée républicaine burkinabé qui après un temps de latence a choisi de protéger la démocratie. Ce fut une pression intelligente, une technique dite d’équilibre de la terreur. Montrer ses muscles sans forcément passer à l’acte. C’est dire que l’armée ou les armées en Afrique doivent résolument s’inscrire dans la protection de la démocratie et non être ou demeurée à la solde d’intérêts spécieux.

La délicate (et parfois incompréhensible) médiation de la CEDEAO. Ses propositions de sortie de crise,  vues par certains comme une décision et d’autres  comme des pistes de travail furent massivement refusées par le peuple burkinabé. Toutefois, il faut souligner que cette médiation a permis de maintenir le contact avec les putschistes, favoriser le dialogue entre les acteurs et a sans doute ouvert la voie vers un apaisement par le dialogue. Cette médiation mériterait  de  gagner en clarté pour devenir décisive.

Et bien sûr, la maturité du peuple burkinabé qui prouve une seconde fois que les armes ne peuvent rien face à la volonté du peuple. C’est un véritable signal qui invite tous les dirigeants à être d’avantage à l’écoute des volontés populaires contre lesquelles, ils ne pourraient rien contre.

Quelque soient les raisons qui ont conduit à cette crise, justifiées par les uns comme une nécessité de rétablissement d’une démocratie inclusive, réfutées par les autres comme juste une tentative de captation du pouvoir, il est important de souligner que le dialogue doit être la meilleure des  méthodes pour faire évoluer les esprits et changer les pratiques.

La lecture de la gestion de cette crise burkinabé invite les positions africaines à rester dans la continuité de la fermeté affichée par l’UA et  le dialogue de proximité que doivent mener les organisations sous-régionales. Il est cependant important que ce partenariat ne puisse par être endoctriné par des alliances d’intérêts particuliers. Le retour de la confiance des populations africaines peut être à ce prix.

www.institut-international-gestion-conflits.org

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