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BURUNDI: LA POLICE A VOULU “PUNIR” LES MANIFESTANTS, SELON AMNESTY

BURUNDI: LA POLICE A VOULU “PUNIR” LES MANIFESTANTS, SELON AMNESTY

Un policier et un burundais se disputent, lors d’échauffourrées entre la police et des habitants du quartier de Citiboke à Bujumbura, le 27 juin 2015 | AFP/Archives | Marco Longari


Les forces de sécurité burundaises ont réprimé les manifestations de mai et juin contre la candidature de Pierre Nkurunziza à la présidentielle en faisant un usage “excessif” de la force pour “punir” les contestataires, a dénoncé jeudi Amnesty International.

“Les autorités burundaises n’ont pas simplement dispersé les manifestations mais ont puni les contestataires pour avoir exprimé leurs opinions politiques”, affirme un rapport d’Amnesty intitulé “Face aux balles”.

“Ils ont fait un usage excessif et disproportionné de la force, parfois même mortel contre les manifestants, en tirant sur certains qui s’enfuyaient”, ajoute le document.

Les résultats du scrutin présidentiel de mardi, boycotté par l’opposition et dénoncé par la communauté internationale, seront connus vendredi après-midi mais devraient sans surprise reconduire le président sortant Pierre Nkurunziza à son poste pour un troisième mandat.

Sa candidature, que ses adversaires jugent contraire à la Constitution, a plongé depuis fin avril le Burundi dans une grave crise émaillée de violences ayant fait plus de 80 morts et poussé quelque 160.000 burundais à quitter le pays.

Le gouvernement a réussi à déjouer à la mi-mai une tentative de coup d’État militaire et à étouffer à la mi-juin des manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura par une brutale répression.

Selon Amnesty, les forces gouvernementales ont traité ces manifestations comme s’il s’agissait d’une insurrection, empirant la situation dans le pays.

“Traiter des manifestants en grande majorité pacifiques dans des quartiers résidentiels comme s’ils étaient les acteurs d’une insurrection a été contre-productif et a entraîné une escalade de la contestation”, estime l’ONG.

Amnesty indique également que certains opposants se sont aussi rendus coupables de violences, tuant notamment un supporter du parti présidentiel.

L’Union Africaine a annoncé mercredi le déploiement de militaires et d’observateurs des droits de l’Homme au Burundi afin de “prévenir une escalade de la violence” et “faciliter l’aboutissement des efforts de règlement de la grave crise que connait le pays”.

L’UA avait récemment accusé Bujumbura d’avoir multiplié les obstacles administratifs à ce déploiement, décidé par son Conseil de paix et de sécurité le 13 juin.

 

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