Share
BURUNDI: Mouseveni médiateur dans la crise burundaise passe le relais, à ceux qui s’engagent à dialoguer

BURUNDI: Mouseveni médiateur dans la crise burundaise passe le relais, à ceux qui s’engagent à dialoguer

Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni arrive à un sommet des chef d’Etat d’Afrique de l’Est consacré à la crise au Burundi, le 13 mai 2015 à Dar-es-Salaam, en Tanzanie | AFP/Archives | Daniel Hayduk


Médiateur dans la crise burundaise, le président ougandais Yoweri Museveni a passé mercredi le relais à son ministre de la Défense, après un séjour de 24 heures à Bujumbura où il a obtenu l’engagement des protagonistes à dialoguer.

Le chef de l’Etat ougandais, mandaté par les pays de la Communauté est-africaine (EAC) pour tenter de dénouer la crise née de la candidature du président burundais Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, a refusé de donner des détails sur les discussions entamées mardi soir à Bujumbura.

“Ce dont nous avons parlé entre nous n’est pas pour les journaux”, a-t-il brièvement déclaré à l’issue des travaux. Il a seulement indiqué que “le parti au pouvoir au Burundi (CNDD-FDD), les partis d’opposition et la société civile s’étaient mis d’accord pour négocier intensément, sans interruption et promptement pour trouver un accord”.

Il a ensuite quitté l’hôtel Bel Air où se tenaient les discussions, précisant qu’il regagnait l’Ouganda et que son ministre de la Défense, Crispus Kiyonga, arriverait jeudi pour prendre le relais.

“Les gens ont causé et échangé franchement et c’est positif”, a expliqué le principal conseiller en communication du président burundais, Willy Nyamitwe.

L’une des grandes questions est de savoir si la présidentielle, déjà reportée au 21 juillet, sera encore retardée: l’opposition réclame un report mais le pouvoir s’y refuse, arguant d’un risque de vide institutionnel à l’expiration du mandat de M. Nkurunziza le 26 août.

– ‘Déblocage’ –

Agathon Rwasa, principal adversaire politique du chef de l’Etat, a estimé que “d’une façon globale (…) tout le monde est satisfait parce qu’il y a un déblocage”, alors que “jusqu’à il y a quelque temps, tout dialogue semblait impossible”.

“On va négocier pour trouver une issue à la crise, (…) il n’y aura pas de sujet tabou”, a-t-il assuré.

Mais, pour le président du CNDD-FDD, ni la date de la présidentielle ni la candidature du président Nkurunziza ne sont négociables.

“Nous sommes ouverts au dialogue mais cela doit se faire parallèlement au processus électoral. Un décret (…) fixe la date des élections et cela devra être respecté”, a jugé Pascal Nyabenda.

“Nous en avons fini avec la question du troisième mandat”, a-t-il ajouté.

Yoweri Museveni a été mandaté début juillet par l’EAC (Rwanda, Burundi, Kenya, Ouganda, Tanzanie) pour tenter de dénouer la crise émaillée de violences meurtrières, née fin avril de l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza.

Opposition et société civile jugent un troisième mandat anticonstitutionnel et contraire à l’accord d’Arusha qui avait permis de mettre fin à la longue guerre civile burundaise (1993-2006, 300.000 morts).

Cette candidature a déclenché une contestation populaire violemment réprimée par la police, motivé un coup d’Etat avorté mi-mai et donné lieu le week-end dernier à des combats entre l’armée et les ex-putschistes.

Plus de 80 personnes sont mortes dans les violences liées à la crise et quelque 150.000 Burundais ont fui le climat préélectoral délétère vers les pays voisins.

L’opposition a boycotté les législatives et communales qui ont ouvert le 29 juin les élections générales burundaises et entend bouder la présidentielle.

– Report ‘insuffisant’ –

Signe du climat de tension, des tirs et détonations ont à nouveau résonné toute la nuit dans la capitale.

Selon le porte-parole adjoint de la police, Pierre Nkurikiye, cinq grenades ont explosé à Bujumbura et plusieurs autres dans la province de Bujumbura rural, qui entoure la capitale.

La communauté internationale estime depuis des semaines que le climat d’intimidation et d’insécurité, ainsi que l’absence de pluralisme médiatique, ne permettent pas des élections crédibles.

Mercredi, 17 ONG burundaises et étrangères ont estimé “insuffisant” le report de la présidentielle au 21 juillet, disant craindre que sa tenue ne “déclenche des violences majeures et conduise au déplacement de dizaines de milliers de civils supplémentaires”.

Avant les législatives, la violence s’était intensifiée dans ce petit pays des Grands Lacs à l’histoire post-coloniale jalonnée de massacres entre Hutu et Tutsi, avec une série d’attaques à la grenade meurtrières revendiquées par les ex-putschistes.

Le week-end dernier, l’armée a affronté un groupe armé dans deux provinces frontalières du Rwanda et de la RDC.

Ces combats, auxquels les ex-putschistes reconnaissent avoir participé, ont un peu plus alimenté les rumeurs d’une vaste offensive à l’approche de la présidentielle, entretenues par l’exode à l’étranger de nombreux opposants burundais et de centaines de putschistes.

– See more at: http://www.izf.net/afp/burundi-museveni-passe-relais-les-protagonistes-sengagent-dialoguer#sthash.YB7se3Yu.dpuf

Laisser un commentaire