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Ça se passe en France à Lille : un étudiant mort de faim dans sa chambre de cité universitaire?

Ça se passe en France à Lille : un étudiant mort de faim dans sa chambre de cité universitaire?

Un étudiant originaire de Mayotte a été retrouvé mort dans la chambre de sa résidence étudiante, à Villeneuve-d’Ascq, fin octobre. D’après sa mère, il serait mort de faim.

Qu’est-il arrivé à Abdallah El Anfani? Cet étudiant de 22 ans a été retrouvé sans vie dans sa chambre de cité universitaire, à Villeneuve-d’Ascq, fin octobre. A part la mère de l’étudiant, personne ne s’était inquiété de la disparition du jeune homme. A tel point que la découverte de son corps a été fortuite: des employés chargés d’une opération de désinsectisation l’ont trouvé sur son lit, sous les couvertures, dans sa chambre fermée à clé de l’intérieur. Abdallah El Anfani était mort depuis plusieurs semaines.

La mère de l’étudiant a affirmé sur Linfokwezi, une télévision locale de Mayotte, que, pour elle, son fils était mort de faim.

Qui était Abdallah El Anfani?

Originaire de Mayotte, Abdallah El Anfani était venu en métropole en 2013 pour faire des études de sciences économiques à l’université Lille 1. Comme lui, 97% des jeunes mahorais qui souhaitent faire des études supérieures le font dans une université métropolitaine, au prix du déracinement. Ils n’ont pas le choix: le centre universitaire ouvert en 2011 à Mayotte ne propose pas de diplôme au-delà de la licence, et dans seulement 4 domaines d’études.

Que s’est-il passé entre la fin de l’année universitaire 2013-2014 et la rentrée suivante? Personne ne le sait. Reste que le jeune étudiant ne s’est pas réinscrit à l’université à la rentrée 2014, et il a donc perdu sa bourse mensuelle de 470 euros, et sa carte d’étudiant, raconte La Voix du nord. Le Crous lui a cependant laissé sa chambre universitaire.

La résidence Evariste Galois, au coeur de la cité scientifique de l'université Lille 1, où vivait l'étudiant mahorais.

La résidence Evariste Galois, au coeur de la cité scientifique de l’université Lille 1, où vivait l’étudiant mahorais.

Capture d’écran (Google Map)

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Comment est-il mort?

Au printemps 2015, inquiète pour son fils, la mère d’Abdallah El Anfani avait contacté l’association “But étudiant mahorais” pour qu’elle se rapproche de celui-ci. A la télé locale mahoraise, elle a déclaré que son fils “avait déjà dépensé toutes ses économies [avant l’été] pour pouvoir survivre, payer son loyer et se nourrir. Quand il ne pouvait plus payer ses factures, c’est nous qui les recevions. Puis est arrivé le moment où quand on lui parlait, il avait tellement faim et mal à la tête qu’il ne comprenait même plus ce qu’on lui disait”.

Les services sociaux et le centre régional des oeuvres universitaires de Lille, son bailleur, sont alertés. Abdallah est donc hospitalisé dans une unité psychiatrique pendant trois jours en juin, d’après France 3. Il reçoit ensuite à son domicile la visite d’une assistante sociale en juin, et en juillet. Le dernier contact connu avec l’étudiant est celui du secrétaire de la résidence où il habitait, qui lui aurait parlé “à travers sa porte”, en septembre.

Le corps de l’étudiant retrouvé plusieurs semaines après ce dernier contact était en état de décomposition avancée. Le médecin qui a fait l’autopsie n’a relevé ni traces de coups, ni traces de blessures. Des analyses complémentaires ont donc été réalisées pour savoir de quoi précisément est mort le jeune homme.

Une quête pour sa famille

En réaction au décès de l’étudiant, une page a été ouverte sur Facebook, et une collecte lancée pour aider sa famille à financer le rapatriement de son corps. Pour ceux qui commentent ce drame, il ne fait pas de doute que le jeune homme, décrit comme solitaire et souffrant de problèmes psychologiques, est mort de faim, et de solitude. Les résultats d’analyses attendus pour la semaine prochaine devraient permettre d’affirmer ou d’infirmer cette dramatique hypothèse.

D’après l’Observatoire de la vie étudiante, 11% des étudiants non-boursiers et 18% des boursiers ont déjà été obligés de renoncer à des soins médicaux pour raison financière. Et plus d’un étudiant d’origine populaire sur trois confie avoir déjà été confronté à des difficultés financières “importantes” ou très “importantes”.

L’Express

Article de Voix du Nord

http://www.lavoixdunord.fr/region/retrouve-mort-dans-une-cite-u-sa-maman-inquiete-depuis-ia0b0n3146777

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