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Cameroun : défi de sécurisation de plus de 4.500 kilomètres de frontière avec six pays voisins

Cameroun : défi de sécurisation de plus de 4.500 kilomètres de frontière avec six pays voisins

Plus de 4.500 kilomètres de frontière lient le Cameroun à six pays voisins dont près de la moitié au Nigeria, où sévit depuis une dizaine d’années la secte islamiste Boko Haram, devenue ensuite une menace régionale touchant jusqu’au territoire camerounais que le pouvoir de Yaoundé tente d’enrayer parmi d’autres défis liés à la gestion de cette frontière, annonce celui-ci.

Cameroun : défi de sécurisation de plus de 4.500 kilomètres de frontière avec six pays voisins
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Plus de 4.500 kilomètres de frontière lient le Cameroun à six pays voisins dont près de la moitié au Nigeria, où sévit depuis une dizaine d'années la secte islamiste Boko Haram, devenue ensuite une menace régionale touchant jusqu'au territoire camerounais que le pouvoir de Yaoundé tente d'enrayer parmi d'autres défis liés à la gestion de cette frontière, annonce celui-ci.

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Cameroun : défi de sécurisation de plus de 4.500 kilomètres de frontière avec six pays voisins

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Plus de 4.500 kilomètres de frontière lient le Cameroun à six pays voisins dont près de la moitié au Nigeria, où sévit depuis une dizaine d’années la secte islamiste Boko Haram, devenue ensuite une menace régionale touchant jusqu’au territoire camerounais que le pouvoir de Yaoundé tente d’enrayer parmi d’autres défis liés à la gestion de cette frontière, annonce celui-ci.

En commémorant mercredi la 7e édition de la Journée africaine des frontières, le gouvernement camerounais et sa population ont le regard tourné vers la région de l’Extrême-Nord où plus de 1.500 civils et militaires sont morts décapités ou mutilés depuis 2014 à cause des assauts et des attentats-suicides perpétrés par Boko Haram, selon une estimation officielle.

Dans cette région, le pays d’Afrique centrale partage avec le Nigeria une frontière d’environ 400 kilomètres sur un tracé total de plus de 2.100 kilomètres de frontière terrestre et maritime entre les pays voisins, connue pour être poreuse et qui impose en conséquence une tâche ardue pour la sécurisation aux forces de défense et de sécurité.

Pour pouvoir atteindre cet objectif, ces forces ont dû se résoudre à établir une collaboration avec ses voisins à travers la création en 2015 de la Force multinationale mixte (FMM) de la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT) qui, en plus du Nigeria, associe en outre le Tchad et le Niger, deux autres pays de la région.

Les succès remportés par cette coalition contre le groupe djihadiste nigérian, affaibli militairement, est un argument supplémentaire qui incite au Cameroun à accélérer la coopération transfrontalière avec les pays voisins, jugée capitale pour la sécurisation des frontières communes et la mise en valeur des zones les entourant.

Selon le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, René Emmanuel Sadi, “sous réserve des résultats des travaux de confirmation en cours, notre pays partage une longue frontière d’environ 4.591 kilomètres” avec le Gabon, le Congo, la Guinée équatoriale, le Nigeria, la République centrafricaine (RCA) et le Tchad.

C’est un héritage de la colonisation, connue pour avoir légué aux pays africains comme le Cameroun et ses voisins “des frontières parfois mal délimitées er peu démarquées”, a précisé le ministre dans son allocution lors de la cérémonie commémorative de la 7e édition de la Journée africaine des frontières, mercredi à Yaoundé.

Ces frontières, source de tensions et de conflits dans certains cas, ont souvent empoisonné les relations entre certains pays voisins.

C’est le cas du différend frontalier où l’armée camerounaise s’est vue opposée aux forces nigérianes pour la défense de Bakassi, péninsule du Sud-Ouest revendiquée et occupée quinze ans durant, entre 1993 et 2008, par le Nigeria, avant d’être rétrocédée grâce à un arrêt rendu en 2002 par la Cour internationale de justice (CIJ) en faveur du Cameroun.

Pour faciliter sa mise en œuvre, cette décision avait été suivie, à l’initiative du pouvoir camerounais, de la signature par les deux pays en 2006 à New York d’un accord diplomatique, sous l’égide de l’ONU, des Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, qui a favorisé un règlement pacifique du conflit aujourd’hui cité en exemple dans le monde.

Avec la RCA, le Cameroun dénombre plus de 700 kilomètres de frontière terrestre commune, de temps à autre secouée par des incursions de groupes armés créés au gré des rébellions et crises politico-militaires à l’origine des multiples changements politiques et institutionnels qui jalonnent l’évolution de ce pays limitrophe.

Dans le but d’endiguer ce fléau, une commission mixte permanente de sécurité transfrontalière est opérationnelle entre Yaoundé et Bangui, sur le même modèle que celles par lesquelles l’exécutif camerounais s’emploie à renforcer ses relations avec le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et même le Nigeria.

Cette coopération bilatérale s’étend aussi à la démarcation et la délimitation des frontières, tâche exercée par des commissions ad hoc des frontières créées à cet effet par le Cameroun et chacun de ses six voisins respectifs.

Ces initiatives cachent cependant mal un constat frappant qui montre que la mise en valeur des zones frontalières reste un vaste chantier dans le pays, puisque “les régions frontalières constituent des espaces périphériques souvent enclavés, dotés généralement de peu d’infrastructures socio-économiques”, a avoué le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

“Aussi, a-t-il souligné, pour inverser cette tendance et atténuer tant soit peu la fracture entre le centre et la périphérie, le gouvernement camerounais a adopté une stratégie d’aménagement, de développement et de valorisation de ses zones frontalières, à travers notamment la promulgation d’une loi d’orientation et d’aménagement du territoire, une loi qui consacre les zones frontalières en tant qu’espaces d’aménagement spécifique.”

C’est l’objectif poursuivi par la Convention de l’Union africaine (UA) sur la coopération transfrontalière, adoptée en 2014 à Niamey (Niger) et en cours de ratification.

Cette convention prévoit de “permettre d’ériger les zones frontalières et les espaces frontaliers, en terrains propices à une impulsion dynamique des processus de l’intégration régionale et continentale”, a indiqué dans un message de circonstance le commissaire de l’UA chargé de la paix et de la sécurité, Smaïl Chergui, lu par le représentant résident de l’UA au Cameroun, Jean Gérard Mezui m’Ella.

La Journée africaine des frontières a été instituée le 25 mai 2010. Elle vise à promouvoir le programme frontière de l’UA, adopté trois ans auparavant. La 7e édition a été placée sous le signe du rôle des jeunes dans la prévention des conflits et la coopération transfrontalière. C’est la première commémorée au Cameroun.

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