Share
Ce que la Banque Mondiale parlait de la RDC en novembre 2015

Ce que la Banque Mondiale parlait de la RDC en novembre 2015

Le pays en bref

La République démocratique du Congo (RDC) est un pays aux ressources immenses. Sa superficie (2,3 millions de km²) équivaut aux deux-tiers de l’Union européenne. Le pays abrite près de 70 millions d’habitants, selon les dernières estimations de l’INS (Institut national de la statistique), dont moins de 40 % vivent en milieu urbain. Avec ses 80 millions d’hectares de terres arables et plus de 1 100 minéraux et métaux précieux répertoriés, la RDC a le potentiel de devenir l’un des pays les plus riches du continent africain et l’un de ses moteurs de croissance.

Contexte politique

Depuis 2001, le pays se remet d’une série de conflits qui ont éclaté dans les années 1990 et des conséquences d’un marasme économique et social prolongé. En 1999, après les accords de paix de Lusaka, un gouvernement de transition a été mis en place jusqu’aux élections présidentielles de 2006, qui se sont déroulées sans heurts. De nouvelles institutions comme le Parlement, le Sénat et l’exécutif provincial fonctionnent aujourd’hui. Les élections présidentielles et législatives de novembre 2011 ont vu la victoire de Joseph Kabila et de son parti. Elles ont toutefois soulevé des inquiétudes quant à la transparence du processus électoral. Le prochain scrutin présidentiel devrait se tenir en 2016.

La RDC demeure un pays fragile avec des institutions faibles. Il a absolument besoin de se reconstruire et de relancer sa croissance économique. D’un point de vue sécuritaire, la situation s’améliore mais reste tendue, en particulier dans les provinces de l’Est. Les efforts de paix et de reprise économique se font dans un contexte social difficile. Le nouveau découpage territorial est effectif depuis le 30 juin, le pays passant de 11 à 26 provinces. A partir d’octobre 2015, le pays entrera dans un cycle électoral qui commencera avec les élections municipales, locales et provinciales et se terminera en novembre 2016 avec les élections présidentielles et législatives.

Vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique, Makhtar Diop et le Premier Ministre Matata Ponyo
Vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique, Makhtar Diop et le Premier Ministre Matata Ponyo

Situation économique

Après un ralentissement à 2,8 % en 2009 du fait de la crise financière internationale, la RDC a enregistré un taux de croissance économique moyen de 7,4 % par an sur la période 2010-2013, bien au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne, et de 8,7 % en 2014. Cette performance s’explique par la vigueur des industries extractives et par une évolution favorable des cours des matières premières. Les investissements publics ont aussi contribué à stimuler la croissance. L’inflation, qui affichait un taux vertigineux de 53 % en 2009, est tombée à 1 % depuis 2013 en raison de la mise en œuvre de politiques budgétaires et monétaires prudentes.

Bien que le contexte politique et sécuritaire demeure fragile, l’activité économique devrait évoluer à un rythme soutenu avec un taux de croissance estimé à plus de 8 %, grâce à l’augmentation de l’investissement et de l’activité dans les industries extractives et du fait de la contribution des travaux publics et du secteur tertiaire.

Le maintien d’une politique monétaire restrictive et de la discipline budgétaire constituent des éléments clés pour contenir l’inflation en dessous de l’objectif de 5 %. Les estimations de la Banque mondiale confirment que la stratégie de soutien aux investissements dans les projets d’infrastructure à grande échelle menée par les autorités pourrait accompagner la croissance de manière significative, à condition que la priorité soit donnée aux projets à rendement élevé (transport, électricité).

Sur le plan des réformes, le gouvernement s’est engagé depuis 2010 à travailler étroitement avec la Banque mondiale pour mettre en place un mécanisme d’amélioration systématique de la gouvernance économique.  Ils ont aussi mis en place un dispositif conjoint pour suivre les progrès de la mise en œuvre des réformes. L’objectif de ces réformes est de renforcer la gouvernance et la transparence dans les industries extractives (secteurs forestier, minier et pétrolier) et d’améliorer le climat des affaires. Au cours des deux dernières années, des progrès significatifs ont été observés dans la mise en œuvre de ces mesures. Presque tous les contrats signés par le gouvernement dans les secteurs pétrolier, minier et forestier ont été rendus publics. Le pays respecte les exigences de transparence en publiant régulièrement des rapports conformes à l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Toutefois, des efforts supplémentaires doivent être faits pour généraliser la mise en concurrence pour l’attribution des contrats miniers, pétroliers et forestiers.

Contexte social

Malgré un taux de croissance économique impressionnant et une baisse du taux de pauvreté de 71 % en 2005 à 63 % en 2012, ce dernier reste élevé en RDC. Le pays se situait à l’avant-dernier rang du classement de l’indice de développement humain (186e sur 187 pays) en 2014. Son revenu national brut, qui s’élevait à 380 dollars par habitant en 2014 (méthode Atlas), figure parmi les plus bas du monde. Les Nations Unies estiment à environ 2,3 millions le nombre de personnes déplacées et de réfugiés en RDC, et à 323 000 le nombre de Congolais résidant dans des camps de réfugiés en dehors du pays. L’urgence humanitaire est toujours d’actualité dans les zones les plus instables de la RDC et le taux de violences sexuelles reste élevé.

Information Banque Mondiale

Laisser un commentaire