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Centrafrique : les élections reportées de trois jours

Centrafrique : les élections reportées de trois jours

Par Cyril Bensimon

L’information n’avait ces derniers jours que la forme d’une rumeur comme Bangui en produit chaque jour des dizaines ; elle a été confirmée jeudi 24 décembre après-midi. Le premier tour des élections présidentielle et législatives prévu dimanche a été décalé au mercredi 30.

Cette décision, qui doit encore être validée par la Cour constitutionnelle, a été annoncée par le premier ministre, Mahamat Kamoun, à l’issue d’une réunion à la présidence avec l’Autorité nationale des élections, l’institution chargée d’organiser les différents scrutins, des candidats, la Mission des Nations unies et des représentants du corps diplomatique.

Ce nouveau report n’est pas lié à la situation sécuritaire, meilleure ces derniers jours, mais à « des raisons techniques », soulignent plusieurs sources impliquées dans l’organisation de ces scrutins, jugés capitaux pour permettre à la République centrafricaine de sortir de trois années de crise aiguë. « Ce report a été décidé suite aux difficultés de dernière minute afin de permettre une organisation réussie de ces élections », affirme M. Kamoun. En effet, si les urnes et les isoloirs sont restés en province après le référendum constitutionnel du 13 décembre, les bulletins, les formulaires servant à l’établissement des procès-verbaux de décompte des suffrages, n’ont pas encore été acheminés dans les quelque 2 600 centres de vote.

« En trois jours, du fait de l’état des routes et des problèmes de sécurité, on ne peut atteindre que 70 % de l’électorat, ce qui pose un vrai problème pour la crédibilité des scrutins », expliquait une source onusienne à la veille de l’annonce du report. Selon elle, ces trois jours supplémentaires devraient permettre un déploiement sur toute l’étendue du territoire, ou presque.

Un marché à Bangui, la capitale de la République centrafricaine, le 23 décembre 2015.

Autre raison invoquée pour décaler le vote : le niveau déplorable des agents électoraux constaté lors du référendum. Environ la moitié des procès-verbaux redescendus à Bangui étaient invalides ou inutilisables. Pour un référendum qui avait valeur de répétition générale et dont l’enjeu n’était pas forcément compris par la population, cela n’a pas eu de conséquences considérables mais pour une élection présidentielle qui s’annonce indécise, un fiasco de cette ampleur aurait été l’assurance de contestations immédiates de la part des candidats déclarés vaincus.

Pour remédier à cette situation, le premier ministre assure que « de nouvelles équipes vont être formées », qu’« une mobilisation générale des fonctionnaires [censés être plus lettrés] disponibles va être lancée ». « On fera ce qu’on peut », tempère un expert. Sous la pression des bailleurs, des chancelleries et en particulier de la France, qui tient à tout prix à ce que ces élections se tiennent avant la fin de l ‘année, les autorités jurent que cet énième report depuis le début de la transition dirigée par Catherine Samba-Panza sera le dernier. « Il est hors de question qu’il y ait un autre report », promet le premier ministre.

Le Monde-Afrique

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