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Charlotte: une vidéo filmée par la femme de la victime diffusée

Charlotte: une vidéo filmée par la femme de la victime diffusée

Charlotte: une vidéo filmée par la femme de la victime diffusée
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Le New York Times a publié sur son site internet, vendredi, une vidéo filmée par la femme de l'Afro-Américain qui a été abattu par un policier à Charlotte en Caroline du Nord, mardi.

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(Avertissement images choquantes) Charlotte: une vidéo filmée par la femme de la victime diffusée

Des policiers sont vus à proximité du corps inerte de Keith Lamont Scott, 43 ans, sur qui ils ont ouvert le feu lors d’une intervention, mardi. M. Scott a perdu la vie. IMAGE TIRÉE DE LA VIDÉO, THE NEW YORK TIMES


Le New York Times a publié sur son site internet, vendredi, une vidéo filmée par la femme de l’Afro-Américain qui a été abattu par un policier à Charlotte en Caroline du Nord, mardi.

AVERTISSEMENT: ces images peuvent choquer

Dans la vidéo, on ne voit pas le policier tirer des coups de feu en direction de Keith Lamont Scott, 43 ans, mais on peut très bien les entendre.

On entend le policier demander à plusieurs reprises à M. Scott de laisser tomber son arme.

Sa femme, Rakeyia Scott, répète au policier qu’il n’est pas armé, qu’il a un traumatisme crânien et qu’il vient tout juste de prendre ses médicaments. Elle demande à répétition à son mari de sortir du véhicule. Alors que la tension monte, Mme Scott lance à plusieurs reprises: « Vous feriez mieux de ne pas le tirer. »

La police pressée de dévoiler les vidéos

Par ailleurs, le chef de la police de Charlotte, Kerr Putney, a indiqué vendredi qu’une caméra corporelle et une caméra installée sur le tableau de bord d’une voiture de police ont filmé la scène.

Il a toutefois refusé de les diffuser pour l’instant, bien que cela pourrait être des plus instructifs.

La police maintient que Keith Lamont Scott brandissait une arme, alors que des témoins affirment qu’il n’en est rien.

Un avocat de la famille, qui a visionné une vidéo jeudi, a affirmé qu’on ne peut voir clairement sur la captation si M. Scott tient quoi que ce soit dans ses mains.

La police de Charlotte, en Caroline du Nord, se trouvait sous une intense pression vendredi pour rendre publiques les vidéos montrant l’homicide d’un Afro-Américain abattu par un policier, ce qu’elle refusait toujours de faire malgré une troisième nuit de manifestations.

Le refus par la police locale de publier ces vidéos contraste avec l’attitude des autorités de l’Oklahoma, où une affaire similaire est survenue vendredi dernier à Tulsa. La diffusion de vidéos avait alors permis une avancée rapide de l’enquête et l’inculpation quelques jours plus tard de la policière incriminée.

Les demandes pressantes des manifestants concernant les vidéos à Charlotte, en Caroline du Nord, où la nuit de jeudi à vendredi a été émaillée de violences sporadiques, mais a été calme comparée aux deux précédentes, ont toutefois été entendues à moitié.

La police a accepté de monter jeudi aux proches de Keith Lamont Scott, l’homme de 43 ans tué mardi, les images du drame.

Mais celles-ci ne permettent pas d’éclaircir le point de discorde principal entre la police, qui affirme que Keith Scott tenait une arme à la main, et ses proches, qui affirment qu’il s’agissait d’un livre, selon l’un des avocats de la famille.

« Les vidéos devrait être rendue publique », a concédé vendredi lors d’une conférence de presse la mairesse de Charlotte, Jennifer Roberts, assurant qu’il s’agit d’une « question de timing ».

L’enquête n’étant pas terminée, assure-t-elle, « si une pièce (du dossier) est rendue publique plus tôt, cela peut mettre en péril l’investigation dans son ensemble ».

De son côté, le chef de la police locale, Kerr Putney, a affirmé prendre la mesure de « l’attente » suscitée par les vidéos, considérées « comme la panacée ». « Mais je peux vous dire que ce n’est pas le cas », a-t-il dit, suggérant que les images ne permettraient pas de déterminer d’éventuelles responsabilités.

« Si je la publiais comme cela et sans que cela ne vous place dans le bon contexte, elle peut mettre de l’huile sur le feu et envenimer la situation. Cela décuplerait la méfiance », entre manifestants et autorités, a-t-il ajouté.

Transparence

Cette dernière assertion de Kerr Putney sonne comme une réponse à la pluie de critiques dont la police est la cible.

Le ministre de la Justice de la Caroline du Nord, Roy Cooper, a lui aussi estimé vendredi que le meilleur moyen de « chercher la vérité » et de « rassembler » était de « rendre publique les vidéos ».

La veille, la ministre fédérale de la Justice, Loretta Lynch, s’est également prononcée à demi-mot en faveur d’une publication des images.

« Dans des situations où l’information est rendue publique, même quand cette information est difficile à regarder (…) le fait d’offrir une plus grande transparence est plus utile que l’inverse », a-t-elle jugé.

Cela s’est notamment vérifié à Tulsa, où un autre Noir, Terence Crutcher, a été abattu vendredi dernier alors qu’il était tenu en joue par les policiers après avoir marché jusqu’à son véhicule les mains en l’air.

La policière blanche auteure du tir mortel a été inculpée jeudi d’homicide involontaire. Visée par un mandat d’écrou, elle a été libérée vendredi après avoir réglé une caution de 50 000 $.

La mort de Keith Scott, dénoncent les manifestants, est le dernier symbole en date des brutalités policières que subissent les Noirs aux États-Unis. Ces deux dernières années, les tensions raciales se sont électrisées dans un pays régulièrement choqué par des homicides d’Afro-Américains, parfois non armés, abattus par la police.

À Charlotte, assure la mairesse de la ville, le couvre-feu devrait se prolonger encore cette nuit. Avec AFP

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