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Congo – Brazzaville : Les intérêts priment sur les morts pour la liberté ! Revirement de la position française sur le référendum

Congo – Brazzaville : Les intérêts priment sur les morts pour la liberté ! Revirement de la position française sur le référendum

Dans ce contexte de tension avant le référendum au Congo-Brazzaville, la présidence française fait un nouveau commentaire sur la situation dans le pays. Dans un petit communiqué de presse de l’Elysée, François Hollande dit « soutenir la liberté d’expression » au Congo-Brazzaville et rappelle qu’il avait souhaité, lors de son discours prononcé à Dakar en novembre 2014, que les « Constitutions soient respectées ». C’est donc un revirement.

François Hollande essaye de reprendre ses distances avec Denis Sassou-Nguesso. Lors du sommet francophone de Dakar, le 27 novembre 2014, il avait mis en garde sur l’antenne de RFI les chefs d’Etat qui veulent changer les règles du jeu pour briguer un troisième mandat. Et notamment, en parlant de la règle de la limite d’âge, il avait fait une claire allusion à Denis Sassou-Nguesso.

Le 7 juillet dernier, François Hollande avait reçu à l’Elysée le même Denis Sassou-Nguesso à la demande de ce dernier. Et à cette occasion, il s’était dit, par communiqué, attaché au fait que les référendums constitutionnels soient fondés sur « un consensus ». Ce qui à l’évidence n’est pas le cas aujourd’hui à Brazzaville.

Avant-hier mercredi, en disant que Denis Sassou-Nguesso pouvait consulter son peuple et qu’en même temps il devait veiller à rassembler et apaiser, François Hollande a donné l’impression à de nombreux observateurs qu’il se rapprochait de la position de Denis Sassou-Nguesso. Ce qui a provoqué une levée de boucliers dans l’opposition congolaise et jusqu’en France.

Une position commentée

Ce vendredi matin, le Front national, par la voix de Louis Aliot, a demandé au gouvernement français de s’expliquer sur le soutien qu’il apporte aux autorités du Congo-Brazzaville. Louis Aliot a aussi dénoncé les risques d’un changement non consensuel de Constitution dans ce pays. Une leçon de démocratie donnée par le Front national au socialiste François Hollande, ce n’est pas très courant.

Ce vendredi midi, la présidence publie finalement un communiqué dans lequel le chef de l’Etat « condamne toute violence, soutient la liberté d’expression et rappelle qu’il a souhaité, lors de son discours prononcé à Dakar le 29 novembre 2014, que les Constitutions soient respectées ». Deux jours après sa conférence de presse de l’Elysée, François Hollande tente de reprendre ses distances avec le président congolais. En clair, il essaye de redresser le tir.

La campagne sur le référendum constitutionnel de ce dimanche au Congo-Brazzaville s’est achevée ce vendredi. Depuis l’annonce de cette consultation populaire qui pourrait permettre au président Denis Sassou-Nguesso de briguer un troisième mandat en 2016, le climat est très tendu dans le pays. Quatre personnes sont mortes, selon les autorités, une vingtaine selon l’opposition.

S’il n’y avait qu’une seule image à retenir de cette campagne, ce serait celle des affrontements qui ont opposé manifestants et forces de l’ordre en début de semaine à Brazzaville, mais aussi dans d’autres villes du pays. Les autorités assurent que le calme est revenu, mais la campagne s’est soldée vendredi, par une interdiction pure et simple de tout rassemblement dans la capitale pour raison de sécurité, et la peur reste bien présente au sein d’une population qui garde en mémoire le souvenir de la guerre civile.

Sur le fond, une question a dominé les débats : celle d’un éventuel troisième mandat pour le président Denis Sassou-Nguesso au point d’éclipser tous les autres aspects du projet de Constitution pourtant très différent de l’actuelle loi fondamentale. Le texte lui-même n’a d’ailleurs été rendu public que cinq jours après le début de la campagne et a très peu circulé depuis.

A l’international, cette campagne a suscité des réactions contrastées. De la plus ferme, celle des Etats-Unis qui ont demandé un report du scrutin, à la plus confuse, peut-être celle du président français François Hollande qui après avoir provoqué un tollé au sein de l’opposition congolaise en soutenant le droit du président Denis Sassou-Nguesso à consulter son peuple, a finalement rendu public vendredi un nouveau communiqué dans lequel Paris rappelle son attachement à la liberté d’expression et au respect des Constitutions.

Saisie du matériel à Radio Forum

Autre signe de crispation : la saisie du matériel de Radio Forum. Cette radio de défense des droits de l’homme, basée dans le quartier de Bacongo n’émet plus depuis vendredi 23 octobre. Le Conseil supérieur de la liberté de communication reproche à la station de diffuser, notamment, des informations mensongères.

Parfait est journaliste dans la station. Il était à l’extérieur du bâtiment lorsque les policiers sont arrivés.

« Il y en a qui sont venus par ici, d’autres qui sont venus par là. Ensuite, ils sont rentrés et comme j’étais dehors, je ne pouvais plus avoir accès. Je leur ai dit que je faisais partie du personnel mais ils m’ont répondu que plus personne ne rentrait », a témoigné auprès de RFI, le journaliste de Radio Forum

A l’étage dans le studio, il y a encore un téléphone, quelques micros et un banc de copie, mais tout le reste a été emporté.

« Ils m’ont montré la décision et ils ont pris les appareils, les ordinateurs, les tables de mixage… en fait, notre matériel de diffusion. Ils avaient des armes et on ne pouvait rien faire. On était obligés d’obéir », a, pour sa part, raconté un technicien de Radio Forum.

Massengo-Tiassé, directeur de la station, conteste la légalité du geste. Il assure ne pas avoir été notifié de la décision d’interdiction et juge les accusations des autorités infondées.

« Lorsqu’on nous dit que nous diffusons des informations mensongères, mais c’est ce que les gens vivent. On nous reproche de donner la parole aux gens, l’expression des citoyens. Nous, nous faisons échec à la désinformation. Nous allons continuer à nous battre », a-t-il déclaré à RFI.

Massengo-Tiassé demande, par ailleurs, aux autorités de lui rendre son matériel. Si ce n’est pas fait dans la semaine, il promet de se débrouiller pour recommencer, coûte que coûte, à émettre.

RFI

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