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COUP D’ETAT AU BURKINA: OUAGADOUGOU CALME APRÈS UNE PREMIÈRE NUIT DE COUVRE-FEU

COUP D’ETAT AU BURKINA: OUAGADOUGOU CALME APRÈS UNE PREMIÈRE NUIT DE COUVRE-FEU

Le général Gilbert Diendéré, à la tête des putschistes, au palais présidentiel, le 17 septembre 2015 à Ouagadougou, au Burkina Faso | AFP | AHMED OUOBA


La situation était calme vendredi matin à Ouagadougou après la première nuit sous le couvre-feu imposé par les militaires putschistes qui ont renversé les institutions de transition du Burkina Faso, a constaté l’AFP.

La circulation, moins intense que d’habitude, avait repris, même si de nombreux magasins restaient fermés. La ville n’était plus étroitement quadrillée, comme la veille, par les hommes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

C’est cette unité d’élite de l’armée qui a pris le pouvoir, en accusant les autorités installées après la chute en octobre 2014 du président Blaise Compaoré, d’avoir dévoyé la transition, notamment en excluant les partisans de l’ex-homme fort des prochaines élections.

Le couvre-feu a été respecté dans la capitale, mais pas dans plusieurs villes de province, notamment à Bobo Dioulasso (ouest), deuxième ville du pays, où des manifestants se sont rassemblés pour protester contre le putsch, ainsi qu’à Fada-Ngourma (est).

Les protestations se sont déroulées sans incidents, les forces de l’ordre n’ayant pas cherché à intervenir. L’armée, la police et la gendarmerie sont restées très discrètes depuis le coup d’Etat.

Cheriff Sy, le président du Conseil national de la transition (équivalent du parlement), s’était déclaré jeudi président par intérim, le président et Premier ministre de la transition étant détenus par les putschistes, et avait appelé les autres unités de l’armée à s’opposer au coup de force du RSP, fort de 1.300 hommes et meilleure unité du pays.

Alors que les organisations de la société civile actives dans le renversement de M. Compaoré avaient appelé à s’opposer au putsch, le RSP avait vivement dispersé jeudi les manifestants, avec un bilan d’au moins trois morts de source hospitalière.

Le studio d’enregistrement du rappeur « Smockey », un des fers de lance du « balai citoyen », a été en partie incendié par des hommes du RSP qui ont tiré sur la porte au lance-roquette, a indiqué à l’AFP la femme de l’activiste, qui s’est caché.

Le général Gilbert Diendéré, qui a pris la tête d’un Conseil national pour la Démocratie (CND), devait recevoir vendredi le chef de l’Etat sénégalais Macky Sall, président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), organisation qui a condamné le coup d’Etat, comme la totalité de la communauté internationale.

La maison du général Diendéré, un très proche de Blaise Compaoré dont il fut pendant des années le chef d’état-major personnel et commandant du RSP, dans sa ville d’origine de Yako (100 km au nord-est de Ouagadougou) a été incendiée jeudi.

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