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Démission de Malu Malu : veillée d’armes dans les états-majors des partis politiques

Démission de Malu Malu : veillée d’armes dans les états-majors des partis politiques

L’annonce de la démission de l’abbé Malu Malu samedi 10 octobre dernier de son poste de président de la Ceni pour raison de santé, a mis en branle tous les états-majors des partis politiques. Le président de la République dit avoir pris acte de cette démission et demande à la composante dont est issu l’abbé Malu Malu de proposer un autre candidat à l’Assemblée nationale pour approbation.

Cette démission intervient, alors qu’un consensus semblait se dégager autour de l’abbé président de la Commission électorale nationale indépendante après les contacts qu’il a eus avec la Majorité, l’Opposition et la Société civile autour d’un calendrier réaménagé.

La balle, à nouveau, dans le camp de la société civile à qui revient la mission de présenter le remplaçant de l’abbé, président. Le consensus au sein de cette plate-forme ne sera pas facile du fait de l’influence des politiques sur cette dernière. Déjà, le torchon brûle entre le gouvernement et l’opposition autour d’un nouveau calendrier. Cette dernière exige que la Ceni publie le nouveau calendrier électoral la soupçonnant de subir les pressions du gouvernement.

La société civile propose que le prochain candidat à la présidence de la Ceni soit désigné lors d’une assemblée générale de la société civile. Peu importe son organisation, soit un homme ou une femme intègre et non une émanation des politiques, indique-t-on avant d’ajouter que le mauvais choix du président de la Ceni aura une incidence sur la suite du processus électoral congolais.

Le ton est vite monté la semaine dernière entre le gouvernement et la Ceni autour du financement du processus électoral. Le dernier passage du ministre de l’Economie nationale, Modeste Bahati sur quelques chaînes de télévision locales, a exaspéré la Ceni. Le ministre a indiqué, à cet effet, que la CENI percevait des versements substantiels d’argent de manière régulière. Et le ministre précité de préciser que c’est sur le Ceni que repose l’entière responsabilité de l’échec du processus électoral car le gouvernement met à sa disposition tous les moyens financiers pour l’organisation des élections. Et de poursuivre que cette institution d’appui à la démocratie doit prendre ses responsabilités, sinon, avait-il renchéri, la Ceni doit se justifier.

Cette prise de position visant à incriminer la Ceni n’était pas du goût du rapporteur Jean-Pierre Kalamba de cette structure nationale d’organisation des élections en République Démocratique du Congo. Il a décidé d’ôter ses gangs pour démentir les propos tenus par le ministre de l’Economie. Dans un communiqué du mercredi 7 octobre, la Ceni dément avoir bénéficié des versements substantiels d’argent et de façon régulière du gouvernement.

Pour cette institution d’appui à la démocratie, tous les versements effectués par le gouvernement sont tracés dans le rapport de Juin 2015 qu’elle a déposé à l’Assemblée nationale. Sous-entendu de la Ceni, les versements du gouvernement ne sont ni suffisants ni régulier pour lui permettre d’organiser des élections crédibles et transparentes.

Pour la Ceni, en agissant ainsi, dans le but de jeter le discrédit sur la Ceni, le gouvernement par la bouche de Modeste Bahati veut induire l’opinion nationale et internationale en erreur. C’est pourquoi la Ceni demande une réunion de clarification entre elle et le gouvernement “ pour rétablir la vérité“.

A travers cette séance, la Ceni veut aussi que la question du réaménagement du calendrier soit évoquée. Par ailleurs, la Ceni réaffirme son engagement à organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives.

La démission de Malu Malu ne saurait apaiser les esprits au regard des appétits gloutons des uns et des autres.

Par LP /Palmares

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