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Dialogue : mise en garde de la Cenco contre toute transition/bis

Dialogue : mise en garde de la Cenco contre toute transition/bis

1. A l’heure où semble imminente la tenue du dialogue national proposé par son Excellence Monsieur le Président de la République, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco) voudrait apporter sa modeste contribution pour que le dialogue envisagé puisse consolider notre système démocratique et ainsi être porteur d’un avenir meilleur pour notre pays.

2. A cet effet, la Cenco implore du Seigneur, Maître des temps et des circonstances, sa lumière pour qu’elle éclaire, les cœurs et les esprits de .toutes les forces vives de la Nation appelées au dialogue, afin qu’en privilégiant l’intérêt supérieur de la République, elles apportent leur concours à la construction d’un Congo réellement démocratique.

3. Pour réussir ce grand pari, toutes les parties prenantes au dialogue doivent s’engager sincèrement, de prime abord et sans atermoiement, au respect de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel.

4. C’est pourquoi la CENCC estime urgent de rappeler son point de vue exprimé au Président de la République lors des consultations organisées en vue du dialogue national. Le point de vue de la CENCO se résume dans les deux points suivants:

1° Le rappel du fait que « le dialogue est une voie royale et pacifique de sortie de crise. Il est un élément constructif de tout système démocratique».

2° La nécessité de souligner que ce dialogue devrait se dérouler dans le respect absolu du cadre constitutionnel et institutionnel en vigueur. Concevoir la démarche ou procéder autrement comporterait le danger, aux conséquences incalculables pour la nation, de rouvrir le débat sur la révision ou le changement de Constitution dans ses articles verrouillés ou ; en tout cas, d’en envisager la perspective.

5. En clair, pour la CENCO, ni dans son déroulement, ni dans ses conclusions ou recommandations, le dialogue ne peut énerver directement ou indirectement la lettre et l’esprit de la Constitution de la République ni ignorer les institutions républicaines prévues par elle.

Cela implique notamment que:

1° Toutes les parties s’engagent à respecter la Constitution et les Institutions de la République;

2° Aucune transition ne soit organisée, car contraire à la Constitution ;

3° Aucune institution extraordinaire ne soit créée;

4° Les délais constitutionnels contenant l’organisation des scrutins soient respectés.

6. Quant au calendrier électoral, la CENCO avait proposé un réaménagement dans l’ordre suivant: élections provinciales (députés provinciaux, gouverneurs et sénateurs), législatives et présidentielle en 2016. Dans ces conditions, les élections locales, municipales et urbaines pourraient se tenir en 2017, en se donnant ainsi le temps et les moyens de mieux les préparer.

7. La CENCO souhaite vivement que les conclusions du dialogue qui doivent aller dans le strict respect de la Constitution soient consignées dans un Accord politique électoral liant toutes les composantes représentées aux assises. En même temps, que les composantes s’engagent à traduire rapidement ces conclusions en actes juridiques et administratifs, selon le cas, au sein des institutions. Un climat de confiance entre les acteurs politiques est nécessaire pour la réussite du processus électoral.

8. Il est nécessaire que la Communauté Internationale maintienne son appui au processus électoral en cours et se porte garante de la bonne fin des conclusions et recommandations du dialogue national afin d’éviter de nouveaux blocages qui résulteraient de la mauvaise foi de l’une ou de l’autre des parties.

9. Que la Vierge Marie, Reine de la Paix et Notre Dame du Congo, nous obtienne de son Fils, la grâce de la réussite du processus électoral, dont dépend l’avenir de la nation congolaise.

Fait à Kinshasa, le 12 novembre 2015

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