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En Allemagne, le phénomène Obama a laissé place à la désillusion

En Allemagne, le phénomène Obama a laissé place à la désillusion

Accueilli comme le Messie lors de sa visite à Berlin en juillet 2008, Barack Obama a suscité une profonde déception chez les Allemands à la fin de son mandat.

En Allemagne, le phénomène Obama a laissé place à la désillusion
Summary:
"Obama est l'homme des paroles solennelles qui ne sont pas suivies d'actes. Rien n'a changé. Dans un article du (quotidien) Bild, il a porté aux nues la politique migratoire de la chancelière allemande qui serait guidée, selon lui, par des intérêts et des valeurs à parts égales. +Le monde a pu voir sa position courageuse quand de nombreux migrants sont venus en Europe… Nous n'avons pas pu fermer la porte à nos semblables dans un grand besoin. Cela aurait constitué une trahison de nos valeurs+", écrit Jakob Augstein dans les colonnes de Der Spiegel.

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En Allemagne, le phénomène Obama a laissé place à la désillusion

« Obama est l’homme des paroles solennelles qui ne sont pas suivies d’actes. Rien n’a changé. Dans un article du (quotidien) Bild, il a porté aux nues la politique migratoire de la chancelière allemande qui serait guidée, selon lui, par des intérêts et des valeurs à parts égales. +Le monde a pu voir sa position courageuse quand de nombreux migrants sont venus en Europe… Nous n’avons pas pu fermer la porte à nos semblables dans un grand besoin. Cela aurait constitué une trahison de nos valeurs+ », écrit Jakob Augstein dans les colonnes de Der Spiegel.

Jakov Augstein signale que selon M.Obama, les Etats-Unis ont accueilli environ 2.500 réfugiés en provenance de Syrie en 2015 et, cette année, ils seront 10.000 et que le président américain ose le déclarer dans un pays qui a accueilli, l’année dernière, un million de migrants au risque de sa stabilité politique.

Si la morale est un capital dont disposent les Etats, les Etats-Unis sont en faillite. Mais, toujours  selon l’auteur de Der Spiegel, ce n’est pas Barack Obama qui a conduit le pays à la faillite. La faute incombe à son prédécesseur George Bush. M.Obama a remporté plusieurs victoires, notamment l’accord sur le nucléaire iranien, le retrait des troupes d’Irak et de d’Afghanistan, la normalisation des relations avec Cuba. Le monde doit lui dire merci. Mais ses défaites sont plus sérieuses. La prison de Guantanamo n’est pas fermée. Des innocents sont tués dans la guerre de drones. L’Amérique a placé le monde sous une surveillance totale. Les lanceurs d’alerte sont impitoyablement persécutés. Bref, Obama n’a pas rendu le monde meilleur.

Il est entré en fonction pour unir une nation divisée. Mais il a échoué. La société demeure déchirée sur le plan politique et social. L’inégalité sociale a pris des formes grotesques. Le système politique est entre les mains du capital et de ses lobbyistes. Le paysage politique est brisé par l’aveuglement politique et dominé par la haine. L’opinion publique est dominée par un mélange pervers composé d’irresponsabilité, de soif du gain et de fanatisme religieux. Selon l’auteur de Der Spiegel le nouveau Messie est désormais appelé Donald Trump.

Barack Obama sera le dernier président de l’Occident. Ceux qui lui succéderont ne seront que chefs d’Etat des Etats-Unis d’Amérique. Et l’Amérique elle-même est devenue un pays étranger.

Tom Hanks avait dit dans un entretien à Der Spiegel: « Un Noir à la Maison blanche, c’est cool! »

« C’est vrai, mais rien de plus », conclut le média allemand. Sputnik

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