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Filimbi – Plainte Déposée Pour Détention Illégale De Deux Militants Associatifs

Filimbi – Plainte Déposée Pour Détention Illégale De Deux Militants Associatifs

 

Une organisation citoyenne congolaise a annoncé mercredi avoir porté devant la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) de la République démocratique du Congo le cas de la détention illégale de deux militants associatifs arrêtés mi-mars à Kinshasa.

La Lutte pour le changement (Lucha) a déposé plainte le 15 octobre auprès de cette instance entrée en fonction en juillet en espérant que ce premier dossier soumis à sa juridiction démontrera sa réelle volonté et sa capacité à accomplir sa noble mission, a déclaré à la presse Luc Nkulula, membre actif de ce mouvement né à Goma, dans l’est de la RDC.

Les attentes des Congolais vis-à-vis de la CNDH, chargée de promouvoir et défendre les droits de l’Homme en toute indépendance, sont très grandes, surtout dans un pays où le pouvoir judiciaire se discrédite à force d’être instrumentalisé, a affirmé M. Nkulula.

M. Nkulula appartient à une délégation de la Lucha chargée de plaider à Kinshasa la cause de la libération de Fred Bauma et Yves Makwambala.

M. Bauma est un des principaux animateurs de la Lucha, et M. Makwambala est le webmestre et graphiste de Filimbi, organisation qui se présente comme un collectif de mouvements d’éducation à la citoyenneté, non-partisan et non-violent (parmi lesquels la Lucha).

Âgés tous deux d’une vingtaine d’années, ils avaient été arrêtés à Kinshasa le 15 mars, lors d’une rencontre sur la bonne gouvernance en Afrique organisée par Filimbi, et sont poursuivis par la justice pour complot contre Joseph Kabila.

Alors que les ONG congolaises et étrangères de défense des droits de l’Homme maintiennent la pression sur Kinshasa, nous considérons (…) leur détention comme injuste et indigne, et comme une atteinte grave à la liberté d’expression, d’association et de réunion, a souligné M. Nkulula.

Selon lui, la délégation de Lucha a rencontré à Kinshasa des représentants de la présidence, du sénat, de l’opposition et de la jeunesse.

Après la conférence de presse, des agents de l’Agence nationale de renseignement ont menacé d’arrêter les responsables de l’association ayant hébergé la rencontre, selon un de ses militants et une source à la Mission de l’ONU en RDC (Monusco).

De même sources, l’intervention d’un responsable de la section droits de l’Homme de la Monusco a permis à chacun de rentrer chez soi.

Le climat est tendu en RDC à l’approche de la présidentielle censée avoir lieu au plus tard en novembre 2016: la Constitution interdit à M. Kabila, au pourvoir depuis 2001, de briguer un troisième mandat, mais l’opposition accuse Kabila de chercher à se maintenir au pouvoir à tout prix, quitte à retarder le scrutin.

L’ONU, qui dénonce depuis plusieurs mois une multiplication des arrestations d’opposants, a exhorté début octobre Kinshasa à permettre la tenue d’élections législatives et présidentielle crédibles en novembre 2016.

Dans un communiqué publié mercredi, la représentation de l’Union européenne en RDC salue des améliorations dans le respect des droits de l’Homme dans le pays mais déplore en particulier la multiplication ces derniers temps des cas de harcèlements, d’arrestations arbitraires et de détentions prolongées sans mandat de justice.

ROM/LC

Le Congolais

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