Share
France: le président Hollande «ne renoncera pas» à sa réforme du droit du travail

France: le président Hollande «ne renoncera pas» à sa réforme du droit du travail

France: le président Hollande «ne renoncera pas» à sa réforme du droit du travail
Summary:
Malgré une impopularité record, des manifestations dans toute la France et une fronde dans son propre camp, le président François Hollande a assuré mardi qu'il ne renoncerait pas à sa réforme contestée du droit du travail, affichant sa combativité à onze mois de la fin de son mandat.

0%

France: le président Hollande «ne renoncera pas» à sa réforme du droit du travail

« Je ne cèderai pas parce qu’il y a eu trop de gouvernements qui ont cédé », a déclaré François Hollande sur la radio Europe 1 au début d’une nouvelle semaine d’actions à l’appel des syndicats contestataires.PHOTO MIGUEL MEDINA, AFP

Malgré une impopularité record, des manifestations dans toute la France et une fronde dans son propre camp, le président François Hollande a assuré mardi qu’il ne renoncerait pas à sa réforme contestée du droit du travail, affichant sa combativité à onze mois de la fin de son mandat.

«Je ne cèderai pas parce qu’il y a eu trop de gouvernements qui ont cédé», a-t-il déclaré sur la radio Europe 1 dans une intervention aux accents de précampagne électorale.

Cette loi, «va passer parce qu’elle a été discutée (…) amendée», a-t-il justifié, assurant avoir le soutien des syndicats réformateurs et d’une majorité de députés socialistes.

Faute de majorité, son gouvernement a pourtant dû recourir la semaine dernière à une arme constitutionnelle pour obtenir l’adoption du texte en première lecture sans en passer par le vote des députés.

Ce passage en force n’a pas mis fin à la contestation. Mardi matin, des routiers ont ouvert une nouvelle semaine de mobilisation en bloquant des sites, notamment portuaires et pétroliers, dans l’ouest de la France.

À Toulouse (sud-ouest), des militants s’en sont pris à la permanence d’un député socialiste, tandis qu’à Nantes (ouest), les forces de l’ordre ont repoussé avec des lances à eau des activistes qui jetaient des projectiles sur la préfecture.

De nouvelles manifestations sont également prévues mardi et jeudi et des grèves sont attendues dans les transports toute la semaine. «Quand on n’est pas entendu, il faut essayer de se faire entendre», a résumé Philippe Martinez, le numéro un du syndicat contestataire CGT.

L’objectif affiché de la réforme est d’assouplir les règles du droit du travail pour lutter contre un chômage qui affecte 10 % de la population. Mais pour ses détracteurs, le projet de loi est trop favorable aux entreprises et risque d’accroître la précarité des salariés.

Depuis plus de deux mois, ses opposants, venus majoritairement des rangs de la gauche, battent le pavé. Les cortèges se sont peu à peu clairsemés, mais ils se sont durcis avec des violences, en particulier contre les forces de l’ordre.

Les casseurs «ça suffit !», a lancé le président, en évoquant «plus d’un millier d’interpellations, 60 condamnations» et «350 policiers blessés» depuis le début du mouvement.

Les syndicats policiers ont d’ailleurs appelé à descendre dans la rue mercredi pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une «haine anti-flic».


François Hollande et la présidentielle : »J… par Europe1fr

Lapsus révélateur

Dans ce contexte agité, le président Hollande, qui recueille seulement 15 % d’opinions favorables dans les sondages, ne semble pas prêt à renoncer à une autre bataille: celle de sa réélection.

Même s’il n’a pas encore officiellement dévoilé ses intentions pour 2017, il s’échine depuis des semaines à défendre son mandat, enchaîne les annonces en faveur de son électorat (revalorisation des salaires des fonctionnaires, primes pour les instituteurs…) et s’évertue à s’imposer comme le candidat naturel de la gauche.

La France «va mieux», a-t-il redit mardi en s’appuyant sur une légère embellie économique et des créations d’emploi qui pourraient permettre d’annoncer des réductions d’impôts à l’été.

Soucieux de s’ancrer à gauche, il a accusé l’opposition de droite de vouloir supprimer 350 000 postes de fonctionnaires, de proposer une taxation «injuste» de la consommation ou de vouloir favoriser les revenus du capital.

«Il n’y a pas d’alternative de gauche», a-t-il également assuré, alors que son ministre de l’Économie Emmanuel Macron a fondé un mouvement «ni à droite ni à gauche», tandis que son ancien ministre Arnaud Montebourg veut bâtir «un grand projet alternatif» plus à gauche.

«Si je ne suis pas… si la gauche n’est pas reconduite, ce sera la droite qui l’emportera ou l’extrême droite», a-t-il enchaîné dans un lapsus révélateur.

Reste l’épineuse question du chômage, dont François Hollande a fait du recul la condition d’une nouvelle candidature. «La bataille n’est pas gagnée», a-t-il reconnu, en s’affichant, là encore, volontariste: «je me bats tous les jours».

«C’est un discours électoral», en a conclu l’ancien premier ministre de droite Jean-Pierre Raffarin. «François Hollande est en campagne», a renchéri le sénateur d’opposition Bruno Retailleau, évoquant un «exercice mélangeant approximation et méthode Coué, mâtiné d’une dose de cynisme». AFP

Laisser un commentaire

*