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Frontière turco-syrienne : Des chasseurs turcs interceptent un avion russe

Frontière turco-syrienne : Des chasseurs turcs interceptent un avion russe

Des F-16 turcs ont intercepté samedi un avion de combat russe violant l’espace aérien turc.PHOTO UMIT BEKTAS, ARCHIVES REUTERS


Ankara a vivement protesté auprès de Moscou après l’interception par des chasseurs F-16 turcs samedi d’un avion de combat russe violant l’espace aérien turc à la frontière syrienne, a annoncé lundi le ministère turc des Affaires étrangères.

L’ambassadeur de Russie à Ankara a été immédiatement convoqué et les autorités turques lui ont fait part de leur «vive protestation» au sujet de cette violation qui s’est produite à 9 h 08 GMT (5 h 08, heure de Montréal) à la hauteur de la province de Hatay (sud-est), selon un communiqué. L’avion a été contraint de rebrousser chemin.

Ankara a aussi demandé à la Russie d’«éviter une répétition de cet incident» et fait savoir que le cas échéant, «la Fédération de Russie serait considérée responsable de tout événement non voulu» qui pourrait avoir lieu.

Le ministre turc des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu a appelé au téléphone son homologue russe Sergueï Lavrov et lui a transmis ce même point de vue, précise le document. Le chef de la diplomatie turque s’entretiendra de cette affaire notamment avec le secrétaire général de l’OTAN.

L’ambassadeur de Grande-Bretagne en Turquie, Richard Moore, a dénoncé la violation russe sur son compte Twitter: «L’incursion de la Russie dans l’espace aérien turc est irresponsable et inquiétante. Le Royaume-Uni et ses autres alliés de l’OTAN sont aux côtés de la Turquie».

Le régime islamo-conservateur turc s’oppose à la participation de la Russie à la guerre en Syrie.

La campagne de frappes que la Russie mène en Syrie est «inacceptable», avait déclaré dimanche le président turc Recep Tayyip Erdogan, estimant que Moscou commettait «une grave erreur».

La Russie affirme que ses frappes sont dirigées uniquement contre le groupe armé État islamique, mais Ankara et ses alliés occidentaux accusent Moscou de concentrer ses attaques sur les forces syriennes modérées.

La Russie et la Turquie, membre de l’OTAN et alliée de la coalition internationale qui mène des frappes contre l’EI, s’opposent profondément sur la Syrie depuis le début du conflit en 2011. Ankara demande le départ de Bachar al-Assad qui bénéficie du soutien indéfectible de Moscou qui lui apporte une aide militaire massive.

BA/at

La Turquie activera ses règles d’engagement si son espace aérien est violé

La Turquie activera ses règles d’engagement si son espace aérien est violé, a prévenu le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, après l’incident à la frontière syrienne provoqué par un avion russe.

«Nos règles d’engagement sont claires pour quiconque viole notre espace aérien», a déclaré M. Davutoglu lors d’un entretien à la chaîne privée Haber-Türk, indiquant que les forces armées turques avaient reçu pour ordre d’intercepter «même un oiseau».

Le chef du gouvernement turc a cependant tenu à préciser que «le dossier syrien ne constitue pas une crise entre la Turquie et la Russie» qui ont d’importants intérêts commerciaux.

«Nos canaux de dialogue restent ouverts», a souligné M. Davutoglu, espérant que Moscou abandonnerait ses «positions erronées» sur la crise syrienne en général.

Deux chasseurs turcs «harcelés» par un MiG-29 non identifié

Deux chasseurs F-16 de l’aviation turque ont été «harcelés» dimanche lors d’une mission de patrouille par un MIG-29 non identifié à la hauteur de la frontière syrienne, a annoncé lundi l’armée turque sur son site internet.

«Deux de nos F-16 faisant partie d’une patrouille de 10 avions ont été harcelés (…) pendant 5 minutes 40 secondes», a affirmé le communiqué sans préciser si les avions étaient russes ou syriens.

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