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Inauguration du Canal de Suez: la présence de Hollande divise la presse

Inauguration du Canal de Suez: la présence de Hollande divise la presse

François Hollande le 23 juillet 2015 à Dijon | AFP | Bertrand Guay


La présence jeudi de François Hollande aux côtés de « Sissi imperator » pour l’inauguration d’une seconde voie du canal de Suez divise les éditoralistes, certains se félicitant de cette alliance et d’autres déplorant que Paris « ferme les yeux » sur la répression sanglante menée par le régime égyptien.

Philippe Gélie (Le Figaro) est de ceux qui se réjouissent que « la France se voit accorder la place d’honneur dans ces cérémonies » car « elle la mérite et il est heureux que le président de la République l’ait acceptéee ». Soulignant « la coopération actuelle, en plein développement, entre Le Caire et Paris », l’éditorialiste du journal conservateur estime que ceux qui relèvent que le respect des droits de l’Homme n’est pas « irréprochable » en Egypte, « oublient…les défis auxquels fait face ce pays millénaire et les périls qui menacent sa région ».

Avec cette inauguration, Abdel Fattah al-Sissi brandit « l’arme de la croissance » contre « le terrorisme », veut croire Daniel Fortin (Les Echos). Et le président français sera le « VIP d’honneur de la parade » titre le Parisien en page intérieure.

S’il s’agit bien sûr pour les autorités françaises de faire « de bonnes affaires », analyse François Ernenwein (La Croix), l’Egypte est également « devenue une alliée importante contre le terrorisme islamiste dans la région », ce qui « conduit les Occidentaux à tempérer leurs critiques du régime » et à « ne pas insister sur le respect du droit et des libertés ».

« L’homme fort de l’Egypte, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat militaire et plébiscité président avec un score (96,2%) encore supérieurs à ceux de Moubarak, a remis l’armée aux commandes et règne sans partage sur ce pays de 85 millions d’habitants. Il n’y a pas de Parlement. Une répression implacable vise les Frères musulmans, mais aussi tous ceux qui avaient cru au grand rêve de liberté de la place Tahrir », énumère pour mémoire Marc Semo dans Libération. « Le président français trouvera-t-il les mots pour rappeler à son hôte que de telles pratiques sanglantes alimentent le radicalisme qu’elles prétendent éradiquer? », s’interroge-t-il.

Pour Bruno Dive (Sud-Ouest), ces considérations ne sont pas d’actualité pour un Hollande qui « se retrouve seul chef d’État ou presque aux côtés d’un Sissi imperator et peu regardant sur les droits de l’homme ou le respect de l’opposition ». « Suez vaut bien une messe », ironise-t-il, « et le doux bruit du Rafale, que l’on ferme les yeux sur quelques dérives… »

 

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