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Internet: la propagande jihadiste en ligne continue

Internet: la propagande jihadiste en ligne continue

Les groupes extrémistes parviennent toujours à mener leur propagande en ligne malgré les efforts de Facebook, Twitter et YouTube pour supprimer ces contenus de leurs plateformes, a déploré mercredi une commission sénatoriale américaine.

Internet: la propagande jihadiste en ligne continue
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Les groupes extrémistes parviennent toujours à mener leur propagande en ligne malgré les efforts de Facebook, Twitter et YouTube pour supprimer ces contenus de leurs plateformes, a déploré mercredi une commission sénatoriale américaine.

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Internet: la propagande jihadiste en ligne continue

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Les groupes extrémistes parviennent toujours à mener leur propagande en ligne malgré les efforts de Facebook, Twitter et YouTube pour supprimer ces contenus de leurs plateformes, a déploré mercredi une commission sénatoriale américaine.

De leur côté, ont relevé les sénateurs de la Commission du commerce lors d’une audition, le groupe Etat islamique, Al Qaïda et d’autres mouvements extrémistes ont adapté leurs méthodes et l’utilisation de robots pour contourner l’intelligence artificielle et les algorithmes sur lesquels misent beaucoup les géants américains des réseaux sociaux.

Ils se tournent également vers de plus petites plateformes et applications de messagerie cryptées comme Telegram, même si celles-ci n’offrent pas un accès au grand public.

Les trois groupes étaient donc invités à s’expliquer sur leur stratégie, notamment sur la question de l’anonymat qui, s’il peut bénéficier à des opposants pour dénoncer des régimes répressifs, sert aussi aux jihadistes pour mener librement leur propagande, ont dit les sénateurs.

«Ces plateformes ont créé une façon nouvelle et étonnamment efficace pour les acteurs malfaisants d’attaquer et de faire du mal», a ainsi dénoncé le sénateur Ben Nelson. Et les efforts que fournissent les trois entreprises, a-t-il ajouté, sont conséquents, mais «pas suffisants».

YouTube, a pourtant affirmé une de ses directrices Juniper Downs, retire automatiquement 98% des vidéos qui promeuvent la violence grâce aux algorithmes.

Monika Bickert, une responsable de Facebook sur le contreterrorisme, a assuré que sur le plus grand réseau social du monde, 99% des contenus de l’EI et d’Al Qaïda «sont détectés et retirés avant même d’être signalés et, dans certains cas, avant qu’ils ne soient en direct sur le site».

«C’est un jeu du chat et de la souris et nous sommes constamment en train de nous adapter», a reconnu pour sa part Carlos Monje, un directeur de Twitter.

Le réseau au petit oiseau bleu, a-t-il affirmé, estime à moins de 5% le nombre de faux comptes anonymes, sur les quelque 300 millions d’utilisateurs. Mais «ils reviennent encore et encore…» à mesure qu’ils sont supprimés. «Nous combattons désormais quatre millions de comptes malveillants automatisés par semaine».

Pour Clint Watts, chercheur sur l’utilisation d’internet par les groupes terroristes à l’institut Foreign Policy, «les réseaux sociaux continuent de se faire battre en partie parce qu’ils se reposent grandement sur la détection technique».

«L’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique vont grandement aider à nettoyer l’activité malfaisante», a estimé M. Watts, «mais dans un futur proche, échoueront à détecter celle qui est inédite».

En 2017, Google, Facebook, Twitter et Microsoft avaient annoncé leur alliance pour le partage d’informations sur les groupes qui publient des contenus violents ainsi que sur les techniques pour s’en prémunir. Ces entreprises rencontrent tous des problèmes liés aux comptes anonymes ou utilisés sous de fausses identités.

Ceci représente, pour Clint Watts, le «défi le plus pressant» pour ces géants.

Les groupes extrémistes, a-t-il toutefois expliqué, sont réellement gênés par la censure sur les réseaux sociaux.

«Ils cherchent un endroit où ils pourraient communiquer et s’organiser. Ils ont été capables de mener leur propagande au niveau mondial pour recruter» et cherchent à pouvoir continuer à le faire, a encore rappelé le chercheur devant la Commission. «Ils se cherchent une nouvelle maison, mais ils ne l’ont pas encore trouvée.»

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