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Investiture de Déby : la présence de la France critiquée chez le despote de N’Djamena !

Investiture de Déby : la présence de la France critiquée chez le despote de N’Djamena !

Investiture de Déby : la présence de la France critiquée chez le despote de N’Djamena !
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Jean-Yves Le Drian a assisté lundi à la cérémonie d'investiture du président tchadien Idriss Déby, principal allié de la France dans le guerre contre le terrorisme dans la région. Une présence condamnée par l'opposition tchadienne.

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Investiture de Déby : la présence de la France critiquée chez le despote de N'Djamena !

© Brahim Adji, AFP | Poignée de main échangée entre Jean-Yves Le Drian et Idriss Déby, le 29 avril 2016, au palais présidentiel de N’djamena.


Jean-Yves Le Drian a assisté lundi à la cérémonie d’investiture du président tchadien Idriss Déby, principal allié de la France dans le guerre contre le terrorisme dans la région. Une présence condamnée par l’opposition tchadienne.

“Nous sommes surpris et déçus que la France envoie son ministre de la Défense” à la cérémonie d’investiture d’Idriss Déby, a déclaré lundi 8 août le chef de file de l’opposition tchadienne Saleh Kebzabo. Jean-Yves Le Drian est en effet arrivé dimanche soir à N’Djamena pour participer lundi à la cérémonie d’investiture du chef de l’État tchadien, élu dans un climat de vives tensions après une élection qualifiée de “hold-up électoral” par l’opposition. “Idriss reste un homme populaire, critiqué pour ses methodes autoritaires et les contestations régulières dont il a régulièrement fait l’objet lors des derniers scrutins présidentiels”, estime François-Xavier Frelan, reporter à Jeune Afrique, interrogé par France 24.

La cérémonie, qui s’est déroulée dans un grand hôtel de la capitale en présence d’une dizaine de chefs d’État africains et d’autres invités, a été retransmise à la télévision d’État. L’opposition a organisé de son côté une opération “ville morte”. La veille, un jeune Tchadien a été tué par balle alors qu’il manifestait dans les rues de la capitale à l’appel de l’opposition, un rassemblement interdit par le pouvoir.

“La nature dictatoriale” du régime d’Idriss Deby

Idriss Deby, arrivé au pouvoir par la force en 1990, a été réélu en avril dernier dès le premier tour avec près de 60 % des voix, loin devant son premier poursuivant, Saleh Kebzabo (12,77 %). L’opposition conteste cette réélection et tente depuis plusieurs semaines d’unir ses forces face au chef de l’État. Vendredi, des opposants ont annoncé le dépôt devant la Haute cour de justice d’une plainte pour “haute trahison” contre le président tchadien. Parmi les sept griefs invoqués : “prise illégale du pouvoir par la violence”, “violation grave des droits de l’Homme” ou encore “détournement de fonds public et corruption”.

Les partis d’opposition demandent à la communauté internationale de reconnaître “la nature dictatoriale” du régime d’Idriss Deby. Ils reprochent notamment à la France, ancienne puissance coloniale, de fermer les yeux sur les “violations des droits de l’Homme” à l’intérieur du pays, allié actif des Occidentaux dans la lutte contre le groupe islamiste nigérian Boko Haram.

Et le silence de la France n’est pas récent. Il s’inscrit dans une histoire longue d’alliances avec les hommes forts du Tchad. Il faut dire que l’ancienne ville-garnison créée au début du XXe siècle par les militaires français qui ont colonisé le pays n’a jamais cessé d’être une zone convoitée par Paris. Avec près de 12 millions d’habitants, le Tchad, où cohabitent chrétiens et musulmans, occupe une zone stratégique.

Le Tchad, une place stratégique

Depuis l’indépendance du pays, les opérations militaires avec la France n’ont jamais cessé de se succéder. Idriss Déby est plus que jamais devenu un allié précieux de la France lorsqu’il s’est engagé dans la guerre contre le terrorisme, en s’attaquant notamment à la secte islamiste Boko Haram.

En première ligne aux côtés des soldats français, ses troupes sont parties à l’assaut des jihadistes du Nord-Mali en 2013, puis sont intervenues en 2014 en Centrafrique avant de se retirer à la suite d’accusations d’exactions. Toujours sur le front de la lutte contre Boko Haram, l’armée tchadienne a également lancé, au début de 2015, une vaste offensive au Cameroun, au Nigeria et au Niger contre les islamistes armés de la secte nigériane.

Aujourd’hui, le Tchad est le principal allié de la France dans la région, et Idriss Déby dispose de soutiens importants à Paris. Celui qui assure la présidence en exercice de l’Union africaine (UA) depuis fin janvier a acquis ces dernières années une stature de premier plan en positionnant sa redoutable armée à la pointe de la lutte contre le terrorisme. La capitale N’Djamena est d’ailleurs le QG de l’opération militaire française Barkhane – lancée depuis le 14 juillet 2014, à la suite des l’opérations des opérations Serval et Épervier – contre les groupes jihadistes au Sahel.

“Idriss Déby est un personnage qui fascine, c’est un peu un sphinx dans la région, notamment depuis la mort de Kadhafi, car il a récupéré l’aura de l’ancien président libyen, souligne François-Xavier Frelan. Il bénéficie auprès des Tchadiens de l’image d’un homme à poigne, qui peut sécuriser son pays. Et il a réussi à en faire une puissance régionale, notamment militaire. […] Pour la France, il est clair que le Tchad est l’un des soutiens les plus importants dans la région”. France 24

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