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La présidentielle aux Etats-Unis: Jusqu’où la Russie s’est-elle immiscée dans l’élection de Trump ?

La présidentielle aux Etats-Unis: Jusqu’où la Russie s’est-elle immiscée dans l’élection de Trump ?

La présidentielle aux Etats-Unis: Jusqu’où la Russie s’est-elle immiscée dans l’élection de Trump ?
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Jusqu'à quel point la main de Moscou a-t-elle battu les cartes de l'élection qui a amené Donald Trump à la Maison Blanche ? La réponse ne changera rien à l'issue du scrutin mais permettra d'étaler au grand jour les interférences de la Russie dans le processus démocratique.

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La présidentielle aux Etats-Unis: Jusqu'où la Russie s'est-elle immiscée dans l'élection de Trump ?

Jusqu’à quel point la main de Moscou a-t-elle battu les cartes de l’élection qui a amené Donald Trump à la Maison Blanche ? La réponse ne changera rien à l’issue du scrutin mais permettra d’étaler au grand jour les interférences de la Russie dans le processus démocratique.

Craignant que la question ne soit mise sous le tapis par la future administration Trump, des élus démocrates de haut rang ont réclamé au président Barack Obama qu’il rende publics avant son départ le 20 janvier les éléments montrant comment la Russie a interféré dans la présidentielle du 8 novembre.

« En sapant la confiance des Américains et des étrangers dans les institutions américaines, la Russie non seulement fragilise notre pays mais aussi génère de l’incertitude et de l’instabilité au niveau mondial« , ont expliqué des responsables démocrates de la Chambre des représentants dans un courrier à M. Obama publié mardi.

Donald Trump a toujours nié, y compris depuis son élection, que Moscou ait joué un rôle dans les révélations d’emails de proches de sa rivale Hillary Clinton, contribuant ainsi à la victoire du républicain. Les élus américains ne prétendent pas contester le résultat de l’élection, mais veulent rendre public le fait qu’un pays étranger ait pris des initiatives qui érodent les fondations de la démocratie américaine.

Obama doit en dire plus 

Le département de la Sécurité intérieure (DHS) et la direction du renseignement (DNI) américains ont accusé le 7 octobre la Russie d’avoir piraté des organisations politiques américaines et des systèmes électoraux dans le but « d’interférer dans le processus électoral américain« .

DHS et DNI faisaient référence à la publication par le le site WikiLeaks d’emails piratés sur les comptes de l’ancien directeur de campagne de Mme Clinton, John Podesta, et du parti démocrate.

Selon Susan Hennessey, ex avocate de l’agence de renseignement NSA devenue experte en cybersécurité au centre de réflexion Brookings, le problème de l’interférence de Moscou est réel et il ne s’agit pas de manœuvres politiciennes fomentées par des perdants amers. « L’élection était vraiment très serrée, c’était un événement important. Et c’est pour ça que c’est crucial d’avoir des réponses vraiment sérieuses à tout ça« , affirme-t-elle à l’AFP. Selon les élus démocrates informés par les agences de renseignement, davantage d’éléments sur ces piratages pourraient être rendus publics.

Le sénateur Ron Wyden et six autres démocrates membres de la Commission du renseignement du Sénat ont demandé au président Obama d’en dire plus, dans un courrier daté du 29 novembre. « Il y a des informations sur le gouvernement russe et l’élection américaine qui mériteraient d’être déclassifiées et rendues publiques« , ont-ils écrit, sans dire s’ils parlaient des piratages d’emails ou des relations économiques de Donald Trump avec la Russie.

‘Risible’ pour Trump 

Publiés au compte-goutte pendant des mois avant l’élection, ces emails ont fait des dégâts. Plusieurs d’entre eux émanant du parti démocrate, publiés juste avant la convention d’investiture du parti en juillet, ont conduit à la démission de sa présidente, Debbie Wasserman Schultz. Ils ont aussi révélé des détails sur les discours rémunérés de Mme Clinton devant des banquiers de Wall Street.

Ces révélations ont nourri les accusations d’une intervention de Moscou dans la campagne de M. Trump, qui a des entreprises en Russie et une vision moins antagoniste du président russe Vladimir Poutine que l’administration Obama et Mme Clinton.

Mais en dépit des conclusions des renseignements américains, Donald Trump a rejeté à plusieurs reprises l’idée selon laquelle Moscou est à l’origine de ces révélations.

Interrogé mercredi par le magazine Time qui lui demandait si ces conclusions étaient politiquement motivées, le président élu a répondu: « Je le crois« . « Je ne pense pas qu’ils soient (les Russes, NDLR) intervenus. C’est devenu risible, ce n’est pas un sujet de discussion. A chaque fois que je fais quelque chose, ils disent ‘Oh, c’est la Russie qui s’en est mêlée’« . « Ce pourrait être la Russie. Et ça pourrait être la Chine. Et ça pourrait être n’importe quel type chez lui dans le New Jersey« , a-t-il ajouté.

Les élus républicains n’ont pas voulu se joindre à cette demande, certains s’inquiétant d’une initiative qui plombe la présidence de Donald Trump avant même qu’elle ne commence.

Mais après le nouveau déni de M. Trump dans Time, le sénateur républicain Lindsey Graham a annoncé qu’il organiserait des auditions à ce sujet l’an prochain. Ces menaces ne visent pas seulement les Etats-Unis, souligne Mme Hennessey. Elle rappelle que WikiLeaks a publié la semaine dernière des documents sur l’agence allemande de renseignement (BND) qui a mis dans l’embarras la chancelière Angela Merkel, candidate à sa réélection fin 2017. Avec AFP

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