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La situation, au Burkina Faso, après l’attentat, à Ouagadougou

La situation, au Burkina Faso, après l’attentat, à Ouagadougou

A la différence du Mali voisin, le Burkina Faso avait, jusqu’à présent, été, largement, épargné par les violences extrémistes, bien que le pays ait connu des troubles politiques.

L’attaque terroriste de l’Aqmi, la première contre la capitale du Burkina, visait l’hôtel Splendid et le café-restaurant Cappuccino, prisés des Occidentaux et des soldats français, déployés dans le pays, dans le cadre de l’opération « Barkhane », mise sur pied, pour lutter contre les terroristes, au Sahel.

Elle a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique, (Aqmi), qui l’a attribuée à Al-Mourabitoune, le groupe terroriste algérien de Mokhtar Bel-Mokhtar, qui lui a fait allégeance, et qui était, déjà, impliqué dans l’attaque au scénario similaire, menée le 20 novembre contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako, au Mali.

L’attaque de Ouagadougou signale une expansion des opérations de la mouvance terroriste, dont les groupes forgent de nouvelles alliances, pour apparaître plus visibles, en écho à la montée en puissance de Daech, au Moyen-Orient.

«La situation que nous vivons, depuis hier, au Burkina Faso, est une situation inédite», a déclaré le Président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, qui s’est rendu, sur les lieux.

«Ce sont des actes ignobles, lâches, qui ont fait des victimes, parmi des personnes innocentes», a-t-il ajouté. «Nous appelons le peuple burkinabé à la vigilance et au courage, parce que nous devons intégrer des actes terroristes, comme partie intégrale de notre combat quotidien».

Le Président Kaboré, élu en novembre dernier, vient à peine de nommer son gouvernement.

L’ambassadeur de France, dans le pays, Gilles Thibault, donne, lui, un bilan de 27 morts et de 150 otages libérés, durant l’assaut, mené par les forces du Burkina Faso, appuyées par les forces françaises et américaines.

Le Quai d’Orsay a confirmé la présence d’une Française, parmi les blessés. Les autorités du Burkina Faso évoquent 33 blessés et quatre assaillants tués, dont un «Arabe» et deux «Noirs africains».

En plus de l’attaque de Ouagadougou, des Australiens, un médecin et sa femme, ont été enlevés, vendredi soir, dans le secteur de Baraboulé, dans le Nord du pays, près de la frontière malienne.

L’attaque du commando terroriste, dans la capitale, a commencé, vendredi soir, au moment où le quartier du Splendid est, habituellement, très fréquenté.

Les attaquants ont incendié des voitures et tiré en l’air, pour faire refluer la foule, dans le bâtiment, avant d’entrer dans l’hôtel et de prendre des otages.

Selon un médecin, ayant soigné certains des blessés, dans la première attaque, ceux-ci lui ont dit que les attaquants semblaient vouloir viser des Occidentaux.

Aux premières heures de samedi, les forces de sécurité du Burkina Faso, appuyées par les forces françaises et américaines, sont entrées, dans le Splendid, dont une partie du hall était en feu. Leur progression a été freinée, les Jihadistes ayant piégé à l’explosif les accès aux étages supérieurs de l’établissement.

Alors que s’achevait, en milieu de matinée, l’assaut contre l’hôtel, le gouvernement burkinabé faisait état de la poursuite d’opérations de sécurité, à l’hôtel Yibi, tout proche, où le dernier assaillant a été tué.

Le Président français, François Hollande, a évoqué une attaque «odieuse et lâche» et a assuré le président burkinabé de son soutien et de celui des forces françaises, au Burkina Faso.

L’ambassade de France a mis en place une cellule de crise. D’après le Quai d’Orsay, un peu plus de 3.900 Français sont installés, au Burkina Faso, dont un peu plus de 3.000, dans la capitale.

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