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Le G7 accuse les kabilistes de la MP de déstabiliser la Ceni

Le G7 accuse les kabilistes de la MP de déstabiliser la Ceni

L’encre du communiqué du Secrétariat de la Majorité présidentielle sommant les membres du bureau de la CENI issus des partis membres du G7 de démissionner n’avait pas encore séché que le doyen Charles Mwando pondait son communiqué de presse pour crier au  » crime de lèse-Constitution « . Pour le G7, rattacher les fonctions des membres de la CENI déjà en exercice aux formations politiques et les contraindre à la démission dévoile la conception qu’a la MP de l’indépendance de la Centrale électorale et de l’inamovibilité de ses membres.

La plateforme chère à Pierre Lumbi voit dans cette action  » une stratégie délibérée de bloquer ou, à tout le moins, de retarder le plus longtemps possible le processus électoral « . D’où l’appel lancé notamment à l’opposition et à la Société civile pour plus de vigilance de manière  » à ne pas céder à la tentation de déstabilisation de la CENI « . Autre front sur lequel le G7 estime la Constitution malmenée est celui de la nomination des commissaires spéciaux et leurs adjoints. Pour les 7,  » cette nomination amorce le processus de disqualification systématique de la Constitution et des lois républicains « .

COMMUNIQUE DE PRESSE DU G7

L’actualité politique en République Démocratique du Congo a été dominée au cours du mois d’octobre qui vient de s’achever par la démission du Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, Monsieur l’Abbé Apollinaire Malumalu et celle de son Vice-président, Monsieur André Pungwe, d’une part, et la nomination par ordonnance présidentielle des Commissaires spéciaux ainsi que de leurs adjoints à la tête de nouvelles provinces, d’autre part.

Si la démission de Monsieur l’Abbé Apollinaire Malumalu peut se comprendre en raison de son état de santé, celle de Monsieur André Pungwe fait, à l’évidence, suite aux fortes pressions que la Majorité présidentielle exerce actuellement sur les membres de la CENI comme indiqué dans son communiqué officiel du 31 octobre dernier.

Le G7 fait remarquer qu’en rattachant les fonctions des membres de la CENI déjà en exercice aux formations politiques et en les contraignant à la démission pour des raisons politiciennes, la Majorité présidentielle dévoile sa conception de l’indépendance de la CENI et de l’inamovibilité de ses membres. Elle porte, de ce fait, gravement atteinte à cette indépendance. En vérité, la démarche de la Majorité procède d’une stratégie délibérée de bloquer ou, à tout le moins, de retarder le plus longtemps possible le processus électoral. C’est, du reste, à cette même fin que la CENI est délibérément privée des moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions constitutionnelles et souvent empêchée de fonctionner normalement.

Ainsi, après avoir décrédibilisé le Parlement forcé à adopter à la hussarde des lois contraires à l’intérêt national, et la Cour constitutionnelle qui a donné sa caution à des violations intentionnelles de la Constitution, la Majorité présidentielle continue son plan de désacralisation et d’instrumentalisation des institutions de la République dans le seul but de s’éterniser au pouvoir contre la volonté du Peuple congolais.
A ce sujet, le G7 rappelle que dans sa lettre adressée au Chef de l’Etat le 14 septembre dernier, il a attiré l’attention du Peuple congolais et de la communauté internationale sur cette banalisation des institutions républicaines et sur le danger qu’elle comporte aussi bien pour la jeune démocratie congolaise que pour l’avenir de la RDC.

Si l’on y prend garde, la situation de crise dans laquelle la Majorité présidentielle est en train de précipiter la CENI actuellement compromettra à très court terme l’organisation des élections et la stabilité du Congo.

Aussi, le G7 invite t-il l’ensemble de la communauté nationale, plus particulièrement l’Opposition politique et la société civile à la vigilance, à ne pas céder à la tentation de déstabilisation de la CENI et à barrer la route à toutes velléités machiavéliques de créer le chaos afin de priver les Congolaises et Congolais de leur droit inaliénable de se choisir librement leurs dirigeants à des échéances régulières tel que prévues par la Constitution.

Quant aux Commissaires spéciaux et aux Commissaires spéciaux adjoints, le G7 relève que la nomination des politiciens à la place des élus à la tête de certaines provinces à laquelle le Président de la République vient de procéder est une violation flagrante de la Constitution et des lois n°08/012 du 13 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces et de programmation n°15/004 du 28 février 2015 déterminant les modalités d’installation de nouvelles provinces.

Cette nomination amorce le processus de disqualification systématique de la Constitution et des lois républicaines. Elle apporte, en plus, une preuve supplémentaire et lève toute équivoque quant à la détermination de la Majorité présidentielle de marcher sur la loi fondamentale en vue de proroger au-delà du terme constitutionnel et contre la volonté des Congolais les mandats des élus nationaux, plus spécialement celui du Président de la République.

En fait, la tentative de déstabilisation de la CENI et la nomination illégale des Commissaires spéciaux ainsi que de leurs adjoints ont fini par administrer la preuve, s’il en fallait encore une, que la Majorité présidentielle s’installe dans la logique d’un Etat de non droit.

Le G7 relève, en outre, que la nomination des Commissaires spéciaux issus exclusivement des rangs de la Majorité présidentielle ne vise autre chose que de quadriller l’ensemble du territoire national et les administrations provinciales des militants de la famille politique du Chef de l’Etat afin, d’une part, de brimer toute personne ayant une opinion ou une position contraire et, d’autre part, de préparer le tripatouillage des prochaines élections.

Tenant compte des actes que la Majorité présidentielle au pouvoir ne cesse de poser pour saborder le processus électoral, de sa mauvaise foi et de sa volonté manifeste de conduire le pays à l’impasse afin d’empêcher la tenue des élections démocratiques, le G7 persiste à croire que le dialogue politique promis par le Président de la République depuis bientôt 6 mois, n’a plus d’objet. Il est vidé de toute sa substance. En effet, dans sa stratégie du défi permanent au Peuple et du fait accompli, la Majorité présidentielle qui gère le pays, désormais sans grand cas à la légalité républicaine, par des anticipations répétées, s’emploie à donner ses propres solutions aux questions majeures censées pourtant être traitées par le Gouvernement et la CENI. En vérité, ce faux dialogue ne servira que de décor de légitimation d’un schéma préconçu par la Majorité présidentielle pour s’éterniser au pouvoir.

Le G7 réitère l’appel pressant qu’il a lancé à la CENI de publier, toutes affaires cessantes, le calendrier électoral réaménagé, tant dans sa lettre du 14 septembre dernier adressée au Président de la République que dans son communiqué de presse du 28 du même mois.

Il appelle, une fois de plus, toutes les forces vives de la nation congolaise qui militent en faveur de la sauvegarde de la Constitution du 18 février 2006 et des élections véritablement démocratiques, à ne pas se tromper de cible, au rassemblement et à leur implication active pour la réussite de notre lutte commune et l’atteinte de cet objectif majeur.

Le G7 demande avec insistance au Gouvernement de libérer la démocratie et le processus électoral.

Fait à Kinshasa, le 31 octobre 2015
Pour le G7
Le Président
Charles MWANDQ NSIMBA Député national

FDA
Forum des As

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