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Le génocide au Burundi !? Des Burundais fuient la capitale Bujumbura après l’expiration de l’ultimatum imposé aux rebelles

Le génocide au Burundi !? Des Burundais fuient la capitale Bujumbura après l’expiration de l’ultimatum imposé aux rebelles

Face à l’expiration ce dimanche de l’ultimatum du président Pierre Nkurunziza – qui avait laissé 5 jours à ses opposants pour déposer les armes -, de nombreux Burundais ont fui les quartiers contestataires du nord de Bujumbura.
 
Le président Pierre Nkurunziza avait donné à ses opposants jusqu’au samedi 7 novembre pour déposer les armes. L’ultimatum a donc expiré, ce dimanche, et dans les quartiers contestataires du nord de Bujumbura, la capitale burundaise, des habitants, apeurés, ont commencé à rassembler leurs affaires et quitter les lieux.
 
Les instances internationales et une partie de la population redoutent en effet que les propos menaçants du camp présidentiel ne déclenchent des violences de masse à l’expiration de l’ultimatum.
 
En début de semaine, le président Pierre Nkurunziza avait donné à ses opposants jusqu’à samedi soir pour “déposer les armes” en échange d’une amnistie, après quoi la police pourrait “user de tous les moyens”. Selon des témoins joints au téléphone par l’AFP, les populations fuyaient les quartiers à majorité tutsi du nord de la capitale pour se réfugier en périphérie ou dans des zones réputées plus calmes.
 
“Pulvériser les quartiers”
 
Pourtant, la plus haute autorité du pays a voulu se montrer rassurante. “Il n’y aura pas de guerre ni de génocide” au Burundi, a affirmé samedi Willy Nyamitwe, conseiller principal présidentiel en communication. “On ne permettra pas que ce pays retombe dans ses vieux démons”.
 
Mais certaines déclarations laissent penser le contraire. Fin octobre, le président du Sénat Révérien Ndikuriyo avait menacé de “pulvériser les quartiers” contestataires de Bujumbura, utilisant au passage le terme “travailler”. Un terme loin d’être anodin puisqu’il renvoie au génocide de 1994 au Rwanda voisin, qui fit 800 000 morts en trois mois, et où des miliciens hutu partant massacrer des Tutsi étaient encouragés à bien “travailler”.
 
Le ministre de la Sécurité publique, Alain-Guillaume Bunyoni, véritable numéro 2 du régime, a rappelé cette semaine aux habitants des quartiers contestataires, surtout tutsi, qu’ils étaient minoritaires face à la masse paysanne hutu favorable au président Nkurunziza. “Si les forces de l’ordre échouaient, on a neuf millions de citoyens à qui il suffit de dire : ‘Faites quelque chose’”, a-t-il lancé.
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“J’ai décidé de fuir”
 
“Dès que j’ai entendu le discours du président Nkurunziza et les propos de ses ministres, j’ai décidé de fuir car j’ai compris que les choses ont changé”, a confié Marie, une secrétaire quadragénaire qui a trouvé refuge avec ses cinq enfants chez une parente, dans un quartier plus calme de Bujumbura. “J’ai été terrorisée, j’ai compris que cette fois ils allaient nous tuer jusqu’au dernier”, a-t-elle ajouté. Son mari, lui, est resté par “crainte des pillages”.
 
“Il ne reste pratiquement que des hommes qui protègent leurs biens et des jeunes, tous les autres ont fui”, renchérit un habitant du quartier de Mutakura sous couvert d’anonymat.
 
Au fil de la semaine, l’ONU, les États-Unis et la France se sont successivement alarmés du risque de violences ethniques à grande échelle au Burundi, attisé par les propos “incendiaires” du camp du président Nkurunziza, désireux de mettre fin à la contestation agitant son pays depuis le printemps.
 
“Reprise du dialogue”
 
Signe de l’urgence de la situation, l’émissaire américain pour l’Afrique des Grands Lacs, Thomas Perriello, devait arriver au Burundi ce dimanche, et y rester trois jours, pour exhorter toutes les parties au “maximum de retenue” et à la “reprise du dialogue”, selon le département d’État.
 
La candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, contraire à la Constitution et à l’accord d’Arusha ayant mis fin à la guerre civile, a plongé le Burundi dans une grave crise.
 
La répression de manifestations et la réélection en juillet de Nkurunziza n’ont pas empêché l’intensification des violences, désormais armées. La crise a déjà fait au moins 200 morts depuis la fin avril, et quelque 200 000 réfugiés.
 
ARTV avec AFP

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