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Le régime syrien bombarde sans répit, le fief rebelle de la Ghouta malgré les protestations

Le régime syrien bombarde sans répit, le fief rebelle de la Ghouta malgré les protestations

Pour la quatrième journée consécutive, les avions du régime ont largué bombes et barils d’explosifs sur le fief rebelle de la Ghouta orientale près de Damas tuant au moins 24 civils, malgré les protestations internationales pour stopper le bain de sang.

Le régime syrien bombarde sans répit, le fief rebelle de la Ghouta malgré les protestations
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Pour la quatrième journée consécutive, les avions du régime ont largué bombes et barils d'explosifs sur le fief rebelle de la Ghouta orientale près de Damas tuant au moins 24 civils, malgré les protestations internationales pour stopper le bain de sang.

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Le régime syrien bombarde sans répit un fief rebelle malgré les protestations

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Pour la quatrième journée consécutive, les avions du régime ont largué bombes et barils d’explosifs sur le fief rebelle de la Ghouta orientale près de Damas tuant au moins 24 civils, malgré les protestations internationales pour stopper le bain de sang.

Depuis le début dimanche d’une nouvelle campagne aérienne contre cette enclave où sont assiégés quelque 400 000 habitants, 296 civils, dont 71 enfants et 42 femmes, ont été tués et quelque 1400 blessés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Plusieurs hôpitaux ont été mis hors service et les destructions sont énormes dans cette vaste région asphyxiée depuis 2013 par un siège du régime et en proie à une crise humanitaire aiguë, avec des cas de malnutrition et de personnes affamées.

Mercredi, de nouvelles frappes ont coûté la vie à au moins 24 civils dont trois enfants et fait plus de 200 blessés, a précisé l’OSDH qui s’appuie sur un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.

Les raids ont ciblé plusieurs localités, principalement Hammouriyé. Outre des bombes, les avions ont largué des barils d’explosifs, une arme qui tue de manière aveugle et dont l’utilisation est dénoncée par l’ONU et des ONG, a poursuivi l’Observatoire.

Selon un correspondant de l’AFP à Hammouriyé, de nombreux immeubles résidentiels ont été détruits dans les frappes et presque personne ne s’aventurait à l’extérieur. À l’exception des secouristes qui recherchent des survivants dans les décombres. Mercredi, ils ont retiré cinq enfants vivants des ruines.

À Hammouriyé également, les étages supérieurs de l’hôpital sont hors service et les blessés sont placés au sous-sol.

En outre, des habitants creusent des ouvertures sous leurs maisons pour se protéger des bombes.

En attendant l’assaut terrestre

Dans un hôpital de Douma, une autre ville de la Ghouta, une infirmière raconte l’admission mardi d’une femme enceinte de six mois, retirée de sous les décombres. «Elle était grièvement blessée. Nous avons déclenché un accouchement par césarienne, mais ni l’enfant ni la mère n’ont pu être sauvés», a dit Maram à l’AFP.

À quelques mètres, Mohammed, 25 ans, portait dans ses bras la fille de ses voisins, morte sous les ruines d’un immeuble effondré à Douma. «Quel crime cette fille a-t-elle commis? répétait-il à tue-tête, alors que le sort de sa propre famille reste inconnu.

L’OSDH a rapporté mardi que l’aviation de la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, avait participé le même jour aux raids sur la Ghouta orientale. Ce que Moscou a démenti.

La nouvelle campagne aérienne a commencé le jour où le régime a renforcé ses positions autour de cette région en prévision d’un assaut terrestre qui n’a pas encore été lancé.

Le régime cherche à reprendre cette enclave, d’où les rebelles tirent des obus parfois meurtriers sur la capitale. La Ghouta orientale est le dernier bastion contrôlé par les rebelles près de Damas.

Selon le quotidien Al-Watan, proche du régime syrien, les frappes «sont un prélude à une opération d’envergure (terrestre), laquelle peut commencer à tout moment».

Le régime a réussi à reprendre plusieurs localités rebelles des environs de Damas, en vertu d’accords dits de «réconciliation», qui se traduisent par l’évacuation des combattants en échange de la fin des bombardements et sièges.

Avant la Ghouta orientale, plusieurs zones rebelles, comme la vieille ville de Homs en 2012 ou Alep en 2016, ont été écrasées par des bombardements et un siège asphyxiant imposé par le régime pour forcer les insurgés à déposer les armes et les civils à fuir.

Impuissance

Le conflit en Syrie déclenché le 15 mars 2011 a fait plus de 340 000 morts. Après avoir d’abord opposé les rebelles au régime, il s’est complexifié avec l’implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères.

Grâce à l’intervention militaire en 2015 de la Russie, le régime Assad, qui était en mauvaise posture, a réussi à reprendre le contrôle de plus de la moitié du pays, multipliant les victoires face aux rebelles et jihadistes.

Les frappes du régime ont repris malgré les protestations de la communauté internationale qui de nouveau a montré son impuissance sur le conflit en Syrie.

Les bombardements de civils «doivent cesser maintenant», a déclaré mardi le coordinateur de l’ONU pour l’aide humanitaire en Syrie, Panos Moumtzis.

Washington a dénoncé les «tactiques» du régime consistant à «assiéger et affamer» et le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian a annoncé des visites à Moscou et Téhéran, les deux principaux appuis de M. Assad.

Mais pour le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), «aucun mot ne rendra justice aux enfants tués, à leurs mères, leurs pères, et à ceux qui leur sont chers».

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