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Le sort de Christine Lagarde, patronne du FMI, décidé ce lundi à 14h00 GMT

Le sort de Christine Lagarde, patronne du FMI, décidé ce lundi à 14h00 GMT

Le sort de Christine Lagarde, patronne du FMI, décidé ce lundi à 14h00 GMT
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La justice française se prononce lundi sur le sort de la patronne du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, accusée d'avoir permis par "négligence" un immense détournement de fonds publics quand elle était ministre de l'Economie dans son pays.

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La justice française se prononce lundi sur le sort de la patronne du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, accusée d’avoir permis par « négligence » un immense détournement de fonds publics quand elle était ministre de l’Economie dans son pays.

La décision sera prononcée à 14H00 GMT à Paris par la Cour de justice de la République (CJR), une instance hybride, mi-politique mi-judiciaire, spécialement créée pour juger les ministres et anciens ministres français pour les faits commis dans l’exercice de leur fonction.

Christine Lagarde, une ancienne avocate internationale âgée de 60 ans, risque jusqu’à un an de prison et 15.000 euros d’amende. Le parquet a requis une relaxe et son entourage à Washington affichait un certain optimisme à la veille de la décision.

Durant le procès, qui s’est tenu la semaine dernière, elle s’était mise « en congé » du FMI, où elle a été reconduite haut la main l’été dernier.

Ni elle, ni l’institution internationale n’ont précisé quelles seraient les conséquences d’une éventuelle condamnation sur sa carrière.

Vendredi, Christine Lagarde, jusque-là maîtresse d’elle-même, avait réprimé un sanglot en remerciant la Cour pour « cinq jours d’audience (qui ont mis) fin à cinq années d’épreuve ».

Se disant prête à « assumer » ses responsabilités, l’ex-ministre française de l’Economie (2007-2011) du président de droite Nicolas Sarkozy a assuré avoir agi à ce poste « avec pour seul objectif la défense de l’intérêt général ».

La source de ses ennuis remonte au début des années 90, quand la banque publique Crédit Lyonnais a acheté l’équipementier sportif Adidas à l’homme d’affaires et ancien ministre de gauche Bernard Tapie. Celui-ci s’estime alors floué dans la procédure et entame une procédure judiciaire.

Pour mettre fin à des années de guérilla judiciaire, le ministère de l’Economie choisit en 2007, contre l’avis d’un organe consultatif, de recourir à un arbitrage privé. Les trois juges arbitraux accordent l’année suivante la somme faramineuse de 404 millions d’euros, pris sur les deniers publics, à Bernard Tapie.

‘Coup de poing dans l’estomac’ 

Or, il s’avèrera que l’arbitrage était frauduleux. Annulé en 2015 au civil, il fait l’objet d’une enquête pénale pour « détournement de fonds publics » et « escroquerie », distincte de celle qui vise la directrice générale du FMI.

L’ancien directeur de cabinet de Mme Lagarde, Stéphane Richard, aujourd’hui PDG du groupe de télécommunications Orange, est inculpé dans ce dossier. Au nom des droits de la défense, il a refusé de témoigner au procès de son ancienne patronne.

Sans le nommer, celle-ci a dit avoir agi « en confiance » dans le dossier Tapie, laissant entendre qu’occupée à régler la crise financière de 2008, elle avait suivi les conseils de ses conseillers « dans cette affaire d’arbitrage » qui n’était « pas une priorité ».

« Le risque de la fraude m’a totalement échappé », a reconnu vendredi Christine Lagarde, qui n’est pas soupçonnée d’avoir participé à la fraude mais d’avoir par « négligence » laissé l’arbitrage s’organiser, alors qu’il risquait d’être défavorable aux intérêts du contribuable.

La justice lui reproche aussi de ne pas avoir introduit de recours contre la décision des arbitres malgré le montant exorbitant alloué à Bernard Tapie. « C’est quand même un coup de poing dans l’estomac, ça doit vous faire réagir ! » lui a lancé, pugnace, la présidente de la CJR Martine Ract Madoux.

A l’époque Christine Lagarde conclut, un peu rapidement selon les enquêteurs, que les arguments juridiques pour un recours sont trop minces. « Devant une décision aussi scandaleuse, même si nous n’avions qu’une chance sur mille de gagner », il fallait y aller, a au contraire affirmé mercredi Bruno Bézard, un haut fonctionnaire du ministère qui s’était opposé, en vain, à l’arbitrage.

« Prendre une mauvaise décision n’est pas (…) en soi seul un délit », a toutefois estimé dans son réquisitoire le procureur général Jean-Claude Marin. Et de lancer aux juges: « c’est à la frêle limite entre le politique et le judiciaire que vous aurez à vous déterminer. » afp

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