Share
États-Unis : «une opération militaire» l’expulsion des clandestins, martèle Donald Trump

États-Unis : «une opération militaire» l’expulsion des clandestins, martèle Donald Trump

États-Unis : «une opération militaire» l’expulsion des clandestins, martèle Donald Trump
Summary:
Le président américain Donald Trump a affirmé jeudi que les efforts engagés par son administration pour expulser certains immigrés clandestins des États-Unis était «une opération militaire», des propos contredits par son ministre à la Sécurité intérieure.

0%

L'expulsion des clandestins est «une opération militaire», dit Trump

Le président américain Donald Trump a affirmé jeudi que les efforts engagés par son administration pour expulser certains immigrés clandestins des États-Unis était «une opération militaire», des propos contredits par son ministre à la Sécurité intérieure.

«Vous voyez ce qui se passe à la frontière. Soudain, pour la première fois (…) nous mettons les très mauvais gars dehors, et cela à un rythme jamais vu», a-t-il déclaré au début d’une rencontre avec des dirigeants d’entreprises à la Maison-Blanche.

«Et c’est une opération militaire», a-t-il ajouté.

À peine deux heures plus tard, son secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly, affirmait l’inverse depuis Mexico.

Les États-Unis ne feront «pas usage de l’armée en matière migratoire», a-t-il affirmé lors d’un point de presse au côté du secrétaire d’État Rex Tillerson et de leurs homologues mexicains.

Les agents des services de l’immigration (ICE) sont des civils, pas des militaires.

Le département de la Sécurité intérieure a autorisé mardi ces derniers à interpeller la plupart des personnes en situation irrégulière qu’ils rencontreraient dans l’exercice de leur fonction, ne faisant une exception explicite que pour les sans-papiers arrivés enfants sur le territoire, les «Dreamers».

L’opposition démocrate au Congrès et les associations de défense des sans-papiers ont dénoncé une politique «d’expulsions de masse», un terme contesté avec force par l’exécutif.

SANS-PAPIERS AUX ÉTATS-UNIS: COMBIEN ET COMMENT?

Le président mexicain Enrique Pena Nieto recevait jeudi à Mexico le secrétaire d’État américain Rex Tillerson pour discuter des projets de Washington visant à réduire l’immigration clandestine.

Les immigrés clandestins aux États-Unis sont originaires en premier lieu du Mexique. Or les sans-papiers, selon le président américain Donald Trump, représentent «une grande menace pour la sécurité nationale et la sûreté du public».

Voici quelques données sur ces clandestins: combien sont-ils, d’où viennent-ils, prennent-ils les emplois des Américains?

Combien de clandestins, d’où viennent-ils?

Quelque 11,1 millions d’immigrés clandestins vivent aux États-Unis, selon l’institut Pew, sur une population totale de 324,6 millions d’habitants. Leur nombre a un peu diminué en raison d’un renforcement des contrôles et du contexte économique: ils étaient 12,2 millions en 2007, juste avant la crise économique. Environ 5,9 millions d’entre eux viennent du Mexique, 700 000 du Salvador, 525 000 du Guatemala, et 350 000 du Honduras.

Sont-ils arrivés récemment?

Non. Deux-tiers d’entre eux vivent dans le pays depuis plus de 10 ans, et 86% depuis plus de 5 ans. Beaucoup ont fondé une famille et ont un travail stable.

Prennent-ils les emplois des Américains?

Les immigrés occupent des emplois aux États-Unis, mais avec un taux de chômage très bas à 4,8%, considéré comme du plein emploi, les Américains n’ont pas de mal à trouver du travail.

La police des frontières sous pression

La sécurité aux frontières s’est renforcée et le nombre de clandestins s’est stabilisé depuis plusieurs années, mais contenir l’immigration clandestine à ce niveau est déjà difficile, selon les responsables américains. Interpeller ceux qui tentent de franchir la frontière «met de la pression de manière significative sur les ressources» du ministère de la Sécurité intérieure, selon ce dernier.

Au cours de l’année budgétaire 2016, qui s’est terminée le 30 septembre, les polices des frontières ont interpellé environ 530 000 personnes et en ont expulsé 451 000.

Sur la même période, quelque 534 000 affaires d’immigration ont été portées en justice dans le pays, soit plus du double d’il y a deux ans.

Les clandestins commettent-ils davantage de délits?

Globalement non. Selon le chercheur Alex Nowrasteh, du Cato Institute, les données montrent que «les immigrés sont moins nombreux à commettre des délits que les Américains de souche, ou n’ont pas d’effet sur le taux de délinquance et de criminalité».

Le fait que les immigrés qui commettent des délits peuvent être expulsés constitue un puissant moyen de dissuasion, explique M. Nowrasteh. En outre, les immigrés clandestins sont moins susceptibles de commettre des délits étant donné qu’ils sont nombreux à venir pour des raisons économiques.

Laisser un commentaire