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Michel AMINE-RCA: Mémorandum adressé au S.G. des Nations Unies en visite en RCA

Michel AMINE-RCA: Mémorandum adressé au S.G. des Nations Unies en visite en RCA

Mémorandum adressé par l´Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès en République Centrafricaine (UNDP-RCA) au Secrétaire Général des Nations Unies en visite en RCA ce 24 octobre 2017

Monsieur le Secrétaire Général,

Honorable Mr Antonio Guterres,

C´est un honneur pour l´UNDP-RCA en général et pour moi-même en particulier, président-fondateur de ce premier parti sur l´échiquier parlementaire de notre pays, de vous adresser ce mémorandum pour vous situer sur l´état sécuritaire globale en Centrafrique, selon notre point de vue, et sur notre vision de sortie de crise. Nous restons convaincus que la République Centrafricaine peut et doit redevenir un pays « normal », où femmes, hommes et enfants se meuvent d´un coin à l´autre du pays en sécurité, sans crainte d´être victimes d´agression, de tuerie ou de pillage, et vaquer ainsi avec fierté à leurs occupations quotidiennes.

Votre visite dans notre pays ensanglanté est un signe fort de votre bonne volonté de contribuer, au plus haut niveau, à le normaliser, pour mettre fin aux groupes armées et milices qui détruisent et tuent sans pitié des populations meurtries et sans espoir. Votre visite est donc vue par nous non pas seulement comme un geste de solidarité envers un peuple meurtri, mais bien plus, et avant tout, comme une haute mission à l´issue de laquelle des décisions de grandes importance et priorité seront prises pour mettre fin aux désordres dans la gestion de crises orchestrés par une politique de navigation à vue défavorable à la paix dont notre pays a jusqu´ici fait preuve.

Si notre pays constitue aujourd´hui un « environnement dangereux », pour vous emprunter cette expression, c´est surtout à cause de cette manque de vision d´un développement positif qui profite à tous, dans un pays aussi riche et béni de Dieu comme la Centrafrique.

Votre visite auprès des forces de maintien de la paix de votre organisation, qui est la première que vous effectuez depuis votre prise de fonction à la tête de cette grande institution qu´est l´ONU est un signal de votre bonne volonté auprès de notre peuple qui met beaucoup d´espoir en vos actions en faveur de sa paix.

Ceci est la marque de votre sympathie pour notre pays que vous connaissez bien et dont vous avez le souci de son devenir et portez à cœur les souffrances de ses fils et filles qui sont tués tous les jours et qui sont obligés de vivre leur enfer sur terre dans un pays pourtant libre. Ces fils et filles ont été si souvent oubliés dans leurs cris de détresse. Votre visite est donc la réponse attendue, le « oui, vous n´êtes pas seuls », qu´une nation tombée si bas attendait de recevoir comme une lumière qui jaillit du fond de ses ténèbres.

Monsieur le Secrétaire Général, l´envoi d´une force de maintien de la paix dans notre pays n´a malheureusement pas produit les fruits qu´on attendait d´elle. Sa mission « interpositionnelle » n´a pas suffit à apporter la paix souhaitée et attendue. Les exactions des groupes armées continuent, les tueries se multiplient dans les coins du pays, l´insécurité est plus que grandissante malgré cette présence. Les déplacements des populations continuent à l´intérieur du territoire national et vers les pays voisins. Les villages continuent d´être incendiés par des groupes armées que personne ne semble maîtriser. Cette situation continue de creuser le fossé de pauvreté des populations qui ne semblent plus savoir à quel saint se vouer. La tristesse des hommes et femmes de notre nation a atteint son paroxysme et la peur d´un déclenchement d´une guerre génocidaire n´est pas si loin ; chose qui doit impérativement être arrêtée avant qu´elle n´ait lieu sous nos yeux. L´histoire de l´Afrique doit-elle continuer de s´écrire autour des tueries et des génocides de ses populations ? La Centrafrique doit-elle devenir le nouveau théâtre du sang versé quand notre capacité d´arrêter le mal est pourtant prouvée ?

Ces questions, Monsieur le Secrétaire Général, qui nous viennent du fond du cœur, interpellent au plus haut niveau le sens de votre mission dans notre pays et exigent une reprécision de la mission des forces de maintien de la paix de l´ONU en Centrafrique. Si vous avez choisi d´effectuer votre première visite chez nous en cette journée dite « journée des Nations Unies », c´est, à notre entendement, pour écrire en lettre d´or le mot « assez ! » dans la charte de mission de vos forces dans notre pays, qui désormais, devront agir pour mettre fin aux groupes armées et à l´insécurité au sein de nos populations terrées dans la peur.

Nous sommes convaincus que vos forces peuvent faire plus, et doivent faire plus pour en finir avec le désordre dans notre pays. Nous sommes convaincus que vous avez en votre possession des hommes et des femmes de forte éthique capables de se donner à fond pour en finir avec les milices et groupes armées dans notre pays. Nous restons convaincus que ce n´est pas le nombre qui compte mais la qualité des personnes que vous envoyez dans notre pays. Nous avons besoin de stratèges qui nous appuient à venir à bout de ces groupes, à récupérer les armes des mains des rebelles et des jeunes désœuvrés qui en prennent facilement plaisir faute d´être occupés par un travail décent. Nous restons finalement convaincus que c´est la pauvreté de nos populations et le fort taux de chômage de nos jeunes qui poussent aux tueries qui ensuite prennent les allures de guerres tribales et de religions et deviennent ensuite des arguments de faiblesse pour justifier l´injustifiable.

Dans ce cas, la solution nous semble simple : mettre le pays en chantier vers son développement et donner du travail à notre jeunesse dans l´ensemble du pays et cesser de regarder seulement à la capitale. L´arrière pays est délaissé et oublié. Les potentialités sont énormes et l´agriculture restera notre salut. Les gens ont besoin de moyens pour produire et vivre de leurs productions. L´adage « là où la route passe, le développement suit » est une vérité qui, appliquée à notre pays, sera le salut de notre peuple. La question énergétique n´est pas du reste. Il n´y aura en définitive aucun succès de maintien de la paix sans des mesures concrètes d´accompagnement, qui seront autant de signes visibles que l´espoir peut renaître et que la paix peut être une réalité dans notre pays.

Il est vrai qu´aucune entreprise de développement ne peut se faire dans un contexte d´insécurité. Nous en sommes conscients. D´où, à notre sens, le développement des stratégies d´inclusion qui, tout en étant intransigeant vis-à-vis des criminels de guerre, gardent des ouvertures à intégrer les personnes de tout bord au processus de développement en les mettant au travail productif pour leur développement personnel et pour le bien-être de leurs familles. Selon notre sondage, plusieurs parmi les rebelles n´en demanderaient pas plus que cela.

Monsieur le Secrétaire Général, une conférence (inter)nationale sur le retour de la paix dans notre pays devient une nécessité que nous vous prions de convoquer dans un bref délais, en y associant toutes les couches et tendances de notre nation, occasion que nous voulons saisir pour tracer des lignes claires de notre sortie de crise pour nous mettre résolument au travail de développement de notre nation. Il ne s´agit nullement de ces genres de conférences au sommet qui font que des montagnes n´accouchent que d´une souris, mais d´une rencontre centrafricaine avec des Centrafricains/Centrafricaines et des amis et amies de la Centrafrique qui réfléchissent et mettent en œuvre des stratégies obligatoires de paix dans un pays qui en a besoin et qui, à défaut, risque de sombrer dans un génocide qui le guette.

En vous souhaitant un bon séjour sur nos terres, nous vous prions, Monsieur le Secrétaire Général et cher frère Antonio Guterres, de recevoir notre profonde reconnaissance et notre amitié au succès de vos missions et lourdes responsabilités à la tête des Nations Unies.

 

Pour l´UNDP-RCA,

Le Président National

Amine Michel

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Memorandum to the Secretary General of the United Nations visiting RCA this 24th of October 2017 from the National Union for Democracy and Progress in the Central African Republic (UNDP-RCA)

 

Mr. Secretary General,

Honorable Mr Antonio Guterres,

It is an honour for the UNDP-RCA in general and for me in particular, the founding president of this first political party on the parliamentary chessboard of our country, to present to you this memorandum aimed at briefing you on the security situation in the Central African Republic according to our perception, and on our vision to end the crisis. We remain convinced that the Central African Republic can and must become a “normal” country, where women, men and children move from one corner of the country to another in safety without fear of assaults or killings or plunder, and proudly attend to their daily business.

Your visit to our bloody country is a strong sign of your willingness to contribute, at the highest level, to normalize the country, to put an end to the armed groups and militias that are destroying and killing ruthless and hopeless people. Your visit is therefore seen by us not only as a gesture of solidarity to a bruised people, but even more, and above all, as a high mission, from which decisions of great importance and priority will be made to end disorder in the management of crises orchestrated by a policy of unsolicited navigation for peace that our country has experienced so far.

If our country is today seen as a “dangerous environment”, to borrow this expression from you, it is mainly because of this lack of vision of a positive development that benefits to all, in a country like the Central African Republic, as rich and blessed from God. Your visit to your organization’s peacekeeping force, which is your first since you took office at the head of this great UN institution, is a sign of your good will to our people which puts a lot of hope in your actions in favour of peace. This is also the mark of your sympathy to our country that you know well as well as a sign that you care about its future and take to heart the suffering of his sons and daughters who are killed every day and who are forced to live their hell on earth in a free country as ours. These sons and daughters have been so often forgotten in their cries of distress. Your visit is therefore the expected answer, the “yes, you are not alone”, that a nation fallen so low was expecting to receive as a light that springs from the depths of its darkness.

Mr. Secretary General, the dispatch of a peacekeeping force to our country has unfortunately not produced the expected fruits. Its “interpositional” mission was not enough to bring the desired peace. The atrocities of the armed groups continue, the killings multiply in the corners of the country, insecurity is more than growing despite this presence. Displacement continues within the national territory and to neighbouring countries. Villages continue to be set on fire by armed groups that nobody seems to control. This situation continues to widen the poverty gap of populations who do not seem to know which saint to devote themselves to. The sadness of the men and women of our nation has reached its climax and the fear of triggering a genocidal war is not so far, something that must be stopped before it takes place under our watchful eyes. Should the history of Africa continue to be written around the killings and genocides of its people? Should the Central African Republic become the new theatre of bloodshed when our capacity to stop the evil is proven?

These questions, Mr. Secretary General, which come to from the bottom of our hearts, challenge the meaning of your mission in our country at the highest level and require a new definition of the mission of the UN peacekeeping forces in the Central African Republic. If you have chosen to make your first visit to us on this day called “United Nations Day”, it is, to our understanding, to write in golden letters the word “enough!” in the charter of mission of your forces in our country, which from now on, will have to act to put an end to the armed groups and the insecurity within our populations holed up in fear.

We believe that your forces can do more, and must do more to end the mess in our country. We are convinced that at your disposal, you have men and women of strong ethics capable of giving their all to end the militia and armed groups in our country. We remain convinced that it is not the number that counts but the quality of the people you send to our country. We need strategists who support us in overcoming these groups, in recovering weapons from the hands of rebels and idle youths who easily enjoy them because they are not engaged in any decent work. We are finally convinced that it is the poverty of our populations and the high rate of unemployment of our youth which pushes to the killings which then take on the appearance of tribal and religious wars and then become arguments of weakness to justify the unjustifiable.

In this case, the solution seems simple: put the country on the road to its development and give work to our youth throughout the country and stop looking only to the capital. The hinterland is neglected and forgotten. The potential is enormous and agriculture will remain our salvation. People need means to produce and live from their products. The saying that “where the road passes, development follows” is a truth which, implemented in our country, will be the salvation of our people. The energy question is not the rest. There will ultimately be no peacekeeping success without concrete measures of accompaniment, which will be visible signs that hope can be reborn and that peace can be a reality in our country.

It is true that no development work can be done in a context of insecurity. We are aware of it. Hence, in our view, the development of inclusion strategies which, while being uncompromising towards war criminals, open avenues for integrating people of all sides into the development process by putting them to productive work for their personal development and the welfare of their families. According to our survey, many of the rebels would not ask for more than that.

Mr. Secretary General, an international conference on the return of peace in our country is becoming a necessity that we urge you to convene in a short time, involving all the layers and trends of our nation, an opportunity we want seize to draw clear lines of our exit from the crisis and to put us resolutely at work for the development of our nation. It is not about these kinds of conferences at the summit that make mountains only give birth to a mouse, but a Central African meeting with Central Africans and friends of the Central African Republic who reflect and put in place mandatory peace strategies in a country that needs them and, if not, risks falling into a genocide that lurks.

While wishing you a pleasant stay in our land, we plead with you, Mr Secretary General and dear Brother Antonio Guterres, to receive our deep gratitude and our friendship for the success of your missions and heavy responsibilities at the head of the United Nations.

 

For the UNDP-RCA,

The National President

Amine Michel

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