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MOZAMBIQUE: LE LEADER DE L’OPPOSITION ÉCHAPPE À DES TIRS CONTRE SON CONVOI

MOZAMBIQUE: LE LEADER DE L’OPPOSITION ÉCHAPPE À DES TIRS CONTRE SON CONVOI

Le président mozambicain Filipe Nyusi (d) et le leader de l’opposition Afonso Dhlakama (g), le 7 février 2015 à Maputo | AFP/Archives | Sergio Costa


Le leader d’opposition du Mozambique Afonso Dhlakama a échappé indemne à des tirs qui ont touché son convoi samedi soir, dénonçant une attaque ciblée de la police, qui a démenti.

Dans un premier temps, un inspecteur de police de la province de Manica (centre) a expliqué dimanche que les tirs venaient de policiers mais ne visaient pas le convoi du leader de l’ancienne rébellion de la Résistance nationale du Mozambique (Renamo).

« La police a ordonné à une voiture (qui ne faisait pas partie du convoi de la Renamo) de s’arrêter pour un contrôle de routine. Mais la voiture ne s’est pas arrêtée, donc la police a ouvert le feu », a déclaré l’inspecteur Manuel Lourenço. « Cependant un convoi de la Renamo passait par là et il a reçu des balles », a-t-il ajouté.

La voiture transportant M. Dhlakama a échappé aux tirs, qui ont touché les trois véhicules la suivant dans le convoi. Trois personnes ont été blessées, d’après un journaliste local, témoin de l’attaque.

Dans un deuxième temps dimanche après-midi, le commandant de la police de la province de Manica, Armando Mude, a contredit la version de son subalterne et nié toute implication des forces de l’ordre dans l’attaque.

« Les tirs provenaient d’individus non identifiés, » a déclaré à l’AFP le commandant Mude, ajoutant qu’il n’avait connaissance d’aucun membre de la Renamo admis dans un des hôpitaux de la province.

Afonso Dhlakama a réfuté ces explications et affirmé qu’il a été délibérément visé.

« Cette attaque était planifiée, » a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse quelques heures après l’incident, ont rapporté les médias locaux. « Derrière, il y a le Frelimo », le parti au pouvoir.

Ancienne rébellion dans la longue guerre civile mozambicaine (1976-1992), la Renamo s’était à l’époque alliée à l’Afrique du Sud de l’apartheid pour lutter contre le pouvoir du Frelimo marxiste.

En 2013 et en 2014, la Renamo, dont les hommes armés n’ont toujours pas été démobilisés, n’avait pas hésité à reprendre les armes pour asseoir ses revendications par des opérations de guérilla larvée, paralysant le centre du pays.

Afonso Dhlakama est sorti de la clandestinité à la faveur des élections présidentielle et législatives d’octobre 2014, qui ont vu son parti remporter plus d’un tiers des suffrages et entamer l’hégémonie du Frelimo, qui dirige le pays depuis 1975.

La Renamo ne reconnaît pas sa défaite aux élections d’octobre 2014, ce qui ne l’empêche pas d’être revenue siéger au Parlement.

Malgré le cessez-le-feu conclu en septembre 2014 entre la Renamo et l’armée, des escarmouches continuent de se produire dans la province de Tete (centre).

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