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Pas de divorce, ni d’union gay: le discours ferme du pape François au début du synode sur la famille

Pas de divorce, ni d’union gay: le discours ferme du pape François au début du synode sur la famille

           

 C’est dans une ambiance électrique qu’a débuté le synode de l’Eglise sur la famille. Samedi, un prêtre polonais avait publiquement révélé son homosexualité, entraînant de fortes réactions au Vatican.

Aucune référence directe, mais la révélation occupait sans aucun doute tous les esprits. Au lendemain du coming out du prêtre polonais Monseigneur Krzysztof Olaf Charamsa, le pape François a ouvert le très attendu synode sur la famille. Avec un seul mot d’ordre: rappeler le dogme catholique sur le caractère indissoluble du mariage, nécessairement célébré entre un homme et une femme.

Dans une basilique Saint-Pierre pleine à craquer, Jorge Bergoglio est apparu grave et préoccupé. “Ce que Dieu a uni, l’homme ne peut le défaire, a rappelé le pape François en citant l’évangile. En clair: “Dieu unit les coeurs de deux personnes qui s’aiment dans l’unité et l’indissolubilité”. Le pape François a par ailleurs ajouté qu’un tel couple ne pouvait être formé que par un homme et une femme: “Voilà le rêve de Dieu pour sa créature bien-aimée: la voir se réaliser dans l’union d’amour entre l’homme et la femme”. Le discours, très ferme, devrait rassurer les plus conservateurs au sein de l’Eglise.

Devoir de miséricorde

A rebours de la volonté du prêtre polonais ayant révélé son homosexualité, pour qui il était urgent que “l’Eglise ouvre les yeux face aux gays croyants et comprenne que la solution qu’elle propose, à savoir l’abstinence totale et une vie sans amour, n’est pas humaine”, le pape François a en effet martelé que l’Eglise ne devait pas renoncer à elle-même. Elle “doit vivre sa mission dans la vérité, qui ne change pas selon les modes passagères et les opinions dominantes”.

Sans jamais citer les personnes en situation “irrégulière”, aux yeux de l’Eglise (divorcés, homosexuels, personnes vivant en union libre), François a rappelé toutefois le devoir de la miséricorde, condamnant “une Église aux portes closes, qui, au lieu d’être un pont, devient une barrière”. L’Eglise, a-t-il dit, ne doit “pas pointer du doigt pour juger les autres, mais se sentir le devoir de chercher et de soigner les couples blessés avec l’huile de l’accueil et de la miséricorde”.

Crise profonde de la famille traditionnelle

A côté de la question de l’homosexualité, le pape François fait également face à celle, cruciale, des divorcés remariés. Pour l’Eglise, tout l’enjeu est de savoir si ces couples ont le droit de communier comme les autres fidèles, ou s’ils sont au contraire condamnés à rester éternellement en dehors de ce sacrement. Sur ce point, l’Eglise peine à trouver un juste équilibre, alors que les nombreux questionnaires envoyés dans les diocèses avaient révélé le gouffre entre la doctrine rigoureuse du Vatican et la pratique souple et changeante des croyants. Pour le pape argentin, la famille traditionnelle subit une crise profonde et l’Eglise doit savoir répondre aux évolutions du temps sans pour autant s’y conformer. A la fin du synode, le 25 octobre prochain, il reviendra à Jorge Bergoglio de décider seul, probablement au printemps, des inflexions à apporter ou non à la manière de vivre sa foi.

Source : L’express

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