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Daech revendique ! ? Policier tué près de Paris, «un acte terroriste», dit Hollande

Daech revendique ! ? Policier tué près de Paris, «un acte terroriste», dit Hollande

Daech revendique ! ? Policier tué près de Paris, «un acte terroriste», dit Hollande
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Une revendication du groupe État islamique, une allégeance prêté au chef de l'EI Baghdadi, un passé dans une filière djihadiste: les enquêteurs français remontaient mardi la piste terroriste au lendemain du meurtre d'un policier et de sa compagne près de Paris par un homme fiché pour radicalisation.

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Daech revendique: Policier tué près de Paris, «un acte terroriste», dit Hollande

Cette photo de Larossi Abballa était diffusée sur son profil Facebook. Le compte du meurtrier a depuis été désactivé.PHOTO FACEBOOK/AFP


Une revendication du groupe État islamique, une allégeance prêté au chef de l’EI Baghdadi, un passé dans une filière djihadiste: les enquêteurs français remontaient mardi la piste terroriste au lendemain du meurtre d’un policier et de sa compagne près de Paris par un homme fiché pour radicalisation.

Le responsable de l’attentat commis lundi en région parisienne avait prêté allégeance au chef de l’EI il y a trois semaines et avait en sa possession une « liste de cibles », a annoncé mardi le procureur de Paris François Molins.

Au cours de négociations avec les policiers, « le tueur a indiqué être musulman pratiquant, faire le ramadan et a précisé qu’il avait prêté allégeance trois semaines plus tôt au commandeur des croyants de l’État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi », a expliqué M. Molins à la presse. L’assaillant connaissait la qualité de policier de la victime et a expliqué avoir répondu à un appel du chef de l’EI « demandant de «tuer des mécréants, chez eux avec leur famille» », a ajouté le procureur.

Une « liste de cibles »

Une « liste de cibles », mentionnant des personnalités ou des professions, a été retrouvée sur le lieu de la tuerie, a-t-il expliqué.

« Un certain nombre d’investigations et de constatations » ont été menées qui ont permis de « saisir à l’intérieur du pavillon une liste de cibles mentionnant des personnalités ou des professions (rappeurs, journalistes, policiers) ou des personnalités publiques », selon le procureur. Ont aussi été saisis « trois téléphones, trois couteaux et en particulier un couteau ensanglanté posé sur la table », a-t-il ajouté.

Larossi Abballa a envoyé à 20 h 52 (14 h 52, heure de Montréal) une vidéo de revendication de 12 minutes à une centaine de contacts, avec également deux tweets de revendications sur un compte ouvert début juin.

L’enfant des deux victimes a été retrouvé après le double assassinat par les policiers d’élite « dans un état de sidération » et immédiatement hospitalisé, a ajouté M. Molins.

Des écoutes visant l’assaillant n’avaient pas permis de déceler un passage à l’« acte violent », a-t-il par ailleurs reconnu.

Des « interceptions téléphoniques et géolocalisations » mises en places « sur plusieurs lignes téléphoniques n’avaient pas permis à ce jour de déceler le moindre élément » sur « la préparation et un passage à l’acte violent ». Le tueur, 25 ans, était « visé par des investigations conduites par un magistrat antiterroriste » depuis 2016 sur une filière djihadiste syrienne.

Il avait été déjà condamné le 30 septembre 2013 à une peine 3 ans dont 6 mois sursis, mais libéré après le jugement en raison du temps passé en détention préventive.

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« Un acte incontestablement terroriste »

Le président François Hollande a dénoncé «un acte incontestablement terroriste», à l’issue d’une réunion d’urgence à l’Élysée avec le premier ministre Manuel Valls, les ministres de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et de la Justice Jean-Jacques Urvoas.

«La France est confrontée à une menace terroriste de très grande importance» contre laquelle «nous avons mobilisé des moyens très importants», a ajouté M. Hollande.

Moins de deux jours après la tuerie d’Orlando (États-Unis) qui a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gai, également revendiquée par l’EI, cette agression meurtrière intervient en plein Euro de football et sept mois après les attentats de novembre à Paris.

Le meurtrier, abattu dans une opération des policiers d’élite du Raid, était un homme de 25 ans, Larossi Abballa, condamné en 2013 pour participation à une filière djihadiste entre la France et le Pakistan, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

L’homme, originaire de Mantes-la-Jolie, à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Paris, avait été jugé avec sept autres prévenus et condamné à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour «association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes». Cette filière souhaitait favoriser le recrutement en France, la formation physique et idéologique et l’envoi au Pakistan de jeunes volontaires pour le djihad armé.

Fiché pour radicalisation, il était également impliqué dans une enquête récente sur une filière djihadiste syrienne, a-t-on appris mardi de sources proches de l’enquête.

Lundi vers 19 h GMT (15 h à Montréal), il a tué à coups de couteau un policier habillé en civil, avant de se retrancher au domicile de sa victime dans un quartier pavillonnaire de Magnanville, en région parisienne, et d’être abattu lors d’un assaut du Raid.

Dans la maison, les policiers ont découvert le corps sans vie de sa compagne «avec une plaie au cou» et retrouvé le fils du couple, âgé de trois ans, «choqué et indemne».

Quelques heures après l’attaque, l’agence Amaq liée au groupe djihadiste a affirmé qu’un «combattant de l’État islamique» (EI) avait tué le couple près de Paris, selon le centre américain de surveillance de sites djihadistes SITE.

Selon des sources policières, l’homme «s’est revendiqué du groupe djihadiste» durant les négociations avec le Raid. Des témoins ont rapporté aux enquêteurs qu’il aurait crié «Allah akbar» en attaquant le policier.

Sous le choc

Le parquet antiterroriste s’est saisi lundi soir de l’enquête, et des perquisitions ont commencé tôt mardi matin.

Le policier tué était un commandant de police de 42 ans, en poste aux Mureaux, à 40 kilomètres à l’ouest de Paris. Sa compagne était secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie.

Bernard Cazeneuve a rencontré mardi matin les collègues «traumatisés» des victimes et a promis de «mettre hors d’état de nuire d’éventuels complices».

Au commissariat des Mureaux, qui compte 150 fonctionnaires, le choc était visible. Des policiers s’y sont réunis dès cette nuit. «C’est comme dans une famille, tout le monde se retrouve, tout le monde a besoin de se retrouver ensemble», a expliqué à l’AFP sur place une source du ministère de l’Intérieur.

Cette attaque intervient en plein Euro de football en France et moins de deux jours après la tuerie d’Orlando (États-Unis) qui a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gai, un acte perpétré par un Américain d’origine afghane également revendiqué par l’EI.

Depuis les attentats parisiens du 13 novembre, qui ont fait 130 morts, la France vit dans un climat de menace terroriste et d’importants dispositifs de sécurité militaire et policier ont été mis en place.

Le 24 novembre 2015, le service de presse de l’État islamique dans la province d’Al-Raqqa avait diffusé une vidéo, dans laquelle des combattants francophones de l’EI menaçaient les Français de nouvelles attaques contre leurs «maisons».

La consigne de l’EI: «Tuez des policiers»!

En assassinant un policier français et sa femme, Larossi Abballa, jeune homme de 25 ans déjà condamné pour participation à une filière djihadiste, a suivi à la lettre les consignes du groupe État islamique, qui place les forces de l’ordre occidentales en tête de liste de ses cibles.

Le porte-parole officiel de l’organisation, le syrien Abou Mohammed Al-Adnani, ne cesse d’exhorter ses partisans à passer à l’action dans leurs pays d’origine contre les policiers et militaires des pays de la coalition engagés dans la lutte contre l’organisation, en Syrie et en Irak.

Sept policiers et militaires ont perdu la vie dans des attaques islamistes en France depuis quatre ans.

Dans un long message audio diffusé en septembre 2014 par Al Furqan, le principal média de l’EI, il lance : «Levez-vous, monothéistes, et défendez votre État depuis votre lieu de résidence, où qu’il soit (…) Attaquez les soldats des tyrans, leurs forces de police et de sécurité, leurs services de renseignements et leurs collaborateurs».

Comme Larossi Abballa, tué par les policiers d’élite du Raid qui ont donné dans la nuit de lundi à mardi l’assaut à la maison du policier dans laquelle il s’était retranché et qui s’est servi d’un simple couteau, Al-Adnani encourage ceux qu’il nomme «les soldats du califat» à utiliser n’importe quelle arme disponible.

«Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle», leur dit-il, «débrouillez vous pour vous retrouver seul avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le d’une falaise, étranglez-le, empoisonnez-le».

«Ne consultez personne et ne cherchez de fatwa de personne», poursuit-il dans cet enregistrement, qui a depuis été partagé et diffusé par des milliers de sites internet. «Que l’infidèle soit combattant ou civil est sans importance. Leur sentence est la même : ce sont tous deux des ennemis. Leur sang est permis».

«Ministre des attentats»

Celui que les milieux djihadistes nomment «le cheikh Adnani» est au fil des mois devenu une figure importante au sein de l’EI, au point que les services de renseignement occidentaux ont tendance à le considérer comme le «ministre des attentats», qui pourrait être chargé, en plus de motiver des djihadistes isolés, de superviser des campagnes de terreur en Occident.

Originaire de la région d’Idlib, dans le nord de la Syrie, c’est un vétéran du jihad anti-américain en Irak, où il s’est rendu dès 2003.

Depuis mars 2012, et l’assassinat par Mohamed Merah de trois militaires à Toulouse et Montauban, les policiers et soldats français ont régulièrement été pris pour cible par des djihadistes, agissant le plus souvent isolément.

Ainsi, en décembre 2014, un jeune homme agresse avec un couteau, au cri d’Allah akbar, des policiers en faction devant le commissariat de Joué-les-Tours.

En janvier 2015, deux policiers meurent dans les attentats islamistes à Paris commis par les frères Chérif et Saïd Kouachi. Puis une policière municipale est abattue près de Paris, par Amédy Coulibaly qui va le lendemain attaquer un supermarché casher.

Un an plus tard, le 7 janvier 2016, c’est encore à l’arme blanche (un hachoir de boucher) qu’un jeune Tunisien tente d’attaquer les policiers en faction devant un commissariat parisien. Il est abattu avant de pouvoir s’en servir. Ce qui ressemblait à une ceinture explosive nouée autour de sa taille s’est révélée factice.

-Avec AFP

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