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Près de Paris, des migrants se rebellent et dénoncent leurs conditions de vie

Près de Paris, des migrants se rebellent et dénoncent leurs conditions de vie

Des migrants réfugiés dans une annexe du lycée Guillaume-Budé à Paris, le 2 août 2015. DRAGAN LEKIC/LIBRE ARBITRE POUR « LEMONDE »


Une cinquantaine de migrants, en majorité érythréens et soudanais, bloquaient mardi matin l’accès à leur centre d’hébergement Emmaüs près de l’hippodrome de Vincennes à l’est de Paris pour dénoncer leurs conditions d’accueil qu’ils comparent à de la « détention », ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Une solution pour nous (sic) problèmes », « nous voulons que le gouvernement prenne conscience de notre situation », pouvait-on lire sur des banderoles accrochées à la grille d’entrée du centre.

Depuis l’aube, ces migrants, hébergés depuis juin après les évacuations de plusieurs campements de la capitale, empêchent les travailleurs sociaux d’Emmaüs de pénétrer sur le site afin d’alerter sur leurs conditions d’hébergements qui « ressemblent à des conditions de détention », selon un communiqué transmis par le comité de soutien « La Chapelle en lutte ».

Ils dénoncent également l’absence de suivi de leur situation administrative, contrairement à ce qui leur avait été promis lorsqu’ils ont été expulsés de leurs campements.

« On dirait une prison », raconte à l’AFP Abdallah, un migrant originaire d’Erythrée. « On accepte la situation car c’est mieux qu’être à la rue, mais ici il n’y a rien », dit-il en montrant les barreaux fixés aux fenêtres de sa chambre et les lits vissés au sol.

Entouré de grillages et de barbelés, ce centre d’hébergement, habituellement ouvert de novembre à juin pour accueillir des SDF, a été construit dans les locaux d’un ancien centre de rétention destiné aux clandestins.

« Il n’y a aucun moyen de laver ses affaires, pas même une bassine et de l’eau ; un savon est divisé entre vingt personnes. La nourriture est mauvaise et insuffisante. Tous les jours, nous sommes contraints de frauder parce que le centre ne nous fournit pas de titres de transport », détaillent les migrants.

« On nous avait promis qu’on nous aiderait dans nos démarches, mais personne ne nous aide », poursuit Abdallah. « C’est chacun pour soi. »

« Notre travail, c’est la mise à l’abri de ces personnes: faire en sorte qu’elles puissent dormir avec un toit au-dessus de leur tête », s’est défendue Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice générale adjointe d’Emmaüs Solidarité, venue sur place. « Nous sommes un centre d’hébergement. (Pour leur situation administrative), cela relève de la compétence et du financement de centres d’asile », a-t-elle expliqué.

« Le plan gouvernemental lancé en juin ne se résume pas à des mises à l’abri mais aussi à un accompagnement individuel. Des visites ont lieu toutes les semaines pour suivre les situations », a assuré à l’AFP la préfecture d’Île-de-France, chargée du dossier, et rappelle que 1.300 places d’hébergements ont été ouvertes depuis début juin.

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