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Que des inquiétudes avec l’arrivée de Trump: le spectre de la torture ravivé aux États-Unis

Que des inquiétudes avec l’arrivée de Trump: le spectre de la torture ravivé aux États-Unis

Que des inquiétudes avec l’arrivée de Trump: le spectre de la torture ravivé aux États-Unis
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Déclarations en faveur de méthodes d'interrogatoire interdites, nomination à la CIA d'une espionne impliquée dans la gestion de prisons secrètes aux sombres pratiques: l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche fait craindre un retour de la torture dans la lutte contre le jihadisme.

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Que des inquiétudes avec l'arrivée de Trump: le spectre de la torture ravivé aux États-Unis

Déclarations en faveur de méthodes d’interrogatoire interdites, nomination à la CIA d’une espionne impliquée dans la gestion de prisons secrètes aux sombres pratiques: l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche fait craindre un retour de la torture dans la lutte contre le jihadisme.

«La torture marche», avait lancé le candidat Donald Trump il y a un an, en pleine campagne pour décrocher la nomination républicaine.

Mais après sa victoire à la présidentielle le 8 novembre, il s’était dit «impressionné» par les arguments défavorables à ces méthodes de celui qui est depuis devenu son ministre de la Défense, James Mattis. Sans toutefois dire clairement s’il avait changé d’avis.

Face à ce flou, la fuite dans les médias américains fin janvier d’un projet de décret ouvrant la porte à la réouverture des prisons secrètes de la CIA et au retour vers des méthodes d’interrogatoire interdites ont semé l’inquiétude dans l’opposition… et jusqu’au coeur des rangs républicains.

D’autant qu’une ancienne responsable des opérations clandestines de la CIA, impliquée dans la gestion de prisons secrètes à l’étranger où les détenus étaient torturés après le 11-Septembre, vient d’être nommée directrice adjointe de l’agence d’espionnage.

«La torture est immorale et profondément contraire aux principes de cette nation», ont écrit vendredi cinq sénateurs démocrates dans une lettre adressée au chef de la CIA, Mike Pompeo, et au ministre de la Défense. «Il est en outre largement admis qu’elle est inefficace et même contreproductive, puisqu’elle produit des informations non fiables».

La Maison Blanche serait finalement revenue sur les passages ouvrant la voie aux prisons secrètes et aux méthodes de torture, affirmaient plusieurs médias américains ce week-end, mais les déclarations de Donald Trump n’en finissent pas de faire réagir.

Célèbre conseiller juridique de George W. Bush, John Yoo avait au début des années 2000 recommandé à ce dernier l’adoption «de mesures vigoureuses, voire extrêmes, pour protéger la nation après les attentats du 11-Septembre», écrit ce dernier dans une tribune publiée lundi par le New York Times, citant en exemple «l’invasion de l’Afghanistan, l’ouverture de la prison de Guantanamo, les procès militaires et l’interrogatoire poussé de dirigeants terroristes».

«Mais même moi, j’ai de graves inquiétudes concernant l’utilisation par M. Trump du pouvoir présidentiel», assène-t-il.

Créées sous la présidence de George W. Bush au début de la «guerre contre le terrorisme» dans plusieurs pays (Pologne, Lituanie, Roumanie, Afghanistan, Thaïlande), les prisons secrètes avaient été fermées par un décret de Barack Obama en 2009.

Quant à l’interdiction de la torture, elle a été inscrite dans le droit américain par une loi votée en 2015 par le Congrès. Les États-Unis ne peuvent avoir recours qu’aux techniques d’interrogatoire stipulées dans le manuel de l’armée, ce qui exclut légalement la «simulation de noyade» («waterboarding»), formellement interdite par Barack Obama.

«Nous ne ramènerons pas la torture aux États-Unis», a récemment martelé le sénateur républicain John McCain, lui-même victime de sévices quand il était prisonnier au Vietnam, en réaction aux rumeurs sur le décret.

Face à la levée de boucliers, Donald Trump a de nouveau assuré qu’il suivrait l’avis de son ministre de la Défense et du chef de la CIA.

Or James Mattis a clairement affirmé «qu’il appliquera et qu’il s’est engagé à respecter les lois internationales, les lois sur les conflits armés, la Convention de Genève et la loi américaine», a souligné le porte-parole du Pentagone Jeff Davis la semaine dernière.

Quant au chef de la CIA, Mike Pompeo, il a notamment dit vouloir examiner à quel point les limites imposées dans le manuel de l’armée sur les techniques d’interrogatoires pouvaient freiner le travail du renseignement américain, suscitant les craintes des opposants à la torture.

La CIA n’a pas voulu commenter mais un responsable du renseignement américain a écarté tout retour en arrière, sous couvert d’anonymat: «Il n’y a pas de volonté réelle d’emprunter une nouvelle fois la même voie du côté de la CIA», a-t-il affirmé. AFP

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