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RDC: 5 MORTS ET 8 BLESSÉS DANS DES HEURTS ENTRE LA SECTE BUNDU DIA KONGO ET LA POLICE À KINSHASA

RDC: 5 MORTS ET 8 BLESSÉS DANS DES HEURTS ENTRE LA SECTE BUNDU DIA KONGO ET LA POLICE À KINSHASA

RDC: 5 MORTS ET 8 BLESSÉS DANS DES HEURTS ENTRE LA SECTE BUNDU DIA KONGO ET LA POLICE À KINSHASA
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La police congolaise a procédé mardi à une attaque d'une violence inouïe contre un groupe séparatiste dans la capitale Kinshasa, tuant au moins quatre personnes mais n'ayant pas arrêté leur chef, un soi-disant prophète religieux, ont déclaré des témoins et des membres du groupe.

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RDC: 5 MORTS ET 8 BLESSÉS DANS DES HEURTS ENTRE UNE SECTE BUNDU DIA KONGO ET LA POLICE À KINSHASA

La police congolaise a procédé mardi à une attaque d’une violence inouïe contre un groupe séparatiste dans la capitale à Kinshasa, tuant au moins quatre personnes mais n’ayant pas arrêté leur chef, un soi-disant prophète religieux, ont déclaré des témoins et des membres du groupe.

Des dizaines de policiers armés ont pris d’assaut la maison de Ne Muanda Nsemi, député et dirigeant du Bundu dia Kongo (BDK), un culte religieux visant à relancer le royaume Kongo pré-colonial qui a fleuri pendant des siècles autour de l’embouchure du fleuve Congo.

Ces affrontements ont commencé lundi soir, selon un journaliste de l’AFP dans la capitale de la République démocratique du Congo, et une opération de police contre des miliciens du groupe sécessionniste Bundu Dia Kongo (VDK) était toujours en cours mardi matin, selon la police et des témoins.

D’ores et déjà, « 22 personnes ont été interpellées dont 4 morts et 8 blessés graves », a indiqué à la presse le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise, dans un message électronique.

Une autre personne a été blessée, deux voitures particulières ont été incendiées par les hommes de BDK, et six fusils-mitrailleurs saisis par les forces de l’ordre, a ajouté l’officier.

Mardi matin, des tirs nourris ont retenti autour de la résidence de Ne Muanda Nsemi, le gourou de la secte, dont les abords ont été bouclés, selon des riverains.

La police cherchait encore à y « extirper les partisans de l’Honorable Mwanda Nsemi » en fin de matinée, selon le colonel Mwanamputu.

«Nous cherchons (Nsemi), nous allons le trouver», a déclaré le ministre des Communications, Lambert Mende. Qui dans ses habitudes conteste le bilan en ironisant « qu’il n’était pas au courant de tous ces morts  » et a nié que la police avait tiré à  balles réelles.

Les membres du BDK de la maison de Nsemi, dans le district de Ngaliema à Kinshasa, ont déclaré que leur chef était à dans un lieu sûr, protégé par des gardiens portant des bérets rouges et armés.

Le quartier environnant, habité par des centaines de partisans de Nsemi, était calme mardi après-midi, avec la police patrouillant dans le périmètre tandis que la Croix-Rouge a enlevé les corps de quatre membres du BDK tués par balles dans les combats le matin.

Les membres du BDK ont déclaré qu’un cinquième membre avait été tué et que son corps avait été emmené par la police, tandis que deux autres avaient été tués dans des affrontements séparés à Kinshasa. Ces allégations ne pouvaient pas être vérifiées indépendamment.

« Nous exigeons notre indépendance parce qu’il y a trop d’injustices contre nous », a déclaré le partisan Luyindula Kitembo, 35 ans, alors qu’il regardait les corps chargés dans un fourgon de la Croix-Rouge.

Les forces de sécurité ont tué plus de 300 membres du BDK et des spectateurs dans des campagnes de répression contre des manifestations parfois violentes en 2007 et 2008, déversant leurs corps dans le fleuve Congo ou des fosses communes.

Par ailleurs, l’ONU a déclaré mardi que des soldats ciblant le groupe de la milice Kamwina Nsapu avaient tué au moins 101 personnes entre le 9 février et le 13 février au Congo central.

Député national, Ne Muanda Nsemi se cacherait aujourd’hui au Kongo-Central, sa province d’origine, dans l’ouest de la RDC.

Les kinois croient que le raid a pu être provoqué par une vidéo circulant sur les médias sociaux dans laquelle Nsemi semble menacer Kabila.

Dans ces vidéos publiées récemment sur internet, il a appelé à l’insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila, dont il conteste ouvertement la nationalité congolaise sur la foi d’une vieille rumeur selon laquelle le fils de Laurent-Désiré Kabila, tombeur du dictateur Mobutu en 1997, serait « Rwandais ».

« Dans deux semaines, je vais frapper », menaçait-il il y a quelques jours dans un message filmé, alors que ses adeptes ont été à l’origine de plusieurs attaques meurtrières depuis janvier au Kongo-central.

Bundu Dia Kongo (« Royaume du Congo » en kikongo) prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s’étendait sur l’actuel Kongo-central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte avait été réprimée au cours d’une violente opération militaire après avoir mené une série d’attaques armées contre des agents de l’État et appelé la population locale à chasser de la province les « non-originaires ».

Jamais arrêté, Ne Muanda Nsemi a amorcé un rapprochement avec M. Kabila à partir de la fin 2015. Il a fait brutalement volte-face dans un climat de tensions politiques liées au maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre. Afrique Rédaction

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