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RDC: APPEL À LA GRÈVE GÉNÉRALE SUIVI DANS PLUSIEURS VILLES. QUELLES SONT LES RETOMBÉES DE CE MOT ORDRE ?

RDC: APPEL À LA GRÈVE GÉNÉRALE SUIVI DANS PLUSIEURS VILLES. QUELLES SONT LES RETOMBÉES DE CE MOT ORDRE ?

La vie tournait au ralenti lundi à Kinshasa et dans quatre des principales villes de la République démocratique du Congo, après un appel à la grève générale lancé par l’opposition, a constaté l’AFP.

Le Rassemblement de l’opposition a appelé les Congolais à observer lundi une « journée ville morte » pour exiger du président Joseph Kabila – dont le mandat a échu le 20 décembre 2016 – l’application de l’accord de cogestion du pays signé le 31 décembre entre le pouvoir et l’opposition.

RDC: APPEL À LA GRÈVE GÉNÉRALE SUIVI DANS PLUSIEURS VILLES. QUELLES SONT LES RETOMBÉES DE CE MOT ORDRE ?
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La vie tournait au ralenti lundi à Kinshasa et dans quatre des principales villes de la République démocratique du Congo, après un appel à la grève générale lancé par l'opposition, a constaté l'AFP. Le Rassemblement de l'opposition a appelé les Congolais à observer lundi une "journée ville morte" pour exiger du président Joseph Kabila - dont le mandat a échu le 20 décembre 2016 - l'application de l'accord de cogestion du pays signé le 31 décembre entre le pouvoir et l'opposition.

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RDC: APPEL À LA GRÈVE GÉNÉRALE SUIVI DANS PLUSIEURS VILLES. QUE SERONT LES RETOMBÉES DE CE MOT ORDRE ?

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Une avenue déserte à Kinshasa pendant un mouvement de grève « ville morte », le 19 octobre 2016 en RDC | AFP | Eduardo Soteras


La vie tournait au ralenti lundi à Kinshasa et dans quatre des principales villes de la République démocratique du Congo, après un appel à la grève générale lancé par l’opposition, a constaté l’AFP.

Le Rassemblement de l’opposition a appelé les Congolais à observer lundi une « journée ville morte » pour exiger du président Joseph Kabila – dont le mandat a échu le 20 décembre 2016 – l’application de l’accord de cogestion du pays signé le 31 décembre entre le pouvoir et l’opposition.

Cet appel a été largement suivi dans la capitale Kinshasa et dans les villes de Lubumbashi, Goma (est), Mbuji-Mayi, Kananga (centre) alors qu’il était ignoré à Kisangani (nord-est) et à Mbandaka (nord-ouest), selon des correspondants de l’AFP.

« Nous avons respecté le mot d’ordre de ville morte parce que nous souffrons beaucoup. Qu’il (le président Kabila) quitte le pouvoir, il a fini son mandat, nous ne voulons plus de lui », a assuré à l’AFP Mamie Biamba, une habitante de Kingasani, bouillant quartier populaire de l’est de Kinshasa.

A 8h00 (07h00 GMT), commerces et stations service étaient encore fermés, les moyens de transports en commun étaient rares, alors que des habitants déferlaient à pied des quartiers populaires de l’est de la capitale congolaise vers le centre des affaires pour rejoindre leurs lieux de travail ou de débrouille.

La place Victoire, au coeur de Kinshasa, mégalopole de plus de 10 millions d’habitants, qui grouille généralement de monde dès les premières heures du matin, était quasiment vide.

Des policiers, moins nombreux que lors des manifestations d’opposition de septembre et décembre, étaient postés à des points stratégiques de la capitale.

Même ambiance à Lubumbashi, dans le sud-est du pays, où des témoins assuraient à l’AFP que les activités étaient quasiment à l’arrêt. « La banque tourne au ralenti », a déclaré un directeur d’une banque qui a ajouté avoir enregistré quelques absents parmi ses agents. « Un magasin sur cinq a ouvert », a témoigné un habitant.

– Vie intenable –

« J’ai réalisé une très bonne affaire en ayant la géniale idée de travailler tôt le matin contrairement à l’immense majorité de mes collègues. J’étais quasiment seul sur la route et j’ai fait payer au prix fort mes courses », a déclaré à l’AFP Nyembo Muyumba, chauffeur de taxi à Lubumbashi.

A Goma, capitale du Nord-Kivu dans l’est de la RDC, des activités tournaient « très timidement », a constaté le correspondant de l’AFP. Des jeunes du quartier Majengo au nord ont tenté de barricader la route du même nom, mais ont été aussitôt dispersés par la police.

A Kananga, capitale du Kasaï central en proie depuis septembre à une rébellion qui a fait plus de 400 morts en six mois, « toutes les banques, les marchés, les magasins et les sociétés de télécommunication sont fermés. Tous les bureaux de l’administration publique n’ont pas ouvert, sauf celui du gouverneur de province », a témoigné à l’AFP un journaliste local.

Vers 6h30, des vendeuses de patates douces et autres produits agricoles étalaient leurs marchandises dans un marché de Kingasani. Au marché Gambela au centre de Kinshasa, des « chailleurs » (vendeurs à la criée) se déployaient à la recherche des rares clients.

« Nous n’avons rien à faire avec des mots d’ordre des politiciens de tous les bords. Notre problème c’est de trouver quoi nourrir nos enfants, les envoyer à l’école. La vie est devenue intenable pour nous le petit peuple tandis que eux (politiciens) vivent aisément », s’enflammait Albertine Bulanga, vendeuse de maïs dans un marché de Kingasani.

L’accord du 31 décembre prévoit le maintien au pouvoir de M. Kabila et la mise en place d’un gouvernement de transition dirigé par un Premier ministre issu de l’opposition. Trois mois après, ce nouveau gouvernement n’est pas encore constitué, alors que le climat politique se tend de jour en jour.

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