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RDC, la jungle voulue par Kabila : Assassinats de Me Kisumbule et Kahasha. Les avocats dans la rue ce mercredi !

RDC, la jungle voulue par Kabila : Assassinats de Me Kisumbule et Kahasha. Les avocats dans la rue ce mercredi !

A l’initiative du Conseil de l’Ordre du Barreau de la Gombe, les avocats de Kinshasa vont marcher, ce mercredi 2 mars 2016, pour protester contre l’insécurité à laquelle l’avocat se trouve exposé à cause de son métier, en général. L’élément déclencheur de cette marche pacifique, convient-il de le rappeler, est l’assassinat, sous le coup de vingt heures du samedi  20  février 2016, de l’un de leurs Me Jean Kisumbule Muteba alors qu’il venait d’entrer dans son domicile situé au numéro 15 de l’avenue Ngilima, du quartier Adoula, dans la commune de Bandalungwa. Acte de violence isolée ou règlement des  comptes ?
 
Cette question sans réponse, vient s’ajouter aux autres posées en marge de l’assassinat crapuleux d’un autre avocat, Me Guillaume Kahasha Kanashi, il y a quelques années.
 
A en croire les organisateurs de cette marche, celle-ci partira du ministère de la Justice où un mémorandum sera déposé, via Place « Royal » au Rond Mandela sur le boulevard du 30 juin pour déboucher au ministère de l’Intérieur où un autre mémorandum de protestation et d’exigence de plus de protection pour l’avocat congolais de la part des autorités tant militaires que civiles sera également déposé.
 
Il convient de noter, à la suite du bâtonnier Edouard Mukendi Kalambayi, que la participation à cette activité est
obligatoire pour les avocats qui sont, par ailleurs, obligés de marcher avec leurs toges au risque de s’exposer aux poursuites disciplinaires.
 

Le film du crime

 
Selon les premiers éléments fournis par les limiers de la police, le crime odieux que toute la corporation des avocats de Kinshasa déplore aujourd’hui a été perpétré par quatre malfaiteurs, dont l’un habillé en tenue. Il était 20 H 30’, le samedi 20 février 2016, quand le jeune juriste avait regagné son domicile, sur avenue Kilima. A quelques coups de klaxon, son épouse assise au salon, réalise que c’est lui qui est rentré. Lentement, elle se lève et va ouvrir le portail métallique de la parcelle. La jeep Toyota Hilux Surf de couleur grise, portant plaques minéralogiques 0383 AT/01, s’engouffre dans la parcelle.
Pendant que Me Kisumbule exécute quelques manœuvres pour garer son engin dans un coin de la parcelle, la dame regagne le salon. Dotée d’un flair particulier, elle sent qu’elle est suivie derrière par un inconnu armé qui aussitôt lui demande où se trouve le conducteur de la jeep. Pourquoi tu le cherches, interroge la dame qui ne comprenait pas les raisons de son
insistance et surtout l’usage d’une arme. Menaces de mort. Le bandit tient toujours en mains son revolver de calibre 9 millimètres et devient plus intimidant.
A peine, Me Kisumbule sort de son véhicule qu’il entend au loin, une chaude discussion dans sa maison. Réaction immédiate : il se dirige au salon et surprend sa femme en pleine altercation avec un inconnu qui exige de voir le propriétaire de la Toyota Hilux Surf. Il l’empoigne, tentant de maîtriser la main droite qui tient l’arme. La femme crie à l’aide des voisins. Les choses se précipitent, elle ressort furtivement du salon, et constate la présence dans la parcelle, d’un autre gars, probablement membre de la bande des malfaiteurs.
Les murs de la parcelle surélevés et ceinturés par des fils barbelés, elle ne peut escalader cette barrière. Irruption du troisième bandit qui rejoint son comparse. Au même moment, le fils de Me Kisumbule de retour d’une répétition de la chorale, panique en voyant des bandits dans leur parcelle. Il pense aux «kuluna» avec des machettes, capables de tuer sans pitié, et va se réfugier dans un coin de la parcelle.
Enfin, devant leur comparse neutralisé, les deux brigands décident de le sauver de la prise qui l’a maintenu au sol. Un des bandits tire une balle dans la nuque de l’avocat. La balle meurtrière n’épargne pas la victime qui meurt peu après. De peur d’être pourchassés par les voisins, les assassins ressortent de Kilima n° 15 en courant et s’évanouissent dans la nature. Ils n’ont rien emporté, indique un voisin de la parcelle. Ce qui laisse penser qu’il s’agirait vraisemblablement d’un règlement de comptes.
Après le coup de feu,  les voisins alertés viennent enfin aux nouvelles et déplorent le crime. Tous vont éclater en sanglots en voyant le jeune avocat étendu par terre, inanimé, baignant dans son sang, sa femme et ses enfants en pleurs à ses côtés.
 
Tshieke Bukasa / Le Phare

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