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RDC-KINSHASA : Kanyama et sa police ont-ils peur des kulunas ( bandits) ? On agresse, on pille, on tue, on viole… et la police ne bouge pas !

RDC-KINSHASA : Kanyama et sa police ont-ils peur des kulunas ( bandits) ? On agresse, on pille, on tue, on viole… et la police ne bouge pas !

Au détour d’une rue du quartier 3 à Masina, la semaine passée, vers 22h30’, cinq garnements surgissent comme des abeilles d’une ruche. L’air menaçant malgré l’obscurité, ils brandissent des armes blanches. Cet arsenal comprend des machettes, des barres de fer et des gourdins. Tout ce qu’il faut pour tuer, sinon faire très mal. Deux dames et un jeune garçon sont encerclés. Ce sont les premières victimes de la série pour cette bande de marginaux qui venait de reprendre du service.

La vie ou la mort se joue en ce moment, et en quelques fractions de seconde, pour chaque victime. Pour l’avoir ainsi imaginé, les deux femmes supplient les premières pour qu’on ait pitié d’elles. Elles avouent qu’elles reviennent du petit marché du quartier 3 avec quelques poissons frais et de la farine de manioc, juste pour le repas  de nombreux enfants laissés depuis le matin. L’autre dame ne dispose que de deux bottes d’oseille et des tranches de poissons salés, de quoi satisfaire la famille demeurée affamée toute la journée.

Impitoyables, les malfaiteurs arrachent les sacs, les fouillent et saisissent quelques billets de banque ainsi que des téléphones portables de faible valeur. Le jeune homme implore la pitié, leur signalant qu’il est jeune comme eux et qu’ils peuvent s’entraider un jour. Le message de supplication ne passe pas. Il est rasé, au même moment qu’il attrape un coup de gourdin sur la jambe. D’autres coups lui seront assenés sur les bras. Pendant qu’il pleure, il est fouillé.

Butin réalisé par les marginaux : deux téléphones portables, 150 dollars et  17.500 FC.

Sur une autre rue, un autre jour, le délestage du courant électrique a plongé dans l’obscurité un quartier de Kingasani. Il est minuit passé. Les piétons pressent le pas pour regagner leurs domiciles en empruntant certaines avenues fréquentées. La précaution ne tient pas dans des communes criminogènes où les délinquants opèrent en toute quiétude, narguant ainsi la police. Des piétons, hommes et femmes, croient qu’en étant nombreux, les « kuluna » craindront leur nombre. Erreur !

Soudain, des ombres humaines dissimulées dans les fleurs clôturant une parcelle sautent sur le premier groupe des piétons. « Ne bougez pas ! », crie le chef de bande de marginaux dont on dira plus tard, qu’il venait d’être libéré de la Prison centrale de Makala. Il inaugurait sa sortie du milieu carcéral par des agressions de paisibles citoyens. Une façon de faire comprendre qu’il n’a pas renoncé à ses forfaits du genre. Battues avec des barres de fer,  certaines victimes éclatent en sanglots. D’autres s’empressent de remettre aux délinquants, tous les biens cachés dans leurs poches. Un garçon aux allures athlétiques qui a refusé de donner son smartphone, a reçu un coup de machette sur l’avant-bras droit. Grièvement blessé, il voyait du sang jaillir de son membre et ne pouvait plus opposer la moindre résistance.

Mais ce n’est pas tout. Toujours à Masina, une famille endormie est brutalement réveillée par des bruits administrés contre leur porte en bois. « Ouvrez, sinon nous cassons tout » ! menace un inconnu devant la maison. Dans la maison, le père répond par une question. « Qui êtes-vous et que voulez-vous ? »

Les bandits ont continué leur casse jusqu’à faire écrouler la porte. Ils sortent la famille au salon. Le père est copieusement tabassé. Cela n’a pas suffi, car les marginaux cherchaient les fonds de la ristourne que l’épouse venait d’empocher la journée, après six mois de contribution. Après avoir empoché le magot, les malfaiteurs se sont intéressés à d’autres biens de valeur : poste téléviseur, stabilisateur, poste de radio, téléphones, ainsi que des effets vestimentaires.

Des cris de détresse montent dans la plupart des communes de Kinshasa

Comme après chaque agression, ce sont des pleurs qui montent dans les rangs des victimes. Un besoin de voir sa sécurité renforcée est ainsi exprimée et mérite une réponse. Un seul message est adressé chaque fois aux autorités : «sécurisez-nous ! Policiers, réagissez et réagissez vite ! On en a marre d’être agressés !»

Dans les quartiers périphériques, comme un air d’envoûtement collectif règne, l’existence de postes de police ne constitue plus un élément de dissuasion. On vole à quelque 500 mètres. Au camp Munganga, une victime a pu joindre un poste de police, alors que les malfaiteurs opéraient dans son appartement. Aucun policier ne bougera. Sur le chemin du retour, la détonation des armes à feu et la vue de sa jeep qui filait à toute vitesse, lui a fait comprendre qu’un malheur était survenu après lui.

Tshangu en premier lieu, Mont-Amba, Lukunga et Funa, ces anciens districts de la ville de Kinshasa enregistrent depuis des mois, des séries d’attaques de malfaiteurs, des Kuluna et des voleurs à main armée. A travers les médias, les populations lancent des appels à l’autorité urbaine. Les ONG de défense de droits de l’homme lancent des alertes pour demander aux services d’ordre de jouer pleinement leur rôle de sécuriser la population et ses biens.

Peut-être par crainte des retombées de malheureux dérapages et de divers abus enregistrés lors des opérations de ratissage musclé, les responsables du commissariat provincial rechignent probablement des actions vigoureuses d’éclat, genre Likofi I et Likofi II.

Si les pleurs de la population se dissipent dans les bureaux des autorités sans suite, il est fort à craindre que cette même population puisse s’occuper à sa manière, de sa propre sécurité. Et là, pas de pitié pour les salopards. L’on pourrait assister à la justice de rue, aux supplices du collier. A Limete, l’on a découvert dernièrement le corps d’un jeune garçon réputé voleur et qui a fait des coups dans tout son quartier. Chaque fois, il échappait aux poursuites. Mais une nuit, lors d’un cambriolage, il sera appréhendé et son sort a été réglé à la satisfaction de ses nombreuses victimes pour ce débarras. Une fois de plus, la population en a marre des agressions et surtout des bandits qui jetés en prison, ressortent de là, un mois plus tard, après avoir séjourné avec leurs comparses.

J.R.T.
Le Phare

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