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RDC: l’ARP de Munene « n’écarte pas l’option des armes pour 2016 »

RDC: l’ARP de Munene « n’écarte pas l’option des armes pour 2016 »

L’Armée de Résistance Populaire (ARP) du général Faustin Munene estime « l’alternance pacifique et démocratique avec Joseph Kabila incertaine » et menace de reprendre la lutte armée.

Le mouvement politico-militaire de Faustin Munene refait parler de lui. Dans un communiqué, l’Armée de Résistance Populaire (ARP) prend position pour un changement de régime en 2016 en République démocratique du Congo (RDC). Mais l’ARP « ne croit pas à l’alternance par les urnes » et estime que « l’option des armes ne peut pas définitivement être écartée ». A cette date, le président congolais doit quitter le pouvoir en 2016 selon la Constitution, qui lui interdit de briguer une troisième mandat. Mais l’opposition congolaise craint que Joseph Kabila ne cherche à s’accrocher au pouvoir au-delà du délai constitutionnel, en faisant « glisser » le calendrier électoral qui peine à se mettre en place.

Le choix des armes

Michel Kanama, le porte-parole de l’ARP affirme que « l’alternance pacifique et démocratique avec Joseph Kabila est incertaine ». Et de prévenir : « l’Armée de Résistance Populaire n’écarte pas l’option des armes dans le cas où le président Joseph Kabila s’engagerait dans la course de violation de la constitution pour se maintenir au pouvoir ». Le mouvement du général Munene rejette également l’idée de participer à un possible gouvernement d’union nationale ou au dialogue proposé par Joseph Kabila. Dialogue que l’ARP qualifie de « manœuvre politicienne et de farce politique. »

Résidence surveillée

Depuis 2010, le général Munene est réfugié au Congo-Brazzaville voisin après avoir été accusé par Kinshasa de « complot contre la sécurité de l’Etat » et condamné par contumace à la prison à vie. Depuis cette date, la demande d’extradition de Faustin Munene par la RDC est toujours restée lettre morte. Le président Denis Sassou Nguesso s’est en effet toujours refusé d’extrader vers Kinshasa depuis l’assassinat de Pierre Mulele, l’oncle de Munene, après son expulsion de Brazzaville en 1968. Depuis cette date, le général Austin Munene a été placé en « résidence surveillée » par le Congo-Brazzaville.

Pourquoi l’ARP menace de nouveau Kinshasa ?

Depuis l’arrestation de Munene à Brazzaville, son mouvement est accusé par Kinshasa d’avoir participé à plusieurs coups de force à Kinshasa, dont celui du 27 février 2011 contre la résidence du président Joseph Kabila et le camp militaire Kokolo. La « menace » de l’ARP apparaît d’autant plus  étonnante, que le mouvement de Munene a  bénéficié depuis 2014 d’importantes mesures d’amnisties. Plusieurs dizaines de membres de l’ARP ont en effet été libérés avec d’autres rebelles, comme ceux du M23. En menaçant de reprendre les armes, le mouvement de Munene peut vouloir mettre la pression sur Kinshasa afin de vouloir obtenir plus de libérations de ses membres ou tout simplement pour continuer d’exister sur l’échiquier politique congolais.

La menace de l’ARP est-elle à prendre au sérieux ?

Le mouvement de Munene, ne dispose pas d’un nombre suffisant d’hommes pour se lancer à l’assaut de la capitale congolaise. Mais les attaques répétées d’un faible nombre d’hommes armés dans des lieux stratégiques de Kinshasa : résidence présidentielle, télévision, camp militaire, aéroport… ont démontré l’extrême faiblesse des forces de sécurité congolaises. Un coup d’Etat ou une révolution de palais est donc réalisable avec peu d’hommes en RDC. L’ARP peut également compter sur ses connexions avec d’autres groupes insurrectionnels comme le mouvement des Enyele. Ce groupe est notamment accusé d’avoir attaqué le camp militaire Tshatshi le 22 juillet 2014. Même si les capacités de nuisance de l’ARP et de ses alliés restent limités, l’instabilité politique de la RDC en fait toujours un élément perturbateur à prendre en compte.

Christophe RIGAUD – Afrikarabia

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