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RDC: l’ONU dénonce un « usage excessif de la force » lors des manifestations avec 917 arrestations

RDC: l’ONU dénonce un « usage excessif de la force » lors des manifestations avec 917 arrestations

RDC: l’ONU dénonce un « usage excessif de la force » lors des manifestations avec 917 arrestations
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L'ONU a accusé mercredi dans un rapport les forces de défense et de sécurité de la République démocratique du Congo (RDC) d'avoir fait "un usage excessif et disproportionné de la force" en décembre 2016 contre des manifestants qui s'opposaient au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

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RDC: l'ONU dénonce un "usage excessif de la force" lors des manifestations

L’ONU a accusé mercredi dans un rapport les forces de défense et de sécurité de la République démocratique du Congo (RDC) d’avoir fait « un usage excessif et disproportionné de la force » en décembre 2016 contre des manifestants qui s’opposaient au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Entre le 15 et le 31 décembre 2016, au moins 40 personnes ont été tuées et 147 autres blessées dans plusieurs villes de RDC, selon ce rapport publié par le rapport du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC (BCNUDH).

Les manifestants protestaient contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila dont le mandat a expiré le 19 décembre.

Selon ce rapport, « la plupart des victimes étaient des civils non armés, blessés par balle au niveau des parties supérieures du corps » résultant d’un « usage disproportionné de la force et de l’utilisation de balles réelles par les forces de défense et de sécurité, en particulier l’armée, dont les soldats de la Garde républicaine et de la police militaire, qui ne sont ni équipés ni entraînés pour les opérations de gestion des foules« .

917 arrestations

Le rapport indique également qu’à la même période au moins 917 personnes ont été arrêtées par les agents de l’État dans tout le pays.

Le BCNUDH considère que « la plupart des personnes détenues ont été arrêtées alors qu’elles manifestaient pacifiquement, exerçant légitimement leur droit de réunion pacifique« .

Le BCNUDH écrit par ailleurs n’avoir eu connaissance « d’aucune mesure prise par les autorités pour enquêter et poursuivre de manière efficace les auteurs de (ces) violations« .

Le BCNUDH s’est dit « préoccupé par le manque de coopération des autorités congolaises, illustré par le refus d’accès aux centres de détention militaires et de l’ANR (Agence nationale des Renseignements), aux hôpitaux et aux morgues, où de nombreuses victimes de violations présumées des droits de l’homme ont été amenées » pendant ces événements.

L’ONU dénonce encore la restriction des libertés publiques par les forces de l’ordre et par les autorités congolaises pendant cette période qui marquait la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph.

« Les opérations des autorités congolaises ont été mises en œuvre à travers une restriction illégale et disproportionnée des libertés publiques, y compris le droit aux libertés d’expression, d’informations et de réunion pacifique, en violation des standards internationaux en matière des droits de l’homme, ainsi que de la Constitution de la RDC. Les violations des droits de l’homme documentées pendant la période en revue, confirment la tendance des autorités à restreindre l’espace démocratique en RDC, rapportée depuis janvier 2015« , poursuit le document.

Enquête « indépendante et crédible »

Le BCNUDH déplore l’absence de mesures prises par les autorités congolaises contre les auteurs des violations des droits de l’homme en lien avec le processus électoral enregistrées en décembre 2016.

La rapport recommande aux autorités congolaises de mener des enquêtes « indépendantes » et « crédibles » sur les violations des droits de l’homme commises par les forces de l’ordre.

La ministre congolaise des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, note dans ses observations sur ce rapport que l’accès aux camps militaires n’a pas été accordé aux membres du BCNUDH « pour des raisons de sûreté de l’État et de secret défense« .

Kinshasa a dénoncé « la tendance partisane du rapport à vouloir charger par complaisance les forces de défense et de sécurité de la RDC » alors que « la police est restée professionnelle« , ajoute-t-elle.

Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Mais il s’est maintenu au pouvoir grâce à la signature d’un accord politique avec l’opposition le 31 décembre, dont les modalités de mise en oeuvre sont toujours en négociations à Kinshasa. Avec Belga

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