Share
RDC pays avec un potentiel exceptionnel: découverte de la plus grande réserve de tourbières au monde à Mbandaka

RDC pays avec un potentiel exceptionnel: découverte de la plus grande réserve de tourbières au monde à Mbandaka

Les tourbières présentes au centre du bassin du Congo s’étendent sur 145.500 km2, et stockent quelque 30 milliards de tonnes de carbone, l’équivalent de trois ans d’émissions mondiales de CO2

RDC pays avec un potentiel exceptionnel: découverte de la plus grande réserve de tourbières au monde à Mbandaka
Summary:
Les tourbières présentes au centre du bassin du Congo s'étendent sur 145.500 km2, et stockent quelque 30 milliards de tonnes de carbone, l’équivalent de trois ans d’émissions mondiales de CO2

0%

RDC pays avec un potentiel exceptionnel: découverte de la plus grande réserve de tourbières au monde

User Rating: 0 (0 votes)

Les tourbières présentes au centre du bassin du Congo s’étendent sur 145.500 km2, et stockent quelque 30 milliards de tonnes de carbone, l’équivalent de trois ans d’émissions mondiales de CO2.

La plus importante réserve de tourbières au monde vient d’être découverte, fin octobre, dans la localité de Lokolama (55 km de Mbandaka – capitale de la province de l’Equateur), en territoire de Bikoro, dans le Nord de la RDC.

C’est ce qu’a annoncé l’ONG Greenpeace, dont le navire Esperanza qui assure une campagne d’espoir pour sauver la forêt sur les côtes de l’Atlantique, a fait une escale en RDC.

La découverte est l’œuvre d’une équipe de scientifiques congolais et de chercheurs britanniques de l’université de Leeds, a fait savoir Greenpeace.

“Cette réserve de tourbières (peatlands) contient des espèces mesurant entre 3.37 et 3,50m de profondeur et datant de plus de 10 mille ans”, indique le communiqué publié par l’ONG.

“Ces tourbières tropicales peuvent contenir jusqu’à 350 milliards de tonnes de carbone. Les tourbières sont très importantes dans la régulation du climat grâce à leur grande capacité de stockage du dioxyde de carbone”, a poursuivi le document.

La première carte des tourbières du Bassin du Congo a été publiée en janvier 2017, à partir des données recueillies en République démocratique du Congo.

C’est à partir de celle-ci que la recherche des tourbes en RDC a commencé en octobre, avec l’expédition de Lokolama. L’expédition menée du 27 au 29 octobre 2017 a confirmé la présence de tourbes dans cette région septentrionale du Congo-Kinshasa.

Selon l’ONG Greenpeace, l’équipe de chercheurs en forêt tropicale venant de l’Angleterre et de la RDC a estimé que les tourbières présentes au centre du bassin du Congo s’étendent sur 145.500 km2, et stockent quelque 30 milliards de tonnes de carbone.

Cette étendue de carbone est l’équivalent de 3 ans d’émissions de combustibles fossiles dans le monde. Ce qui fait des tourbières du Centre du Bassin du Congo le complexe des tourbières tropicales le plus étendu dans le monde.

“Nous étions soulagés d’arriver à Lokolama et d’explorer la forêt marécageuse avec nos partenaires congolais, accompagnés des communautés locales pour découvrir que notre cartographie de cette partie de la RDC était correcte.”, a déclaré Greta Gargie de l’université de Leeds, lors de la cérémonie de présentation de cette découverte à Boma, ville côtière de l’Ouest de la RDC, où le bateau Esperanza a accosté pour la circonstance.

Et d’ajouter : “La surprise était surtout que cette tourbe de 3,5 métres de profondeur se situe à proximité de la lisière de la tourbière de Lokolama”.

“Ces premiers résultats montrent à quel point il est important d’investir dans la science en RDC, pour permettre l’exploration de plusieurs autres sites, afin de découvrir une plus grande profondeur en tourbe et un plus grand stock de carbone. Cette initiative permettra une meilleure cartographie des tourbières dans le futur”, a-t-il conclu.

Des documents de l’organisation environnementale Greenpeace consultés par Anadolu renseignent que la tourbe est un sol organique humide faite partiellement des matières végétales décomposées.

Les tourbières en bon état agissent comme des puits de carbone. Quand les arbres croissent, elles rejettent du carbone dans l’atmosphère, mais lorsqu’elles meurent, elles se décomposent normalement en renfermant le carbone en dehors de l’atmosphère.

La décomposition est seulement partielle, après un an dans une forêt tropicale marécageuse, conduisant en une accumulation de carbone en forme de tourbe.

“En tant que peuples autochtones, les tourbières font partie de notre héritage culturel et leur découverte représente un immense espoir pour les générations futures.”, a déclaré aux équipes de terrain de Greenpeace Valentin Egobo, prote-parole de la communauté de Lokolama.

Il a également souligné que : “Nous espérons que notre gouvernement va nous accompagner dans notre rôle de gardiens de ces anciennes forêts et, nous fournir l’aide dont nous avons besoin pour protéger les tourbières au bénéfice de nos enfants et du monde”.

Pour Greenpeace, la grande menace qui pèse sur les tourbières est l’industrie du bois. Sur un total de 57 concessions forestières en RDC, au moins 29, couvrant environ 5 million d’hectares, sont illégales.

Ces concessions illégales chevauchent approximativement 650.000 hectares de forêts marécageuses de tourbe qui renferment du bois dur.

Depuis plus de quinze ans, l’organisation non gouvernementale Greenpeace travaille avec les communautés de la RDC pour développer des alternatives à l’exploitation destructive du bois et plaide pour que les forêts du bassin du Congo soient protégées en maintenant le moratoire sur les allocations de concessions forestières.

“La récente découverte des tourbières augmente l’urgence de mettre en place des modèles de développement qui vont radicalement améliorer les moyens de subsistance et le bien-être des populations locales, sans compromettre l’intégrité de l’écosystème”, a suggéré Greenpeace. Agence AA

Laisser un commentaire