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RDC: quel avenir pour l’opposition après la mort de son leader Etienne Tshisekedi ?

RDC: quel avenir pour l’opposition après la mort de son leader Etienne Tshisekedi ?

RDC: quel avenir pour l’opposition après la mort de son leader Etienne Tshisekedi ?
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L'avenir politique de l'opposition en République démocratique du Congo reste très incertaine sur plusieurs plans, notamment sur le choix de son chef de file après le décès mercredi à Bruxelles du leader historique Etienne Tshisekedi. Depuis plusieurs semaines, sous les auspices des évêques congolais, les discussions en cours sur la gestion transitoire du pays, nées de la crise liée à la fin du mandat de l'actuel président, Joseph Kabila, ont montré des divergences profondes au sein de la classe politique, plus particulièrement au sein de l'opposition réunie autour de M. Tshisekedi.

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RDC: quel avenir pour l'opposition après la mort de son leader Etienne Tshisekedi ?

L’avenir politique de l’opposition en République démocratique du Congo reste très incertaine sur plusieurs plans, notamment sur le choix de son chef de file après le décès mercredi à Bruxelles du leader historique Etienne Tshisekedi.

Depuis plusieurs semaines, sous les auspices des évêques congolais, les discussions en cours sur la gestion transitoire du pays, nées de la crise liée à la fin du mandat de l’actuel président, Joseph Kabila, ont montré des divergences profondes au sein de la classe politique, plus particulièrement au sein de l’opposition réunie autour de M. Tshisekedi.

Le dernier accord signé suite aux pourparlers en cours confie le poste du Premier ministre au Rassemblement, la grande coalition d’opposition créée par le défunt ex-président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Mais durant les discussions sur les “arrangements particuliers”, qui organisent cette transition, l’opposition a montré un nombre important de désaccords internes, notamment sur le choix du futur Premier ministre, beaucoup accusant ainsi M. Tshisekedi de vouloir nommer son propre fils, Félix Tshisekedi.

Avant le départ d’Etienne Tshisekedi pour la Belgique, des experts estimaient déjà que le débat sur le choix du futur Premier ministre divisait profondément les membres de la plus grande partie de l’opposition réunie au sein du Rassemblement, la faute aux ambitions partisanes des uns et des autres.

A en croire quelques analystes contactés par Xinhua peu après la mort de M. Tshisekedi, la méfiance autour de son futur successeur au sein de la coalition et les divergences sur la gestion des ambitions risquent de faire éclater cette plateforme au moment même où tout l’enjeu tourne autour de l’arrivée d’un nouveau gouvernement conformément à l’accord de décembre dernier.

Déjà privée de son vice-président, Charles Mwando Nsimba, décédé en Belgique en décembre dernier, la plateforme issue du conclave de l’opposition de juin 2016 à Genval en Belgique est confrontée au choix de trouver un successeur. Or, personne en dehors de deux illustres disparus n’inspire suffisamment de crédit pour présider aux destinées du Rassemblement.

Plusieurs de ses leaders expriment ainsi leur méfiance envers Félix Tshisekedi, donné pour favori par l’opinion et quelques chefs de partis favorables à l’UDPS pour le poste du futur chef du gouvernement.

“La méfiance est totale. Il n’y a personne qui soit en mesure de le remplacer et rassurer tout le monde, même pas son fils, Félix Tshisekedi”, a confié à Xinhua un haut cadre du Rassemblement interrogé à la permanence de l’UDPS à Kinshasa, où se prépare le deuil de l’opposant historique.

Pour d’autres analystes, cette méfiance se justifie aussi par le fait que plusieurs chefs de partis de la coalition sont de récents transfuges de la majorité présidentielle, n’inspirant guère la confiance des anciens compagnons d’Etienne Tshisekedi.

Parmi ces dirigeants, on trouve Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga, Pierre Lumbi, ancien conseiller à la sécurité du président Kabila, ou encore Oliver Kamitatu, ex-ministre du Plan, qui ont tous quitté la majorité présidentielle l’an dernier suite aux divergences liée à la fin du mandat de M. Kabila.

Face à l’absence du président du Rassemblement et de son adjoint, “le statut n’a rien prévu à propos de la succession”, mais “cette problématique sera vite résolue dans les jours à venir, car nous sommes de grandes personnes et assez matures pour nous concerter et nous organiser”, a pour sa part assuré un autre cadre de la coalition interrogé par Xinhua.

Les négociations sur les “arrangements particuliers” pour l’application de l’accord de décembre bloquent toujours depuis plusieurs semaines en raison de divergences profondes sur le mode de désignation du nouveau Premier ministre et le partage des postes ministériels.

Pour la désignation du nouveau chef de gouvernement, la majorité au pouvoir demande que trois noms soient soumis au président Kabila pour qu’il fasse un choix. Une option considérée comme une violation de l’accord par le Rassemblement qui dit que le Premier ministre doit être désigné par l’opposition et nommé ensuite par le président Kabila.

A l’annonce de la mort de M. Tshisekedi, les participants aux pourparlers ont décidé de suspendre les travaux jusqu’aux obsèques prévues dans le courant de la semaine prochaine à Kinshasa.

Mais pour plusieurs experts et analystes politiques, avec cette disparition brutale d’Etienne Tshisekedi, la situation politique en RDC s’annonce très imprévisible dans les jours et mois à venir. Xinhua

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