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RDC-Rwanda: Un « camp de Paix » pour vaincre les préjugés

RDC-Rwanda: Un « camp de Paix » pour vaincre les préjugés

RDC-Rwanda: Un « camp de Paix » pour vaincre les préjugés
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Réunis durant une semaine à Gisenyi (Ouest du Rwanda), non loin de la frontière avec la RDC, des jeunes des deux pays ont eu le temps de se découvrir mutuellement et de tisser des liens d'amitié.

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RDC-Rwanda: Un "camp de Paix" pour vaincre les préjugés

Réunis durant une semaine à Gisenyi (Ouest du Rwanda), non loin de la frontière avec la RDC, des jeunes des deux pays ont eu le temps de se découvrir mutuellement et de tisser des liens d’amitié.

« Peace camp » (camp pour la paix) est une initiative lancée par une ONG locale pour rapprocher les jeunes du Rwanda et de la RDC, pays aux relations ponctuées par les tensions et les affrontements sanglants.

Ce camp pour la paix a réuni environ une centaine de jeunes des deux pays, durant une semaine, autour d’activités culturelles et de débats, le but étant de vaincre les préjugés et autres animosités entretenues les uns envers les autres tout en favorisant la cohabitation pacifique , a déclaré à Anadolu Lusenge Joshua Ksereka, coordinateur de l’ONG organisatrice « Action pour la promotion de la paix, la réconciliation et le développement durable dans la sous-région des grands-lacs » ( APRED-RGL).

Réunis du 16 au 22 novembre dernier dans le district de Rubavu à Gisenyi (Ouest du Rwanda), non loin de la frontière avec la RDC, les jeunes des deux pays ont eu le temps de se découvrir mutuellement et de tisser des liens d’amitié.

Ce rapprochement a été rendu possible grâce, notamment, à des activités conjointes artistiques et sportives ainsi que des ateliers sur la gestion et la transformation positive des conflits, a précisé Joshua Kasereka.

Ce programme transfrontalier d’éducation à la paix vise à permettre aux jeunes et aux populations des deux pays de mieux se connaitre en vue d’une collaboration entre les supposés ennemis d’hier, a ajouté le coordinateur de cette ONG.

Clivages interethniques et préjugés en tout genre, ainsi peut se résumer les rapports entretenus par les deux peuples voisins, précise Emmanuel Watshiku. un ancien fonctionnaire congolais.

Interrogé à ce sujet par Anadolu, il souligne que « depuis les années 1959, toutes les guerres qui ravagent l’Est de la RDC, trouvent leur origine au Rwanda ». Il cite, à titre d’exemple, « la guerre de Kanyarwanda (1965) pendant laquelle les Rwandais avaient envahi cette partie du pays, avant l’arrivé des rebelles FDLR ( Forces démocratiques de Libération du Rwanda) après le génocide des années 1994-1996 »;

Installés dans la partie Est de la RDC , ces rebelles FDLR sont les auteurs de violences et de massacres contre la population locale, poursuit la même source qui reste également convaincu que « mêmes les autres guerres menées par les éléments du Congrès national pour la Défense du peuple (CNDP) et du Mouvement du 23 mars (M23), groupes armés locaux, ont été conçues au Rwanda ».

Un point de vue partagé par beaucoup de Congolais qui voient en tout Rwandais, un « envahisseur » et un « criminel ».

De leur côté les Rwandais trouvent que les Congolais sont « désordonnés », « Violents » et « indignes de confiance », selon des témoignages collectés par Anadolu.

L’objectif entretenu par l’ONG régionale « APRED-RGL » est de vaincre tous ces préjugés en permettant à chacune des parties de mieux cerner l’autre.

« Contrairement à ce qu’on racontait chez moi en RDC, j’ai été agréablement surpris par l’accueil qu’on nous réservé au Rwanda sans parler de la sécurité », témoigne à Anadolu Esther Sibampende, jeune chanteuse de la chorale Amani ( Paix), qui a pris part au camp.

« Nous avons donné un spectacle dans des quartiers réputés hostiles à la RDC et nous avons eu droit à un accueil agréable et à des applaudissements de la part du public en liesse », note, de son côté, Eliezer Lupemba, un acteur de théâtre venu du territoire de Rutshuru (Est de la RDC).

Satisfaite elle aussi de cette initiative dédiée à la paix, Prisca Nsimire, une jeune rwandaise dit qu’elle va veiller à garder le contact avec ses nouveaux amis congolais, estimant que « même si beaucoup reste encore à faire pour aplanir totalement les préjugés nourris par les uns et les autres, ce Camp aura, au moins, permis de préparer le terrain pour d’autres actions du même genre ».

« Peu à peu les stéréotypes finiront par disparaître » assure-t-elle, optimiste.

Aline, jeune congolaise, originaire de Kiwanja ( Est de la RDC) déclare, elle, avoir choisi de participer à ce Camp pour « vaincre ses propres craintes ». « Après toutes ces années de guerre, je ne pouvais plus concevoir de me retrouver face à un Rwandais, innocent soit-il », confie-t-elle à Anadolu.

Ce « peace camp » est le premier du genre à être organisé par APRED-RGL mais il ne sera pas le dernier », assure Robert Maungano chargé des programmes au sein de cette structure. Pour lui rien ne peut mieux rapprocher les peuples que le partage culturel et le dialogue A.A

 

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