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Réélection de Bongo au Gabon: un rapport de l’Union Européenne pointe des « anomalies »

Réélection de Bongo au Gabon: un rapport de l’Union Européenne pointe des « anomalies »

Réélection de Bongo au Gabon: un rapport de l’Union Européenne pointe des « anomalies »
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Les observateurs électoraux de l'Union européenne (UE) sont revenus lundi au Gabon en expliquant pourquoi ils "mettent en question" la réélection d'Ali Bongo Ondimba lors du scrutin du 27 août, au risque d'aviver les tensions alors que l'opposant Jean Ping se proclame toujours "le président élu".

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Réélection de Bongo au Gabon: un rapport de l'Union Européenne pointe des "anomalies"

Le président élu Ali Bongo prête serment lors de la cérémonie d’investiture présidentielle, à Libreville, le 27 septembre 2016 – © STEVE JORDAN


Les observateurs électoraux de l’Union européenne (UE) sont revenus lundi au Gabon en expliquant pourquoi ils « mettent en question » la réélection d’Ali Bongo Ondimba lors du scrutin du 27 août, au risque d’aviver les tensions alors que l’opposant Jean Ping se proclame toujours « le président élu« .

Les observateurs de l’UE ne vont pas jusqu’à satisfaire Jean Ping, qui demandent des sanctions contre Ali Bongo et ses proches. Leur rapport final formule onze recommandations pour les élections à venir, alors que les législatives de décembre viennent d’être reportées au plus tard fin juillet 2017.

La Mission d’observation électorale (MOE) revient sur les « anomalies » survenues, selon elle, lors de la centralisation des résultats, après le scrutin à tour unique qui s’est déroulé dans le calme le 27 août grâce « au comportement responsable des électeurs« .

« Ces anomalies mettent en question l’intégrité du processus de consolidation des résultats et du résultat final de l’élection« , indiquent les observateurs de l’UE, 73 au total, présents du 12 juillet jusqu’à fin août-début septembre, à l’invitation du gouvernement.

Des « anomalies » déjà pointées en août

Le 31 août, Ali Bongo avait été proclamé vainqueur (49,80% des voix) devant Jean Ping (48,23%), soit un écart minimal de 5594 voix, selon des résultats provisoires dont l’annonce avaient provoqué des violences. La cheffe de la Mission, l’euro-députée Mariya Gabriel, pointait déjà à l’époque des « anomalies » dans son pré-rapport.

Les observateurs de l’UE ont dans le viseur l’une des neuf provinces, le Haut-Ogooué, fief électoral d’Ali Bongo. Le président sortant y a officiellement obtenu 95,47% des voix pour 99,93% de participation, inversant la tendance sur le reste du Gabon.

Les observateurs s’interrogent sur cette participation massive, rappelant que « le taux de participation au niveau national, sans le Haut-Ogooué, s’évalue à 54,24%« .

Ils dénoncent dans cette province « un processus de consolidation particulièrement opaque« , exemple à l’appui: « Le nombre d’abstentions et des bulletins blancs et nuls dans une seule des 15 Commissions électorales locales (CEL) de cette province est supérieure à celles annoncées pour l’ensemble des 15 CEL de la province« .

Demande d’enquête sur les violences post-électorales 

« Ce constat remet en question l’intégrité des résultats de la province« , et donc le résultat final de l’élection sur tout le Gabon, développe le rapport, car « les résultats de cette province ont inversé la tendance constatée par la Mission sur la base des résultats annoncés par les gouverneurs des huit autres provinces du pays« .

Saisie par Jean Ping, la Cour Constitutionnelle avait validé la réélection d’Ali Bongo en rejetant son recours portant sur le Haut-Ogooué. La Cour avait même augmenté l’avantage du président sortant en annulant le résultat de 21 bureaux de vote à Libreville favorables à Jean Ping. Résultat: 50,66% des suffrages (172 990 voix) pour Ali Bongo, contre 47,24% (161 287) pour Jean Ping.

Là aussi, les observateurs de l’UE regrettent que les travaux de la Cour n’aient « pas permis de rectifier les anomalies » dans le Haut-Ogooué »« La confrontation des procès-verbaux, essentielle pour assurer la transparence et la confiance des parties prenantes, n’a pas eu lieu ». Et les observateurs n’ont pas eu accès « aux phases techniques de recompte » des voix.

Manifestations, pillages, incendie partiel de l’Assemblée, répression, prise d’assaut du QG de Jean Ping, interpellation d’un millier de personnes…: l’annonce de la réélection d’Ali Bongo fin août a provoqué des violences rares au Gabon habitué à la paix civiles. « Entre les chiffres officiels et ceux de l’opposition, le décompte des victimes variait entre cinq et 100 », souligne les observateurs de l’UE.

Leur rapport souhaite « l’ouverture d’une enquête objective et approfondie sur l’ensemble des violences électorales ».

Garantir l’accès non interrompu au réseau internet et aux réseaux sociaux y compris pendant la période électorale et post-électorale

Parmi ces onze recommandations, la MOE suggère de « garantir l’accès non interrompu au réseau internet et aux réseaux sociaux y compris pendant la période électorale et post-électorale« .

Internet a été totalement coupé au Gabon pendant quelques jours après le 31 août, puis la nuit de 18 heures à 6 heures jusqu’à la décision de la Cour constitutionnelle le 23 septembre.

« La MOE et ses membres ont fait l’objet de menaces« , affirme le rapport. Ses membres avaient été placés sur écoute par les services secrets gabonais, avait révélé début octobre l’hebdomadaire français le Journal du Dimanche.

Le rapport a été présenté dans la matinée aux ministres gabonais des Affaires étrangères et de l’Intérieur, avant une conférence de presse prévue à 13 heures 30 heure locale. Jean Ping refuse toujours l’offre de dialogue politique lancée par Ali Bongo après la validation de sa réélection. L’opposant a fait annoncer samedi son propre « dialogue national pour l’alternance » du 18 au 23 décembre. Avec AFP

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