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Réfugiés centrafricains au Tchad: Un calvaire en continu

Réfugiés centrafricains au Tchad: Un calvaire en continu

Dans le sud du Tchad, l’afflux de réfugiés centrafricains qui fuient depuis plusieurs semaines l’éruption de violences dans le nord-ouest de la Centrafrique, ne semble pas faiblir. 

Réfugiés centrafricains au Tchad: Un calvaire en continu
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Dans le sud du Tchad, l'afflux de réfugiés centrafricains qui fuient depuis plusieurs semaines l'éruption de violences dans le nord-ouest de la Centrafrique, ne semble pas faiblir. 

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Réfugiés centrafricains au Tchad: Un calvaire en continu

Dans le sud du Tchad, l’afflux de réfugiés centrafricains qui fuient depuis plusieurs semaines l’éruption de violences dans le nord-ouest de la Centrafrique, ne semble pas faiblir.

Malgré la fermeture de la frontière entre les deux pays depuis mai 2014, les populations civiles continuent de braver tous les dangers pour trouver refuge sur le territoire tchadien, tandis que les violences se poursuivent en Centrafrique où groupes armés, s’affrontent pour le contrôle des richesses dont le diamant et l’or s’attaquant par la même, aux populations, et notamment aux Centrafricains de confession musulmane.

Ces derniers jours, indiquent les autorités locales tchadiennes, ce sont quelque 12 mille réfugiés arrivés en catastrophe sur le territoire et répartis dans différents camps pour réfugiés improvisés à la frontière entre les deux pays.

Dans le camp de Goré, où résident déjà plus de quatre mille réfugiés centrafricains, chaque jour apporte son lot de nouvelles âmes désespérées.

Le camp est surpeuplé et les abris fabriqués provisoirement pour les accueillir deviennent insuffisants. Le personnel humanitaire semble aussi, débordé, selon les témoignages recueillis par Anadolu.

Epuisés et affamés, les réfugiés centrafricains se retrouvent regroupés dans les tentes fabriquées en urgence pour les accueillir, attendent désespérément des aides humanitaires.

La plupart d’entre eux passent la nuit sous les étoiles et sont souvent exposés aux intempéries de la nature, notamment la chaleur, où la température peut avoisiner les 45° à l’ombre.

Assis à même le sol, Adéraman Khassoum, un réfugié centrafricain, âgé d’une quarantaine d’années, est entré en catastrophe sur le territoire tchadien avec ses deux filles.
Cela fait quatre jours, raconte-t-il, qu’il dort dehors, sous une chaleur suffocante, en attendant l ;’aide des humanitaires.

« Pour fuir les exactions des groupes armés qui sèment la terreur dans notre village, mes deux filles et moi,âgées de 16 et 19 ans, avons marché une trentaine de kilomètres pour arriver à la frontière tchadienne, où nous avons passé deux jours sans manger parce que nous ne pouvoins pas accéder immédiatement à ce camp de réfugié du Tchad, la frontière étant fermée.» témoigne-t-il à Anadolu.

Un scénario comme il y en a tant d’autres ici.

A la sortie du camp, une jeune femme réfugiée se dispute avec les agents humanitaires du camp. Elle a l’air furieuse et inconsolable : c’est Fatima, une jeune maman qui plaide le sort de son enfant de deux ans qui n’a pas mangé depuis la veille et commence à avoir de la fièvre.

« Je n’ai pas trouvé à manger depuis hier mais j’ai supporté. Là, il s’agit d’un enfant de deux ans qui pleure tout le temps parce qu’il a le ventre creux, ce qui est insupportable pour la maman que je suis. Je suis désolé de crier sur les agents mais ils doivent comprendre cette situation » souligne-t-elle.

Comme Adéraman Khassoum et Fatima, des centaines de réfugiés centrafricains qui ont fui les combats dans leur pays, pour trouver refuge au Tchad, se trouvent dans une situation critique, compte-tenu de la surpopulation du camp.

Les personnels des ONG et des Nations Unies sur place, eux, agissent sous pression et ont du mal à satisfaire les doléances de tout le monde, Il n’est d’ailleurs par rare que la tension monte parfois d’un cran entre les réfugiés et les bénévoles du camp, racontent-ils

« Nous attendons des renforts de nos bases, d’ici quelques jours, pour enregistrer et essayer de contenir le maximum de réfugiés qui ne demandent qu’à survivre. Ils ont tout perdu, pour trouver refuge ici dans ce camp de Goré, nous devons essayer de les comprendre même si quelques fois, ils perdent patience. » a indiqué à Anadolu, Jean Bosco Ngarlem, un humanitaire tchadien du camp.

A la lumière des combats qui se poursuivent en Centrafrique, les autorités tchadiennes, elles, craignent que l’afflux des réfugiés centrafricains, n’accentue la situation sociale critique dans laquelle se trouvent déjà les populations de ces localités.

« Nous comprenons notre devoir d’accueillir les frères centrafricains qui fuient les combats pour trouver refuge sur notre territoire. Mais ces afflux en masse ces derniers jours, constituent un poids démographique important pour les populations hôtes de la région de Logone oriental, déjà très affectées par la crise socioéconomique que nous traversons » avait indiqué à la presse locale, il y a deux semaines, le chef du gouvernement tchadien, Pahimi Padacké Albert.

Le gouvernement tchadien a demandé, par ailleurs, aux organisations des Nations Unies intervenant dans ces localités qui accueillent les réfugiés, de définir un programme humanitaire qui prend en compte la situation des population autochtones, pour leur faire bénéficier d’assistance, et ce, afin de minimiser l’impact démographique des réfugiés centrafricains sur leurs conditions sociales.

Selon les autorités tchadiennes et le système des Nations Unies, pour répondre aux besoins humanitaires et mettre en œuvre des interventions d’urgence à travers le pays, le Tchad requiert la mobilisation de 544 millions de dollars américains pour l’année en cours.

Le Tchad accueille plus de 80.000 réfugiés centrafricains, sur un total de 545.000 réfugiés Centrafricains dans tous les pays voisins.

AA AGENCE

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