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Russie: l’opposant Navalny condamné à 15 jours de détention

Russie: l’opposant Navalny condamné à 15 jours de détention

L’opposant russe Alexeï Navalny a été condamné lundi à 15 jours de détention au lendemain des vastes manifestations contre la corruption des élites à Moscou, au cours desquelles plus d’un millier de personnes ont été arrêtées.

M. Navalny a écopé d’une amende de 20 000 roubles (environ 470 dollars canadiens) pour avoir organisé une manifestation non autorisée et à 15 jours de détention pour refus d’obtempérer lors de son arrestation, selon la décision du tribunal Tverskoï de Moscou.

Russie: l’opposant Navalny condamné à 15 jours de détention
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L'opposant russe Alexeï Navalny a été condamné lundi à 15 jours de détention au lendemain des vastes manifestations contre la corruption des élites à Moscou, au cours desquelles plus d'un millier de personnes ont été arrêtées. M. Navalny a écopé d'une amende de 20 000 roubles (environ 470 dollars canadiens) pour avoir organisé une manifestation non autorisée et à 15 jours de détention pour refus d'obtempérer lors de son arrestation, selon la décision du tribunal Tverskoï de Moscou.

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Russie: l'opposant Navalny condamné à 15 jours de détention

L’opposant russe Alexeï Navalny et son avocate Olga Mikhailova se sont adressés à la presse avant sa comparution en cour, le 27 mars à Moscou. PHOTO DENIS TYRIN, ASSOCIATED PRESS


L’opposant russe Alexeï Navalny a été condamné lundi à 15 jours de détention au lendemain des vastes manifestations contre la corruption des élites à Moscou, au cours desquelles plus d’un millier de personnes ont été arrêtées.

M. Navalny a écopé d’une amende de 20 000 roubles (environ 500 dollars ) pour avoir organisé une manifestation non autorisée et à 15 jours de détention pour refus d’obtempérer lors de son arrestation, selon la décision du tribunal Tverskoï de Moscou.

Plus d’un millier de personnes ont été arrêtées dimanche lors de ces manifestations pour la plupart interdites par les autorités, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes à travers le pays.

« Ce que nous avons vu hier dans de nombreux endroits, et peut-être plus qu’ailleurs à Moscou, était une provocation et un mensonge », a dénoncé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, ajoutant que M. Navalny avait « franchement menti » en disant que ces manifestations étaient « légales ».

Pour autant, « le Kremlin analyse avec sobriété l’ampleur des manifestations d’hier et n’est enclin ni à les sous-estimer ni à les surestimer », a assuré le porte-parole.

Mais le blogueur anticorruption, qui compte défier Vladimir Poutine lors de l’élection présidentielle de début 2018, doit encore répondre du refus d’obtempérer lors de son arrestation.

« Viendra le moment où ce sera nous qui les jugerons [honnêtement cette fois-ci] », avait écrit l’opposant à l’ouverture de son procès sur Twitter, en référence aux autorités russes.

Mineurs et étudiants

Comme M. Navalny, au moins 1030 personnes ont été arrêtées à Moscou, où des milliers de manifestants ont défié l’interdiction des autorités, selon l’organisation OVD-Info, spécialisée dans la surveillance des manifestations, qui fait également état de dizaines d’arrestations en province.

La très grande majorité a été libérée dans la nuit après s’être vue signifier une « infraction administrative » pour participation à une manifestation non autorisée. Au moins 120 personnes restaient toujours détenues par la police lundi matin, selon la même source.

Le mouvement de contestation de dimanche a été marqué par deux faits nouveaux : les manifestations étaient nombreuses dans des villes de province d’habitude plutôt calmes et l’âge moyen des participants a considérablement rajeuni, les opposants « historiques » au Kremlin étant rejoints par des lycéens nés au début du siècle et qui n’ont connu que Vladimir Poutine comme président.

« Il y avait véritablement beaucoup de mineurs et d’étudiants. Dans chaque commissariat, il y avait au moins deux ou trois adolescents. Ce n’était pas le cas auparavant », a confirmé à l’AFP un porte-parole d’OVD-Info.

Le Kremlin a de son côté accusé les organisateurs d’avoir promis des « récompenses financières » aux mineurs s’ils se faisaient arrêter par la police, en refusant toutefois d’avancer dans l’immédiat des preuves de ses accusations.

Selon le ministère de l’Intérieur, un policier a été hospitalisé après avoir été blessé à la tête par un manifestant et une enquête ouverte.

Premier ministre ciblé

L’Union européenne et les États-Unis ont tous deux appelé à relâcher les manifestants arrêtés, exhortant les autorités russes à respecter les droits et valeurs démocratiques fondamentales.

Alexeï Navalny avait appelé à ces rassemblements après avoir publié un rapport accusant le premier ministre Dmitri Medvedev de se trouver à la tête d’un empire immobilier financé par les oligarques.

Cette enquête sous forme de film, vu plus de 12,5 millions de fois sur YouTube, n’a suscité aucune réaction des autorités, comme les autres publiées par l’organisation de M. Navalny.

« Les gens n’ont pas reçu les réponses qu’ils exigeaient à propos de la corruption, et c’est pour cela qu’ils continueront à sortir dans la rue », a déclaré M. Navalny depuis le tribunal.

Pendant la manifestation, son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), a annoncé être visée par des perquisitions, pendant laquelle ses employés ont été emmenés au poste de police.

Treize d’entre eux restaient détenus lundi, tandis que tous les ordinateurs de l’organisation ont été saisis par la police, selon M. Navalny.

L’opposant avait obtenu en octobre 2013 le score inattendu de 27,2 % à l’élection municipale à Moscou mais sa candidature à la prochaine présidentielle risque de se voir entraver par sa récente condamnation à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds. AFP

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