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Syrie: importants renforts à Alep pour une bataille cruciale

Syrie: importants renforts à Alep pour une bataille cruciale

Syrie: importants renforts à Alep pour une bataille cruciale
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Rebelles et régime ont dépêché lundi d'importants renforts en hommes et en armes à Alep et ses environs, en préparation d'une bataille cruciale pour le contrôle de la deuxième ville de Syrie, dont l'issue constituerait un tournant dans la guerre. Dimanche, les groupes rebelles et des djihadistes ont annoncé le début de la bataille pour s'emparer de la totalité d'Alep, après avoir porté un coup dur au régime dans cette ville du nord du pays.

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Syrie: importants renforts à Alep pour une bataille cruciale

Rebelles et régime ont dépêché lundi d’importants renforts en hommes et en armes à Alep et ses environs, en préparation d’une bataille cruciale pour le contrôle de la deuxième ville de Syrie, dont l’issue constituerait un tournant dans la guerre.

Dimanche, les groupes rebelles et des djihadistes ont annoncé le début de la bataille pour s’emparer de la totalité d’Alep, après avoir porté un coup dur au régime dans cette ville du nord du pays.

Les insurgés ont brisé trois semaines de siège imposé par le régime à leurs quartiers dans l’est d’Alep, à la faveur d’une contre-offensive qui leur a permis à leur tour d’encercler partiellement les quartiers prorégime dans l’ouest de la cité divisée.

Cette victoire est l’une des rares remportées ces dernières années par les rebelles face au régime dans le conflit dévastateur et complexe qui a fait plus de 280 000 morts, poussé à la fuite plus de la moitié de la population et provoqué une grave crise humanitaire.

Face à l’aviation du régime et le soutien des frappes aériennes de l’allié russe et au sol de combattants aguerris iraniens et du Hezbollah libanais, les rebelles aidés de djihadistes ont utilisé massivement et avec succès les véhicules bourrés d’explosifs et des kamikazes pour ouvrir des brèches dans le système de défense et semer la panique chez leurs adversaires.

Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, aussi bien le régime que les rebelles ont envoyé des renforts à Alep et ses environs.

«Environ deux mille combattants prorégime, des Syriens, Iraniens, des Irakiens et du Hezbollah libanais sont arrivés à Alep à travers la route du Castello, au nord de la ville» en provenance du centre du pays, a-t-il précisé.

Un haut responsable de la sécurité à Damas a confirmé à l’AFP l’arrivée de renforts.

«La guerre ne s’arrêtera pas»

Les rebelles ont eux reçu des renforts en hommes, dont des combattants ouïghours (musulmans) chinois, venus de la province voisine d’Idleb et de la campagne d’Alep, selon l’OSDH.

Les avions syriens et russes ont continué entretemps de bombarder les quartiers rebelles et les positions des insurgés au sud d’Alep ainsi que dans la ville d’Idleb, bastion rebelle.

Les deux camps se préparent pour la bataille qui revêt une grande importance pour les belligérants et leurs alliés à l’étranger; la Russie et l’Iran soutiennent le régime, alors que les Occidentaux, la Turquie et l’Arabie saoudite appuient les rebelles.

«Ce n’est pas une bataille décisive au sens où elle déterminera le vainqueur. Quelle que soit la partie qui l’emportera, la guerre ne s’arrêtera pas. C’est toutefois une manche importante dont l’issue orientera la trajectoire du conflit», estime Thomas Pierret, expert de la Syrie.

«Si les rebelles l’emportent, on ira vers une partition du pays, avec un régime arcbouté sur le Golan, Damas, Homs et la côte», explique ce maître de conférence français à l’Université d’Édimbourg. «Si les loyalistes gagnent, l’insurrection se repliera dans la province d’Idleb dominée par Ahrar al-Cham et Fateh al-Cham».

Fort de son succès à Alep, «l’Armée de la conquête», qui regroupe les groupes rebelles islamistes, dont le puissant Ahrar al-Cham et le Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra ayant renoncé à son rattachement à Al-Qaïda), a annoncé «le début de la nouvelle phase pour la libération de l’ensemble d’Alep».

Aides au secteur prorégime

«Nous annonçons notre intention de doubler le nombre de combattants pour cette bataille», a déclaré la coalition dans un communiqué dimanche soir. «Nous ne cesserons de lutter que lorsque nous brandirons le drapeau de la conquête sur la citadelle d’Alep».

Cette coalition a notamment pris samedi une grande partie du quartier gouvernemental de Ramoussa à la périphérie sud d’Alep, ce qui lui a permis de faire la jonction avec les quartiers rebelles de l’est et briser le siège et de couper la principale voie de ravitaillement des quartiers prorégime.

Dans la nuit de dimanche à lundi, les forces prorégime ont réussi à faire passer à leurs quartiers d’Alep des camions d’aides via la route du Castello, reprise récemment aux rebelles.

«Nos forces ont trouvé une voie alternative (à celle de Ramoussa) pour permettre l’acheminement de nourriture et de carburant» vers les 1,2 million d’habitants dans le secteur gouvernemental, a dit la télévision d’État.

Des habitants d’Alep ouest s’étaient rués au marché pour acheter nourriture et eau de crainte d’un siège.

La guerre en Syrie, déclenchée en mars 2011 après la répression de manifestations pacifiques prodémocratie, s’est complexifiée avec l’implication d’acteurs internationaux et des groupes djihadistes.

La guerre en Syrie a fait plus de 290 000 morts

La guerre en Syrie a fait plus de 290 000 morts depuis son déclenchement en mars 2011, a indiqué lundi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), en faisant état de plus de 10 000 personnes tuées ces deux derniers mois.

Un précédent bilan fourni le 26 mai par l’OSDH, une organisation basée en Grande-Bretagne, mais qui dispose d’un large réseau de sources militaires, civiles et médicales à travers la Syrie, faisait état de plus de 282 283 morts dans ce conflit dévastateur qui perdure.

De fin mai au 31 juillet, le nombre de morts a atteint 292 817, dont 84 472 civils parmi lesquels 14 711 enfants, a affirmé l’ONG dans son nouveau bilan.

Selon le même bilan, 50 548 combattants rebelles et combattants des Forces démocratiques syriennes, une alliance arabo-kurde ont été tués, ainsi que 49 547 djihadistes dont des étrangers.

Les forces du régime ont perdu 104 656 hommes, dont 57 909 soldats.

Parmi les personnes tuées, 3594 n’ont pas été identifiées, selon l’OSDH. Avec AFP

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