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Syrie: les rebelles évacuent un de leurs derniers bastions

Syrie: les rebelles évacuent un de leurs derniers bastions

Les rebelles ont commencé à évacuer samedi leur avant-dernière enclave dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas, alors que le régime a repris en cinq semaines le contrôle de 90% de l’ancien bastion insurgé, déserté par plus de 105 000 civils.

Syrie: les rebelles évacuent un de leurs derniers bastions
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Les rebelles ont commencé à évacuer samedi leur avant-dernière enclave dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas, alors que le régime a repris en cinq semaines le contrôle de 90% de l'ancien bastion insurgé, déserté par plus de 105 000 civils.

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Syrie: les rebelles évacuent un de leurs derniers bastions

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Les rebelles ont commencé à évacuer samedi leur avant-dernière enclave dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas, alors que le régime a repris en cinq semaines le contrôle de 90% de l’ancien bastion insurgé, déserté par plus de 105 000 civils.

Accablés par un déluge de feu et affaiblis par un siège de cinq ans, les groupes rebelles acceptent un à un d’abandonner leurs positions pour se retirer dans la province d’Idleb (nord-ouest), la dernière qui échappe au contrôle du régime.

Plus de 1600 civils ont été tués depuis le lancement de cette campagne d’une rare violence, le 18 février, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui a aussi dénombré la mort d’au moins 485 soldats du régime et de 310 rebelles.

«Des bus transportant 500 combattants et leurs familles ont atteint le croisement d’Arbine (à la frontière entre leurs anciennes positions et celles de l’armée syrienne, ndlr)», a annoncé samedi soir l’agence officielle syrienne Sana.

Il est prévu que le convoi en formation attende l’arrivée d’autres bus avant de se diriger vers Idleb. L’opération a été retardée de plusieurs heures, notamment pour pouvoir ouvrir un passage parmi «les mines disséminées par les terroristes sur la route menant à la ville d’Arbine» selon Sana.

Cette nouvelle vague d’évacuations, qui devrait se poursuivre demain et concerner au total 7000 personnes, s’inscrit dans le cadre d’un accord conclu entre le groupe islamiste Faylaq al-Rahmane et la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad. Cet accord prévoit, parmi d’autres conditions préalables à l’évacuation, la libération d’otages détenus par les rebelles et l’abandon d’une partie de leur équipement par les combattants.

Samedi, la télévision syrienne a montré un bus transportant huit prisonniers relâchés par les insurgés.

Selon l’OSDH, 100 combattants de Hayat Tahrir al-Cham, un groupe jihadiste dominé par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, feront également partie du convoi. Ils seront transférés des abords du camp palestinien de Yarmouk, au sud de Damas, vers Idleb.

«Cet arrangement a été ajouté à l’accord initial entre les Russes et Faylaq al-Rahmane», a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Cette nouvelle vague de départs vers Idleb survient après le transfert ces deux derniers jours vers cette même zone de plus de 4000 personnes dont 1400 combattants du groupe salafiste Ahrar al-Cham.

Parmi les civils évacués, Mohammad, 20 ans, est amer: «Mon père est mort dans un bombardement. Et nous n’avons pas pu extraire son corps des gravats pour l’enterrer. Cela me tue de penser à tous les miens qui sont restés sous les décombres».

Après cette évacuation, les rebelles ne seront plus présents que dans une seule poche, autour de la grande ville de Douma, tenue par le groupe islamiste Jaich al-Islam et où des négociations sont en cours.

Parallèlement aux deux accords d’évacuation, le mouvement de déplacement d’habitants de l’enclave vers des zones tenues par le régime, via des couloirs mis en place par les autorités syriennes, se poursuivait samedi pour le dixième jour consécutif, d’après Sana, qui a annoncé la sortie de 1700 personnes.

Plus tôt, la télévision syrienne avait rapporté que plus de 105 000 civils ont quitté les zones rebelles de la Ghouta pour des zones sous contrôle gouvernemental. La région comptait environ 400 000 habitants avant le début de l’offensive.

À 15 kilomètres d’Arbine, les Damascènes espèrent que la défaite des rebelles mettra fin aux obus et roquettes que les rebelles tiraient sur la capitale depuis la Ghouta orientale.

«Maintenant, on peut dormir en paix, la vie va reprendre», s’est réjoui samedi Simon Merei, 32 ans, habitant de la vieille ville de Damas.

Layal Joumaa, une étudiante de 24 ans, a dit avoir ouvert ses fenêtres donnant sur Jobar, quartier de Damas qui était contrôlé en partie par les rebelles, pour la première fois depuis trois ans: «Personne ne voulait vivre ici, c’était trop près de la ligne de front.»

Mais ce retour attendu au calme a été troublé samedi par des tirs rebelles de roquettes sur la cité sportive d’Al-Feyhaa à Damas, qui ont tué un jeune sportif et blessé sept autres, selon une source policière.

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 avec la répression de manifestations en faveur de réformes démocratiques, a fait plus de 350 000 morts et conduit des millions de Syriens à l’exil.

Au fil des ans, le conflit s’est transformé en une guerre complexe, impliquant de multiples belligérants, avec l’intervention directe de puissances étrangères.

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