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SYRIE: L’INTERVENTION DE LA RUSSIE »CHANGE LA DONNE », ESTIME LA DIPLOMATE EUROPÉENNE MOGHERINI 

SYRIE: L’INTERVENTION DE LA RUSSIE »CHANGE LA DONNE », ESTIME LA DIPLOMATE EUROPÉENNE MOGHERINI 

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, le 12 octobre 2015 à Luxembourg | AFP | JOHN THYS


L’intervention en Syrie de la Russie, qui soutient le régime du président Bachar al-Assad sur le plan militaire et politique, « change la donne », a estimé lundi la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

« C’est certainement quelque chose qui change la donne (…) Cela a des aspects préoccupants »,, a dit Mme Mogherini en arrivant à une réunion de ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Luxembourg.

Elle a précisé que la situation en Syrie serait amplement discutée pendant la réunion, « notamment en ce qui concerne les violations de l’espace aérien turc » par des avions russes.

Les interventions dans le conflit « doivent être coordonnées, sinon cela risque d’être extrêmement dangereux non seulement d’un point de vue politique, mais surtout d’un point de vue militaire », a ajouté Mme Mogherini.

Elle a appelé la Russie à « clairement cibler Daech (acronyme arabe du groupe jihadiste Etat islamique) et d’autres groupes terroristes ainsi définis par l’ONU » en Syrie.

Moscou affirme que les raids de son aviation sont dirigés contre le groupe Etat islamique mais les Occidentaux l’accusent de viser surtout par ses frappes aériennes des groupes de l’opposition modérée et le front Al-Nosra, la branche d’al-Qaïda en Syrie.

« Nous avons une base commune, les Etats-Unis, la Russie, nous tous », a-t-elle insisté en référence aux travaux de l’ONU pour pousser à une transition politique en Syrie, un processus aujourd’hui au point mort.

Certains pays européens poussent de plus en plus ouvertement pour une négociation avec le président syrien Bachar al-Assad, une perspective rejetée avec force par la France et le Royaume-Uni.

Les ministres devraient appeler à « une transition inclusive et pacifique » à l’issue de leur réunion, sans dire si celle-ci inclut M. Assad. En même temps, ils estiment qu’il « ne peut y avoir une paix durable en Syrie sous le leadership actuel », selon le texte qui doit être publié à la mi-journée, dont l’AFP a pu obtenir une copie.

« Tous ceux qui ont un rôle dans la crise et dans la transition (doivent se mettre) à table, et l’issue de la transition doit être définie ensemble avec la communauté internationale, les acteurs régionaux, mais avant tout par tous les Syriens », a déclaré Mme Mogherini.

La Coalition de l’opposition syrienne en exil a indiqué dimanche qu’elle ne participerait pas aux discussions préliminaires proposées par l’ONU pour préparer des négociations de paix, en raison notamment des frappes aériennes que la Russie mène en Syrie.

 

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