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SYRIE: RAID MEURTRIER DE LA COALITION AVANT UNE RÉUNION À WASHINGTON

SYRIE: RAID MEURTRIER DE LA COALITION AVANT UNE RÉUNION À WASHINGTON

Au moins 33 civils ont péri dans le nord de la Syrie dans un raid aérien présumé de la coalition sous commandement des Etats-Unis sur un centre de déplacés, alors que les pays de cette alliance antijihadistes se réunissent mercredi à Washington.

Ailleurs dans le pays, les rebelles et leurs alliés accentuaient leurs offensives à Damas et dans la province de Hama (centre), à la veille d’un nouveau round de pourparlers intersyriens sous l’égide de l’ONU mais qui suscite peu d’espoirs de règlement pour un conflit complexe qui a fait plus de 320.000 en six ans.

SYRIE: RAID MEURTRIER DE LA COALITION AVANT UNE RÉUNION À WASHINGTON
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Au moins 33 civils ont péri dans le nord de la Syrie dans un raid aérien présumé de la coalition sous commandement des Etats-Unis sur un centre de déplacés, alors que les pays de cette alliance antijihadistes se réunissent mercredi à Washington. Ailleurs dans le pays, les rebelles et leurs alliés accentuaient leurs offensives à Damas et dans la province de Hama (centre), à la veille d'un nouveau round de pourparlers intersyriens sous l'égide de l'ONU mais qui suscite peu d'espoirs de règlement pour un conflit complexe qui a fait plus de 320.000 en six ans.

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SYRIE: RAID MEURTRIER DE LA COALITION AVANT UNE RÉUNION À WASHINGTON

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Des Casques blancs syriens éteignent un incendie provoqué par des frappes aériennes du régime sur la ville rebelle de Hamouria, dans les environs de Damas, le 21 mars 2017 | AFP | AMER ALMOHIBANY


Au moins 33 civils ont péri dans le nord de la Syrie dans un raid aérien présumé de la coalition sous commandement des Etats-Unis sur un centre de déplacés, alors que les pays de cette alliance antijihadistes se réunissent mercredi à Washington.

Ailleurs dans le pays, les rebelles et leurs alliés accentuaient leurs offensives à Damas et dans la province de Hama (centre), à la veille d’un nouveau round de pourparlers intersyriens sous l’égide de l’ONU mais qui suscite peu d’espoirs de règlement pour un conflit complexe qui a fait plus de 320.000 en six ans.

Dans la province de Raqa, contrôlée en majorité par le groupe ultraradical Etat islamique (EI), au moins 33 civils ont été tués dans une frappe aérienne de la coalition sur une école servant de centre pour les déplacés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Selon l’OSDH, la frappe a eu lieu mardi matin au sud d’Al-Mansoura, une ville tenue par l’EI dans la province septentrionale, régulièrement visée par des raids des avions de la coalition.

« C’était des déplacés de Raqa, Alep et Homs », a déclaré le directeur de l’ONG, Rami Abdel Rahmane. « Ils sont encore en train de retirer des corps des décombres ».

L’OSDH affirme pouvoir déterminer qui mène des raids aériens par le type d’appareils engagés, leur localisation et les munitions employées.

La coalition n’avait pas réagi dans l’immédiat aux affirmations de l’OSDH.

Le collectif anti-EI « Raqa is Being Slaughtered Silently » (« Raqa est massacrée en silence »), qui publie des informations depuis Raqa, a également fait état des raids. « L’école qui a été visée abritait environ 50 familles de déplacés », a-t-il indiqué.

– ‘Démolir’ les jihadistes –

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par la coalition internationale, mène actuellement une offensive pour reprendre Raqa, principal fief en Syrie de l’EI.

Ce groupe jihadiste a subi de nombreux revers ces derniers mois car il est visé par trois offensives: celle des FDS, celle de l’armée syrienne appuyée par la Russie et celle des rebelles soutenus par la Turquie.

D’après le Pentagone, l’EI a perdu 65% des territoires qu’il contrôlait à son apogée en 2014.

La coalition internationale, qui mène aussi des frappes contre les jihadistes en Irak, a reconnu début mars avoir causé la mort d’au moins 220 civils depuis 2014 dans les deux pays. Certains observateurs ont évoqué un bilan plus lourd.

Alors que les 68 pays de la coalition se réunissent mercredi à Washington, Donald Trump a promis de « démolir » les jihadistes malgré une coalition affaiblie par des désaccords stratégiques.

Sur le terrain, les rebelles et leurs alliés jihadistes de Fateh al-Cham menaient des combats violents pour le quatrième jour consécutif dans l’est de Damas.

Les affrontements, qui se concentrent entre les quartiers de Jobar (est) et Qaboun (nord-est), sont les plus violents dans la capitale depuis deux ans.

Les correspondants de l’AFP entendent depuis le matin les bombardements de l’armée et la pluie de roquettes que les rebelles tirent en direction de quartiers résidentiels dans l’est de Damas, à moins de dix km du centre-ville.

Selon M. Abdel Rahmane, « la rébellion veut faire la jonction entre les quartiers de Jobar et de Qaboun », l’un qu’elle contrôle à moitié, et l’autre où elle est présente en majorité.

Les combattants sur ce front sont des rebelles islamistes alliés à Tahrir al-Cham, dominée par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda.

– ‘Inquiétudes’ de l’ONU –

Dans le centre du pays, d’autres groupes rebelles ainsi que Tahrir al-Cham progressaient dans la province de Hama où ils ont lancé mardi une nouvelle offensive contre le régime.

Depuis mardi, cette alliance s’est emparée de plusieurs villages ainsi que de la localité stratégique de Sourane qui représentent l’une des premières lignes de défense du régime à Hama face aux rebelles venus de la province voisine d’Idleb (nord-ouest), contrôlée par l’insurrection.

« Il y a des développements sur le terrain qui soulèvent des inquiétudes », a réagi mercredi l’émissaire de l’OU pour la Syrie après son entretien à Moscou avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

« Il faut chercher à parvenir à un processus politique le plus rapidement possible », a-t-il ajouté à la veille de l’ouverture du cinquième round de négociations entre régime et rebelles à Genève.

L’agenda de cette session –lutte contre le terrorisme, gouvernance (terme flou pour évoquer une transition politique), Constitution, élections–, paraît démesurément ambitieux au vu du fossé et la méfiance entre les deux parties. AFP

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